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mardi 23 juillet 2019

Quand la haute noblesse flamande convole en justes noces...


Copie du Contrat de mariage de messire Charles François Comte Delannoÿ [ndlr: de Lannoy, nord, arr. de Lille] et du St empire, seigneur de Wattignies et sa dame Alexandrie Charlotte Marie de Hangouwart en date du 27 mars 1762

1. Par devant le notaire (...) roial de la residence de Lille, fais (...) presens les assistans cÿ après nomm(...) soussignés pris pour temoins, sont (...) très hault et puissant seigneur (...) Messire Charles François Comte D(...) et du Saint Empire, seigneur de la Terr(...) et Comté de Wattignies, Flesquières & Capitaine au Régiment d’Infanterie du Roi, fils aîné de feu hault et puissant seigneur Messire Charles François Comte Delannoÿ et du Saint Empire Seigneur de la ville terre et Comté de Wattignies, Flesquières, Rhineval &c, assisté de haulte et puissante Dame Marie Caroline Françoise Clement du vaulx, Comtesse Delannoÿ, de Wattignies, sa mère demeurante audit Wattignies et de hault et puissant Seigneur messire
 
2. Augustin françois joseph Comte Delannoÿ et du St empire Capitaine au régiment d’Infanterie du Roi son frere germain, de haute et puissante demoiselle Charlotte marie Joséphine Née Comtesse Delannoÿ et du saint empire chanoinesse de Denain, sa sœur germaine, de haut et puissante dame marie françoise eléanore Dangeville née vicomtesse de Lompenes douairière de haut et puissant seigneur messire pierre Maximilien comte Delannoÿ et du St Empire seigneur de Wasnes, estene, Annapes, &c Brigadier des armées de sa Majesté Catholique, sa tante alliée et tante à la mode de Bretagne paternelle du pere de Mariantede haute et puissante Demoiselle Jeanne Magdeleine Clement du l’eaulte sa tante maternelle, de hault et
 
3. puissant seigneur messire françois Ferdinand Comte Delannoÿ et du St empire seigneur de Wasnes Estrne, Annapes, &c Colonel au Corps des Grenadiers de france son cousin germain, de hault et puissant seigneur Louis François joseph Demaiziers Escuïer, seigneur de Templeuve lez Dossemer, Grand prévôt de la ville de tournai, cousin allié au futur mariant, de haut et puissante dame Maire Françoise Constance antoinette née Marquise d’Assignies, Dame D’ennequin, Verquin, espouse dufit messire françois ferdinand Comte Delannoÿ, de haut et puissant seigneur messire philippe augustin Eugène Damman Vicomte et seigneur d’Herisnes, Doÿen de l’eglise cathedrale de Notre Dame à Tournaÿ son cousin arrière issue de germain et cousin maternel
 
4. d’un degré plus éloigné a la future mariante, et de haute et puissante Dame Marie Magdeleine Jospeh alexandrine de Tramecourt, douairère de hault et puissant seigneur messire Charles françois florent d’assignies chevalier marquis du même nom Comte de Blanqueval seigneur Dennequin, Verquin, &c cousin allié au futur mariant d’une part Haute et puissante demoiselle alexandrine Charlotte Marie D’Hangouart née Baronne d’Avelin, assistée de haut et puissant seigneur messire antoine françois Jospeh Marquis et Comte d’Hangouwart Chevalier, baron et seigneur d’Avelin, Baron et seigneur d’oppuers, seigneur de laville de Seclin, de Marcq en
 
5. Pevele, Attiches, Antroeuil, La Magdeleine, la Mairie de Gondecourt, Pietre, Pommereau, Delecourt &c son pere, de haute et puissante Dame Marianne Françoise de Preudhomme d’hallÿ Née vicomtesse de Nieuport, dame Dubus sa Mère, demeurant en cette ditte ville, de haute et puissante dame marie guislaine de Villers, Auberbre, Dame de Cuinchy, Auchÿ & douairière en secondes noces de haut et puissant Charles philippe Comte d’Hangouart, chevalier baron et seigneur d’Avelin, seigneur de la ville de Seclin, Marcq en Pévèle, Attiches, Antroeuil, La Magedeleine, Capelle, la Mairie de Gondecourt, Delecourt & sa belle mère, grande mere paternelle, de hauts et puissants
 
6. seigneurs Louis joseph hubert Colette Marquis Comte d’Hangouwart et de Seclin, françois augustin anne hubert Colmette d’hangouwart chevalier de St Jean de Jerusalem, de haut et puissantes demoiselles marie allestine felice Colette d’hangouwart de Seclin marie Therese antoinette d’hangouwart d’appuers, ses freres et sœurs germain de haut et puissant seigneur messire françois Marquis de Coupignÿ chevalier seigneur de fossel son oncle allié paternel, de haut et puissant seigneur Charles florent jdesbalde de Preudhomme d’haillÿ vicomte de Nieuport et d’amberghe et de Burgh grach, Baron de poucques, seigneur de Neuville en ferrain, velaine, caneghem & Chambellant actuel de leur majesté imperialle son oncle maternel et de haute et
 
