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jeudi 26 février 2015

Grande Guerre : le 48 Bataillon de chasseurs à pied dans la mêlée du Kemmel (1918)

X LE KEMMEL
(14-31 mai 1918.)

Après une période de repos d'un mois, le bataillon, reformé, réentraîné, par un séjour à Champlieu, aux nouvelles méthodes de combat avec chars d'assaut, s'embarque pour la Belgique et entre en secteur dans la zone du mont Kemmel, alors en pleine agitation. La relève s'effectue dans de dures conditions, sous des tirs de harcèlement et de barrage d'une violence inouïe. Le bataillon remplace à la cote 44 le 55e bataillon de chasseurs à pied violemment attaqué la veille. Cet îlot de résistance, dominant l'étang de Dyckebusch, est d'une importance particulière, étant aussi âprement défendu qu'attaqué. Bombardement à ypérite, tirs de préparation et de contre-préparation se succèdent, interdisant les liaisons; péniblement quelques coureurs réussissent à franchir le vallon de Viverbeck, rempli de gaz. Nuits terribles, pas d'abris; de jour, les chasseurs, blottis dans les entonnoirs, dominés par les observatoires du Kemmel, ne peuvent bouger. L'eau manque. Des corvées de ravitaillement entières sont intoxiquées. Pertes nombreuses :
le 16 mai, 6 tués, 29 blessés, 24 intoxiqués. 
Le 17 mai, 1 tué, 10 blessés, 8 intoxiqués.  
Le 18, le sous-Jieutenant LAMBERT est tué ainsi que le sergent MORTIER et le chasseur FLEUR). Le 19, le lieutenant CALLANQUIN dont la belle conduite est relatée aux pages précédentes, tombe frappé mortellement d'une balle à. la tête, le sous-lieutenant DUPIN se porte seul, de jour, et en avant
des lignes, pour relever deux blessés qu'il réussit à ramener la nuit suivante, aidé de trois volontaires.

Le 20 au matin, le bataillon contribue brillamment par l'action d'un peloton à une attaque du 45e bataillon de chasseurs à pied.

Les autres unités passent en deuxième ligne à Hallebast et Witbrood-Molen, et continuent à être très éprouvées par les tirs ennemis. Le capitaine VOLANT est blessé. L'ennemi, pourtant, prépare une tentative suprême. Le 27 mai, après un tir d'anéantissement de Oh 30 à 3h 5, il exécute une attaque de grand style : la cote 44 est à demi perdue, puis reprise, le bataillon intervient avec vigueur, renforçant les unités de première ligne puis assurant leur ravitaillement, et contribuant au succès final. Cette chaude journée lui coûte 2 tués et 34 blessés ou intoxiqués, dont le lieutenant PELLETIER. Notre ténacité a définitivement brisé la ruée allemande vers Cassel et Dunkerque. A la date du 28 mai, le général commandant le D. A. N. écrit au général commandant le 16e corps d'armée : « Vous voudrez bien exprimer toute ma satisfaction aux troupes des 7e, 121e et 14e divisions d'infanterie, pour leur belle conduite au cours des combats du 27 mai. Soumises à de violents bombardements par obus toxiques, les unités de ces trois divisions d'infanterie ont fait preuve de la plus belle énergie au moment critique, et se sont comportées en troupes d'élite, barrant encore une fois la route à l'ennemi. Au nom de la France, je les remercie. »

De ces félicitations le 48e, qui en quatorze jours, constamment sur la brèche, a perdu les trois cinquièmes de son effectif combattant, est en droit de prendre sa part.

Un séjour en réserve de corps d'armée à Hovgrave-Cabaret, et le bataillon, relevé le 31 mai et hâtivement reconstitué, est embarqué pour le secteur de l'Oise pour y être aussitôt engagé.

"Historique du 48e Bataillon de chasseurs à pied pendant la guerre 1914-1918", éditions Berger-Levrault, n.d. 
 

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