7.puissante dame marie anne Charlotte Dealegambe née Baronne dauweghem son espouse, de haut et puissant seigneur messire albert Constant de Preudhomme d’haillÿ chevalier Marquis de Verquigneul, seigneur de Manchicourt, oncle allié maternel de haute et puissante damme anne joseph Nicole de Preudhomme d’haillÿ née comtesse de Nieuport, Baronne de dion sa tante maternelle, de haut et puissant seigneur messire Louis françois jerome Chevalier Baron de Dion Wandome Laiselle & son epous, de haut et puissant seigneur son excellence Messire Louis Theodone françois Marie dognies Baron de Courrières, et Dourges, seigneur dudit Courrières de Bosche & lieutenant général des armées de sa majesté imperialle reine apostolique son chambellan
 
8.actuel et conseiller d’état et d’épée de ses conseils, Grand oncle maternel, de haute et puissante Dame Michel eugneie de Pais, née comtesse d’Argentean son espouse, de haut et puissant seigneur Charles françois hubert Marquis de Coupignÿ chevalier, seigneur de Lignerœul son cousin germain paternel, de haute et puissante demoiselle françoise caroline joseph, née marquise de Beaufremez, dame de Wasquehal & parente au quatrieme degré paternel à la future mariante, de haute et puissante Dame Rose françoise Eugenie Charlotte Desclaibes née Comtesse d’Hust et du St empire espouse dudit seigneur charles françois hubert Marquis de Coupignÿ, de haute et puissante dame charlotte joseph Ghislaine de preudhomme d’haillÿ de Verquigneul espouse de haut et puissant Noble seigneur pierre ausguste Marie
 
9. DesMazières, seigneur de roncq Dutilloÿ, Beauprtez & sa cousine issue de germaine de la mere de la future mariante, de haute et puissante dame marie françoise Delannoÿ Despretz douairière Comtesse de Ste Aldegonde de Genech tante alliée à la mode de Bretagne de la mere grande maternelle de la future mariante, de haute et puissante dame françoise aldegonde née Comtesse de Ste Aldgonde douairière de messire Louis du Coulant haute et puissante demoiselle Magdeleine Robertine françoise née Comtesse de Ste aldegonde cousines arrières issües de germain maternel de la mère de la mariante de de haut et puissant seigneur messire françois Balthazart guislain Comte de Ste Aldegonde et de Genech, cousine maternel à la mere de la mariante d’autre part
 
10. Lesquels avant que de procéder a la celebration du mariage que lesdits messire Chalres François Comte Delannoÿ et demoiselle Alexandrine Charlotte Marie d’Hangouwart se proposent de contracter en nôtre mere la sainte eglise ont déclaré avoir fait, réglé et arrété leurs conventions matrimonialles en la manière suivante QUANT aux ports respectifs des futurs époux, il ne s’en fait icÿ aucune déclaration specifique, les parties etant reciproquement convenus de s’en referer aux declarations particulières qui ont été faites par des actes séparés signés des futurs conjoints et des seigneurs et dames leurs pères et mères, lesquels seront aussi signés et paraphés du notaire, soussigné en triple minute, dont l’une sera remise
 
11. à la Mere du futur Mariant, l’autre au pere de la future epouse et la troisieme delivrées aux futurs mariants. lesquelles declarations ainsi signées et paraphées auront la meme force et vertu que si elles étoient ici insérées de mot à autre, desquels points respectifs les parties contractantes ont reciproquement declarés se tenir contentes et appaisées. Il a été convenu que les ports, dons, successions et hoiries tante de l’un que de l’autre conjoint, a la référence des meubles, meublants tiendront leur cotte et ligne rescpective tant par leur trepas que par celui de leurs enfans et descendans jusque’au dernier inclusivement, sans que cette clause puisse les empecher de disposer ni former entre eux aucune substitution, les contractants n’entendant lui donner que la force d’un simple reglement de succession ab intestat.
 
12. Arrivant la dissolution du Marriage par les prédécés du futur marriant soit que dudit Marriage, il y ait enfant vivant apparent a naitre ou point, la future espouse pourra renoncer ou s’immiscer à la communauté En cas de renonciation elle aura et remportera tous ses habits, linges, bagues, joiaux, et un carosse avec deux chevaux, et leurs harnais a son choix, de ceux seulement qui se trouveront dans la maison, son droit de veuve coutumière tel qu’il est réglé par la coutume des villes et châtellenie de Lille, quoique la maison mortuaire [arrivat] ailleurs, les ports, dons, successions et hoiries sous nature ou en valeur de ce qui en auroit été vendu, chargés ou autrement alliéné, pour sa chambre étoffé la somme de Mille livres de france et pour son douaire
 
13. conventionnel auquel elle devra se tenir sans pouvoir prétendre le douaire coutuimier, une rente viagère et annuel de quinze cents livres de France , si le futur époux précède la dame, sa mere et deux mille livres s’il avoit atteint sa succession paÿable de six mois en six mois sur les plus clairs et apparens biens que le mari aura delaissé et rachetable au denier dix, le tout sans charge d’aucune dette, obseques,ni funérailles, saufe des dettes dont les ports, dons, successions, et hoiries de la future espouse seroient venus chargés, laquelle rente ou pension viagère telle qu’elle vient d’être stipulée sera réduite à la moitié si la future epouse venoit a se remarier En cas d’immiction, elle aura tous les habits, linges, bagues, joiaux toilettes servant ou destinés a servir
 
14. a son chef de corps, son droit de veuve coutumier, et sa chambre etoffée comme dessus, plus tous les meubles meublans, or et argent, dettes actives et autres effets purement mobiliard de la communauté, en paiant par elle toutes les dettes, obseques, et funerailles, saufe les dettes dont les ports, dons, successions et hoiries de son maris seroient venu chargés, et en cas non enfans elle aura par dessus les avantages cÿ dessus, la même rentes viageres et sur le même pied qu’elle vient d’être stipulée, pour les cas de renonciation, payable et rachetable comme dil est, a quoi elle devra aussi se tenir pour tout douaire, mais en cas d’enfant, au lieu de la dite rente viagère, elle aura la jouissance entière de tous les biens de son mari, de telles natures qualifées et situations qu’ils soient en les entretenant comme a viagere appartient, et en nourrissant
 
15. et elevant ses enfans selon leur état et condition, laquelle jouissance durera jusqu’a ce que lesdits enfans aient respectivmeent atteint l’age de vingt cinq ans accomplis ou precedemment pris état de mariage du consentement de leur mere, ou qu’ils viennent tous à mourrir avant ce tems la, auxquels cas, comme aussi en celui des secondes noces, ladite jouissance viagere cessera, et laditte veuve sera obligée de se contenter de la susditte rente viagere paiable et rachetable comme est dit cÿ dessus, laquelle sera aussi reduite a la moitié en cas de remariage. Pour deliberer auxquels de ces deux parties de renonciation ou d’immixion la communauté, laditte veuve voudra se tenir elle aura le terme de quarante jours et en das de contagion trois mois a compter du jours que le déces de son mari sera venu à sa con-
 
16. -noissance, pendant lequel tems elle pourra demeurer en la maison mortuaire avec sa famille et les domestiques, y vivre des biens ÿ étant, sans que pour cela ele puisse etre réputée veuive immiscée, non plus à l’égard des créanciers que des heritiers de son marÿ. Le cas contraire arrivant par les prédécés de la future epouse sans dudit mariage de laisser enfant le futur époux sea tenu de laisser suivre aux héritiers légaux de son epouse ou aceux au profit desquels elle aura dispoisée de quoi faire, il l’authorise des maintenant et pour lors tous les ports, dons, successions et hoiries stipulés cÿ dessus devoir tenir la cotte et ligne et de la future epouse ou la valeur en cas d’allienation sur lesquels biens ainsi sujets a retour il aura droit néanmoins de prendre et lever une rente viagère de deux mille livres de france , Si la future
 
17. epouse avoit atteint la succession de son pere sinon la meme rente ou provision de l’une dont laditte epouse auroit été jouissante au moment de sa mort payable de six mois en six mois pour les héritiers de la future epouse et rachetable au denier dix, pardessus quoi il profitera encore de tous les meubles,meublans, or, argent, dettes en livres et autres effets purement mobiliers de la communauté, en paÿant par lui toutes dettes, obseques et funerailles de son épouse prederminée saufe les dettes et charges dont les biens, sujets ou restitution seroient venus chargés, mais en cas d’enfant, il aura aussi la jouissance entière des biens de sa femme et de la même manière qu’on l’a accordée cÿ dessus a laditte future epouse jusqu’à ce que lesdits enfans aient atteint l’age cÿ dessus reglé ou precedemment pris etat de marriage selon leur condition et et du consentement
 
18. de leur pere, ou qu’ils viennent tous a mourrir avant ce tems la auxquels cas il devra se contenter de la rente viagère telle et sure les meme piece qu’elle vient d’etre specifiée pareillement reductible, à la moitié en cas de remariage, et comme la furture epouse pourroit précéder son pere, et ne point avoir atteint sa succession ledit seigneur Comte d’Avelin et la dame son épouse cette dernière duement aucthorisée de son mari promettent solidairement audit cas de garantir le paÿement de laditte rente ou pension viagère audit seigneur futur mariant. QUANT aux acquets tant des fiefs que d’heritages cottiers et autres rendant fruict ÿ compris tous les retraits lignagers et feodaux de quelque coté qu’ils soient faits, ils seront communs.
 
19. et se partageront en tous les cas cÿ dessus saufe et reservé celui de la renonciation de la femme, en telle sorte que la propriété de la moitié appartiendra au survivant avec l’usufruit de l’autre moitié qui cessera néanmoins par les secondes noces, avec faculté au survivant de retenir la totalité desdits acquets indivisibles et des retraits faits de son coté, en remboursant la moitié du prix et des leaux cours de leur acquisition, et que la la propriété de l’autre moitié desdits acquets appartiendra aux héritiers du prédécédé à la charge dudit usufruit, et aussi avec pouvoir a eux de retenir la totalité des retraits faits de leur côte en remboursant la moitié du prix et des leaux couts comme dessus Mais dans tous les cas, rien ne sera 
 
20. repoulé pour acquets que tous le ports, dons, successions et hoiries de l’un et de l’autre côté ne soient retrouvés et remplacés et toutes dettes paÿés En faveur et contemplation du marriage proposé, monsieur le Comte d’Avelin pere de la future mariante, accorde a laditte demoiselle sa fille et a ses enfans à naître du present mariage ou cas qu’elle vienne a les predeceder une part égale allencontre de ses freres et sœurs, oncles et tantes, dans le partage de sa succession mobiliaire et immobiliaire sans ÿ comprendre néanmoins, ni les terres situées dans la châtellenie de Lille et enclavement d'icelle que feu Monsieur le Comte d’avelin son pere a designés et specialement subsititués par son testament passé devant Marissal et Duriez notaires roijaux de la residence de Lille le quatre mai milsept 
 
21. cent quarante huit, qui aura son plein et entier effet, ni les fiefs situés en Brabant que les coutumes de leurs situations rendent indisponibles, de sorte que ce ne sera par feu Monsieur le Comte d’avelin et dans ceux situés par tout ailleurs que dans le Brabant que la future mariante ou ses enfans par representation pourront reclamer une part égale sans preference de sexe, ni d’age contre les autres enfans dudit seigneur constitutant, lequel en promettant cette églaité contractuelle et irrévocable seulement à l’age de la future marriante sans se lier à l’egard de ses autres enfans, entend neanmoins que cette égalité n’aura lieu qu’autant que dans le partage de la succession le nombre de ses enfans mâles sera augmenté d’un par fiction,pour etre cette part fictive partagée et subdivisée entre les masles seulement.
 
22. en sorte que si le constituant laissoit a sa mort (trois fils par exemple), ceux cÿ compteroient pour quatre contre les filles qui ne viendroient au partage que sur la piece du nombre effectif qu’elle formeront entre elles. De son coté la Dame Comtesse d’avelin aucthorisée dudit seigneur son époux promet à sa fille future epouse ou a ses enfans par representation une part egalle dans tous les biens indistinctement qu’elle delaissera a son trepas sans execption ni prvilege de sexe, ni d’age entre ses enfans En la même considération et en faveur de ce mariage laditte dame aucthorisée comme dil est promet des a present comme pour lors, si elle venoit a survivre a son epoux et qu’elle fut dans le cas de jouir du douaire qui lui a été stipulée et
 
23 promis par son contract de mariage que la future epouse sa fille ou ses enfans par representation qui aiant egard au nombre des enfans actuels seroit ou seroient tenus de lui païer un septieme de ce douaire, ne sera ou ne seront obligée de lui païer que deux cent livres de france pour chaque année a quoi laditte dame constituante abien voulu borner et réduire ses droits vis à vis de la future mariante, en forte qu’à l’egard de ses six autres enfans et pour les autres six septieme de son douaire, elle proteste de demeurer dans la plénitude de ses droits. Au surplus lesdits seigneurs Comte et dame comtesse d’avelin garantissent solidairement comme il est que la parti qui reviendra à la future mariante ou a ses enfans, par représentation dans le partage de leurs deux successions prises ensembles sera ÿ compris la somme de
 
24. deniers promise pour le premier article du port de mariage, de la valeur au moins de soixante cinq mille livres de france libre et exempte de subsititution et de fidée commis De son côté laditte dame Marie charlotte françoise clement Duvaulx mere du futur mariant s’engage et promet de laisser subsister et operer la disposition partagée que feu son epoux a fait tant de ses biens propres que des siens par acte testamentaire passé à Tournaÿ par devant prevost notaire de la residence dudit lieu present témoins le vingt un janvier mil sept cent cinquante sautre Conditionné en aultre que les futurs epoux ne pourront disposer a titre lucratif au préjudice des droits stipulés cÿ dessus en leur faveur.A l’entretien, execution et accom- 
 
25 -plissement de tout ce que dessus, les parties contractantes, ont respectivement obligés tous leurs biens, presens et futurs renoncent a toutes choses et coutumes qui pourroient etre contraires, specialement à tous radvertissements de sang et par lettres et aux droits de dévolution qui pourroit avoir lieu par les coutumes de la situation d’aucuns biens qui appartiendroient aux futurs epoux, et la dame Comtesse d’avelin a la loi du senat consult veilliant et a l’authentique si qu’a Mulier a elle expliquée et donnée à entendre, ainsi fait et passé audit Lille le vingt sept mars mil sept cent soixante deux 
 
étaient signés le comte Delannoÿ de Wattignies d’Hangouwart, d’avelin, Clement comtesse delannoÿ, de Wattignies Le comte d’avelin de preudhomme d’haillÿ de Nieuport comtesse d’avelin le chevalier Delannoÿ Wattignies
 
26. Delannoÿ de Wattignies, J.M. Clement Devault, vic: Damman d’Hesrinnes, doÿen Dangeville, comtesse Delannoÿ Le comte Delannoÿ de Wasnes, d’assignies Comtesse Delannoÿ, Tramecourt, Mqse [ndlr : marquise ]d’assignies le comte d’Hangouwart et de Seclin, le chevalier d’avelin d’Hangouwart de Seclin, d’Hangouwart d’oppuers de Beaufremez, née marquise de Beaufremez de preudhomme d’haillÿ, de Roncq, de Wazières de Roncq, Delannoÿ, Comtesse de Genech Ste Aldegonde du coulant, M. M. de Ste aldegonde née comtesse de Ste Aldegonde de Genech, l’abbé Decroix deuchin, Marquis de Coupigny, le marquis de preudhomme d’haillÿ de Verquigneul D:B de Courrières Dargenteau Baronne de Courrières et sauvage notaire roÿal avec paraphes

HISTOIRE DE LA COLONNE NAPOLEON


HISTOIRE DE LA COLONNE NAPOLEON
ERIGEE PAR L’ARMEE EXPEDITIONNAIRE ET LA FLOTILLE
A LA GLOIRE DE L’EMPEREUR NAPOLEON


De tous les monuments élevés par une génération, et destinés à transmettre aux siècles futurs le souvenir de grands événements ou de vastes entreprises, il n’en est point dont l’origine soit plus noble que celle de la Colonne de Boulogne, dont nous essayons aujourd’hui de retracer un historique aussi succinct que possible.
 
Elevé à la gloire du plus grand capitaine des temps anciens et modernes, et en mémoire d’un projet gigantesque qui, s’il avait réussi, aurait complétement changé la face des nations, en rendant la France maîtresse et arbitre souveraine du monde, ce monument, soit à cause de la haute idée qui a présidé à son exécution, soit en raison de la source d’où proviennent les fonds au moyen desquels il a été construit, soit comme œuvre d’art, mérite d’attirer l’attention des historiens, des militaires, des artistes, de ceux enfin qui sentent leur cœur battre à toute pensée généreuse tendant à rendre la patrie illustre et fière.
 
Afin de remplir en totalité le programme que nous nous sommes tracé, il est nécessaire de rappeler ici les causes qui amenèrent l’armée sur notre plage, et l’intention qui avait provoqué la réunion de tant de braves soldats, déjà couverts des lauriers qu’ils avaient moissonnés sur tous les points où la France avait eu des ennemis à combattre.
 
La campagne d’Italie n’avait été qu’une suite de combats glorieux et de grandes victoires. La paix venait d’être conclue avec les puissances du continent ; l’Angleterre seule paraissait disposée à entretenir les feux de la guerre.
 
Le traité de Campo-Formio, que le général de l’armée d’Italie venait de signer, mettait la république française au comble de sa gloire.
 
Le directoire, s’alarmant de la puissance de Bonaparte et de l’admiration dont il était l’objet, voulut donner de l’occupation à un homme qui lui paraissait si redoutable, et pensa mettre à exécution le projet qu’il avait conçu d’une descente en Angleterre, pour forcer cette puissance à faire la paix.
Le général Bonaparte, nommé chef de cette expédition, arrive incognito à Boulogne, le 22 pluviôse an VII (10 février 1798), sous le nom d’un de ses aides-de-camp, examine les côtes, prend des notes sur les moyens d’opérer, et repart comme l’éclair en disant : « Boulogne est destiné à devenir le théâtre de grands événements. »
 
Le projet de descente en Angleterre fut bientôt abandonné pour la conquête de l’Egypte. Cette conquête parut un moyen plus sûr au directoire de se défaire du général, qui avait déjà bravé son autorité suprême et usurpé ses fonctions, alors qu’en Italie il détermina sans l’aveu des directeurs, les principes qui devaient régler la république.
 
Mais l’étoile du général était toute puissante. De grands événements s’accomplissent en peu de temps. Bonaparte victorieux était de retour d’Egypte. Le 18 brumaire, en renversant le directoire, l’avait élu premier consul. Il avait traversé les Alpes et venait d’ajouter à sa gloire dans les plaines de marengo. La paix avait été de nouveau signée à Lunéville.
 
Le premier consul, alors comprit que, pour placer la France au point où il la voulait élever, il fallait avant tout détruire ou amoindrir la puissance de sa rivale l’Angleterre, qui, dans toutes les crises subies par notre pays, a si fatalement pesé sur nos destinées. Mais l’Angleterre n’est pas une puissance continentale ; l’océan qui l’entoure fait sa principale force. Il fallait donc avant tout vaincre un obstacle immense, c’est-à-dire traverser les huit lieues de mer qui séparent la France de la côte anglaise la plus rapprochée. Il fallait créer sur la côte française un port vaste et sûr ; et il fallait environner ce port de défenses formidables ; il fallait réunir dans ce port une flottille assez nombreuse pour suffire d’un seul coup au trajet d’une centaine de mille hommes ; il fallait enfin rassembler sur un seul point, et à portée des navires sur lesquels on devait les embarquer, ces cent mille hommes, choisis dans l’élite des soldats qui faisaient alors l’orgueil de la France.
 
Le port de Boulogne, qui avait été reconnu par le directoire propre à cette grande expédition, fut choisi par le premier consul comme le point le plus favorable à la réunion de ses navires. Des ordres furent donnés en conséquence, et bientôt notre port, qui, depuis longtemps n’abritait que des bateaux pêcheurs, fut entouré de quais vastes et commodes, pourvu d’ateliers de construction de tous genres, défendus par des forts et des redoutes qui firent donner par nos ennemis eux-mêmes le nom de côte de fer à notre côte, jadis si peu belliqueuse. Enfin s’établirent plusieurs camps d’une vaste étendue, où s’abritaient et s’exerçaient, en attendant l’heure de la bataille, 180.000 vieux soldats, commandés par nos généraux les plus distingués.
 
Dans notre port ainsi transformé, comme par enchantement, une flottille de plus de 2.000 navires ne tarda pas à être réunie, et classée d’après le tonnage et la force des bâtiments qui la composaient.
 
Les Boulonnais furent alors témoins de la plus grande assemblée de militaires et de marins que jamais port de guerre ait possédé.
 
Bientôt éclata la conspiration de Pichegru, dans laquelle se trouvait impliqué le général Moreau.
 
Le sénat, pour mettre fin aux conspirations sans cesse renouvelées, arrêter les projets des ambitieux, et assurer enfin un brillant avenir à la France, décerna à Napoléon Bonaparte à la couronne impériale. Cette nouvelle fut reçue à Boulogne avec enthousiasme par les troupes de terre et de mer.
 
Tandis qu’on s’occupait de donner à toutes les branches de l’administration des centres d’activité locale, qui refluaient vers le chef de l’état, pour en recevoir une nouvelle impulsion, le port, la ville et les camps de Boulogne présentaient un ensemble de préparatifs et de mouvements qui annonçaient que bientôt le grand coup serait tenté contre l’Angleterre, et que bientôt la mer serait couverte de cette immense flottille dont notre port serait rempli.
 
L’exécution de ce plan gigantesque fut l’ouvrage de l’armée elle-même, et tout était prêt pour l’expédition lorsque l’empereur arriva à Boulogne le 30 messidor an XII (19 juillet 1804).
 
Napoléon passa près d’un mois parmi nous, imprimant à tous les travaux son étonnante activité. Le 15 août 1804, jour de sa naissance, fut désigné par lui pour une solennité d’un éclat que nulle autre n’a pu atteindre depuis. Nous voulons parler de la distribution des aigles de la légion d’honneur, nos seulement à son armée, mais encore à un grand nombre de fonctionnaires civils, invités à se rendre à Boulogne pour cet objet.
 
Cette solennité eut lieu dans la vallée de Terlincthun, située à une demi-lieue environ de Boulogne, sur un terrain qui s’incline doucement vers la mer et forme un vaste amphithéâtre, très favorable à l’éclat de la cérémonie.  Vingt colonnes d’infanterie, de soixante hommes de front, sur une hauteur indéterminée, s’échelonnèrent sur la pente de cet amphithéâtre naturel. Elles étaient couronnées par la cavalerie, et l’espace conservé vide ne contenait que les états-majors généraux et les drapeaux des corps, placés en avant des légionnaires qui devaient prêter le serment. Au centre de ce théâtre, dont le rayon était de 50 toises, s’élevait le trône de l’empereur, ayant à ses côtés la garde impériale et toute la musique de l’armée. Le siège de ce trône n’était autre que le fauteuil antique du roi Dagobert, surmonté d’un trophée de drapeaux et guidons, pris dans les batailles de Montenotte, de Lodi, d’Arcole, de Rivoli, de Castiglione, des Pyramides, du Mont-Tabor, d’Aboukir, et de Marengo.
 
L’armure en pied des électeurs du Hanovre figurait au milieu de ce groupe, et le tout était orné des guidons pourprés des Beys d’Egypte.
 
Les décorations à distribuer aux légionnaires avaient été placées dans le casque de Du Guesclin et sur le bouclier de Bayard.
 
Lorsque Napoléon parut, deux mille tambours battirent aux champs, et ne purent cependant pas étouffer les cris d’enthousiasme qui saluèrent l’arrivée du héros.
 
Alors commença la cérémonie. Les grands officiers, les commandants, les officiers et les simples légionnaires s’approchèrent successivement du trône, et reçurent individuellement des mains de l’Empereur la décoration de la légion. Bientôt le canon retentit sur tous les points, et l’écho alla dire à l’Angleterre que le vainqueur de l’Italie et de l’Egypte distribuait des marques d’honneur à ses anciens compagnons d’armes.
 
C’est à la suite de cette imposante cérémonie, et afin d’en transmettre le souvenir à la postérité d’une manière durable, que l’armée, par un ordre du jour en date du 1er Vendémiaire an XIII, vota l’érection de la Colonne.
 
Voici la copie de cet ordre du jour dont les termes expliquent clairement et dignement la pensée de l’armée.

EMPIRE FRANÇAIS
ETAT-MAJOR GENERAL
(CAMP DE SAINT-OMER)
Au quartier-général de Boulogne, le 1er vendémiaire an XIII
ORDRE DU JOUR

Les troupes de camp de Saint-Omer, voulant offrir au monarque dont le génie préside aux destins de la France un témoignage éclatant d’amour et d’admiration, ont résolu :
 
D’ériger un monument capable de résister aux siècles, qui, s’alliant aux souvenirs de sa gloire et de sa grandeur, atteste à l’univers, ainsi qu’à tous les âges, leur dévouement et leur fidélité au premier empereur des Français, de retracer à la postérité l’institution des récompenses décernées par le héros à l’honneur et à la bravoure ;
 
De consacrer la mémoire des immenses travaux créés par sa pensée, qui ont fait de l’espace occupé par l’armée un rempart formidable et le centre d’une expédition nécessaire au repos du monde ;
 
Et enfin de vouer à la vénération des peuples le lieu où l’empereur Napoléon venait partager les fatigues et les travaux de son armée, la façonner à de nouveaux combats, et préparer le vaste succès de sa vaste entreprise.
 
Exprimant le vœu de l’armée, le maréchal commandant en chef arrête le programme suivant :
Sur un piédestal quadrangulaire, il sera élevé une colonne de 50 mètres d’élévation, surmontée de la statue colossale de S.M. l’empereur.
 
La statue de S.M. l’empereur sera en bronze, revêtue des ornements impériaux ; elle portera le sceptre et la couronne.
 
Les quatre faces du piédestal présenteront :
 
Sur la première, l’hommage que l’armée fait de ce monument à Napoléon, premier empereur des Français ; le sujet sera allégorique et par inscription.
Sur la seconde, la cérémonie de la distribution de l’aigle de la légion d’honneur par S.M. au milieu de l’armée le 28 thermidor an XII.
Sur la troisième, les trois ports de Boulogne, Wimereux et Ambleteuse et la flottille en rade.
La quatrième offrira l’aspect des camps, de la colonne et celui de la tour d’Ordre, poste consacré par le séjour qu’y a fait S.M. l’empereur.
 
Les tables des quatre faces du piédestal seront en bronze, et représenteront en relief les sujets exprimés ci-dessus.
 
Les ornements du piédestal et du chapiteau offriront dans une proportion exacte les divers bâtiments de la flottille et des trophées d’armes de toute espèce.
 
L’entablement du piédestal et le chapiteau seront en marbre blanc statuaire, et la colonne en marbre du Boulonnais.
 
Dans l’intérieur du piédestal, il sera pratiqué une chambre d’archives pour y enfermer l’historique de l’expédition, les médailles frappées depuis le gouvernement de S.M. l’empereur, et le contrôle de l’armée.
 
Les militaires de l’armée travailleront et concourront seuls à la confection de ce monument. Quatre commissaires seront désignés pour en suivre l’exécution.
 
La statue de S.M. l’empereur, ainsi que les reliefs et ornements du piédestal et du chapiteau, seront données au concours, aux artistes les plus distingués de l’empire.
 
La colonne sera placée entre le quartier-général impérial de la Tour d’Ordre et le camp de la première division en vue du continent, en face du canal et des îles britanniques.
 
La première pierre de ce monument sera posée le 18 brumaire prochain, époque de l’anniversaire de la régénération de la France, sous le gouvernement réparateur de Napoléon-le-Grand.
Il sera fait à Boulogne une fondation à perpétuité pour la conservation de ce monument.

Le maréchal commandant en chef
Signé SOULT
Le général de division de l’état-major général
Signé F. ANDREOSSY
Pour l’adjudant-commandant sous-chef de l’état-major général
L’adjoint SALLEE

Nous ferons remarquer ici quel fut l’enthousiasme avec lequel le projet d’élever une colonne à Napoléon fut conçu et accepté. L’ordre du jour qui précède porte la date du 1er vendémiaire, et le 18 brumaire, la première pierre du monument est déjà posée par le maréchal Soult, accompagné de l’amiral Bruix et de tous les généraux présents  à Boulogne. C’était alors un temps de vastes et nobles pensées et leur exécution, comme on le voit ne se faisait pas attendre. 
 
Cette pierre porte l’inscription suivante :
 
PREMIERE PIERRE
DU MONUMENT, DECERNE
PAR L’ARMEE PEXPEDITIONNAIRE DE BOULOGNE
ET LA FLOTTILLE
A L’EMPEREUR NAPOLEON
POSEE PAR LE MARECHAL SOULT, COMMANDANT EN CHEF
18 BRUMAIRE AN XIII (9 NOVEMBRE 1804)

Les fondations de la colonne furent faites de rochers tirés de la falaise voisine ; elles reposent sur le roc, et le monument entier, qui a 53 mètres 60 centimètres de hauteur, est construit en marbre extrait des carrières de Marquise, auquel on a donné depuis le nom de marbre Napoléon. Il est d’un  gris foncé agatisé et susceptible de recevoir un joli poli ; quelques parties des soubassements et de l’intérieur sont en marbre brun, également extrait dans le pays.
 
Le plan de la Colonne est dû à M. Labarre, architecte, qui, malgré quelques différences dans les détails, s’est évidemment inspiré de la colonne Trajane. Comme cette dernière, la colonne de Boulogne est d’ordre dorique composé et construite par assises superposées.
 
Des quatre bas-reliefs qui dans l’origine devaient orner le piédestal, le premier avait été seul exécuté, il fut détruit en 1815.
  

Le muséum de Boulogne possède les plâtres des bas-reliefs qui ont pu échapper à la destruction.
Le piédestal devait être surmonté d’un aigle en bronze aux ailes déployées ; d’autres aigles également en bronze devaient être placées au sommet et supporter le pavois sur lequel devait être mise la statue de l’empereur.
 
Le couronnement, les aigles, la statue n’étaient pas achevés lors de la rentrée des Bourbons en 1815. Leur exécution ne fut point terminée.
 
La colonne de Boulogne eut à traverser des phases bien diverses ; de 1804 à 1815 elle fut poursuivie sous l’inspiration de la pensée qui avait présidé à son érection.
 
A la restauration, elle fut pour un instant oubliée ; mais en 1817, et sur la demande du conseil municipal de Boulogne, les travaux reprirent leur activité, après toutefois que le nom et la destination du lieu eurent été complétement changés. Elle fut alors nommée colonne des Bourbons ; l’on arrêta qu’elle serait consacrée à perpétuer leur retour en France, et le 2 juillet 1821, une boite en plomb contenant diverses pièces de monnaie, fut déposée par M. le baron Siméon, préfet du Pas-de-Calais, dans l’une des dernières pierres du noyau de l’escalier. Cette boite contenait aussi une médaille en bronze à l’effigie de Louis XVIII, avec cette inscription :

Cette Colonne
Votée par l’armée réunie à Boulogne
D’où elle menaçait l’Angleterre,
A été commencée en 1804 ;
Devenue un Monument de paix
Par la restauration du trône des Bourbons,
Elle a été achevée sous les auspices
De S.M. Louis XVIII
Et consacrée en souvenir toujours cher aux Français
De son heureux retour dans ses états
En 1814.

Le monument fut provisoirement surmonté d’un globe fleur delisé et doré, qui plus tard, devait céder la place à une statue de la paix. Quatre fleurs de lys furent sculptées aux quatre angles du tailloir du chapiteau.
 

Vint la révolution de juillet, qui devait rendre à la colonne de Boulogne sa destination première, grâce au patriotisme des Chambres qui, sur une demande de crédit de 156.000 francs présentée par le gouvernement pour terminer les travaux, ajoutèrent de leur propre mouvement une somme de 60.000 Fr. , afin qu’on pût placer au sommet du monument la grande figure de Napoléon ; mais comme il fallait bien expliquer que le monument avait été achevé sous le règne de Louis-Philippe Ier, la flatterie ne craignit pas de mentir à l’histoire en proposant une inscription ainsi conçue :
 
Ludovicus-Philippus I,
Francorum rex
Quo loco Neapolio, imp.
Exercitui florentissimo, invicto, propugnatori patriae
Uti memoria ejus diei qui fuit XVI august, ann. MDCCCIV
Gloriaque exercitus
Monumento consecratae, posteris traderentur,
Columnam
A Neapolione, IX novemb. Ann. MDCCCIV inchoatam
Opere diu intermissio
Perficiendam curavit, dedicarique precipit.
MDCCCXXXVIII


Sur l’autre face:
ICI
LE XVI AOUT MDCCCIV
NAPOLEON, EN PRESENCE DE LA GRANDE ARMEE
DISTRIBUA LES DECORATIONS DE LA LEGION D’HONNEUR
AUX SOLDATS, AUX CITOYENS
QUI AVAIENT BIEN MERITE DE LA PATRIE ;
IL VOULUT
PERPETUER LE SOUVENIR DE CETTE JOURNEE PAR UN MONUMENT
LOUIS-PHILIPPE Ier, ROI DES FRANÇAIS,
ERIGE CETTE COLONNE
A LA GRANDE ARMEE, A NAPOLEON
MDCCCXXXVIII

Triste exemple de la servilité à laquelle peut descendre un corps qui cependant n’est composé que des hommes les plus instruits de la nation. Empressons-nous de dire que cette inscription ne fut point adoptée, grâce à des réclamations parties de Boulogne même.
 
L’exécution de la statue votée par les chambres a été confiée au talent de M. le baron Bosio. Elle représente Napoléon en grand costume impérial, tenant son sceptre d’une main et de l’autre l’ordre de la légion d’honneur. Elle a cinq mètres de hauteur et son poids est de 4.800 kilos.
 
Les bas-reliefs sont réduits à deux. Celui de la face principale, dû à M. Bra, représente la cérémonie de l’hommage, conformément au plan primitif. Napoléon s’y trouve assis sur son trône, entouré de ses généraux, et recevant le plan de la Colonne votée par l’armée.
 
Celui de la face opposée, confiée à M. Lemaire, représente la distribution des croix, le 15 août 1804.
Tous deux sont en bronze, environnés d’attributs sculptés sur le marbre nu.
 
Les travaux d’achèvement ont lieu par les soins de M. Henry-Faudier, architecte de Boulogne, et de M. Morey, architecte de Paris.
 
Aujourd’hui 15 août 1841, la statue de l’empereur est enfin placée sur le monument que l’armée lui a voté en 1804 avec tant d’enthousiasme. Dans nos temps de troubles et de changements soudains, il n’a pas fallu moins de 37 années pour achever une œuvre qui paraissait, à l’époque où son exécution dut décidée, devoir être terminée dans un délai de 10 ans au plus. C’est que pendant ces 37 années l’armée, le peuple, le gouvernement ont dû faire de bien grandes choses et s’occuper constamment de celles où leur attention se trouvait le plus vivement sollicitée.
 
De grandes victoires suivies de revers non moins grands ; une double invasion, appelée et soutenue par des traitres restés impunis pour la plupart ; un gouvernement renversé ; un autre élevé en sa place et forcé par la nature même des choses de se défendre chaque jour contre des ennemis sans cesse renaissants ; telles sont les vicissitudes à travers lesquelles la Colonne de Boulogne a dû passer, avant de parvenir au point où nous la voyons aujourd’hui.
 
Dans l’intervalle, et par une juste réciprocité, Napoléon avait pensé devoir rendre l’hommage qu’il en avait reçu. Si l’armée lui avait voté une colonne de marbre, payée des deniers du plus humble soldat, l’empereur à son tour éleva à son armée une colonne de bronze, dont les matériaux furent payés par les ennemis de la France. Entre le monument de Boulogne et celui de la place Vendôme, il existe donc une fraternité patente. Tous deux nous rappellent notre ancienne gloire ; tous deux semblent nous indiquer ce que nous pouvons faire par le souvenir de ce que nous avons fait ; tous deux ont à leur sommet l’image de celui qui porta nos destinées à un si haut degré de splendeur. L’un se trouve au centre de la France, l’autre à la frontière ; l’un à la tête, l’autre au cœur. Tous deux semblent nous dire qu’une invasion est désormais impossible, car l’ombre de notre grand capitaine veille sur nous, et si l’ennemi forçait, malgré nos efforts, les limites de notre territoire, à coup sûr il n’en sortirait pas vivant.
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Boulogne, - imp. de H.Guiset

NOTA NDLR, la statue de Napoleon en tenue de campagne a remplacé par celle de Napoleon Ier consul (voir illustrations) abimée pendant première guerre mondiale, elle a été descendue et est visible dans les dependances de la colonne.