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mercredi 17 juillet 2019

La christianisation du Nord de la Gaule : les témoignages de l'archéologie


In XVe centenaire du baptême de Clovis - colloque inter universitaire et international - Reims, 19 septembre - 25 septembre 1996 - recueil des résumés préliminaires - deuxième session

P. DEMOLON (Service archéologique de Douai)
La christianisation du Nord de la Gaule : les témoignages de l'Archéologie

"Si le baptême de Clovis marque sans doute un temps fort dans l'évangélisation de la Gaule, il n'est, pour le Nord de la France, qu'une étape concrétisant la longue et difficile percée du christianisme dans ces pays du "bout du monde". En plus des textes, malgré tout peu nombreux, l'archéologie peut apporter témoignage des vicissitudes de cette pénétration, mais elle ne peut rendre compte que des faits et les traces positives laissées dans le sol et la documentation archéologique signifiante sont peu importantes. En effet, la difficulté la plus importante réside surtout dans la détection des symboles et notamment en milieu funéraire, qui permettent d'attribuer une pensée à un individu ou groupe d'individus. Hormis quelques objets significatifs comme la gourde de Concevreux, les fibules de Mézières, il est difficile de savoir si les thèmes chrétiens (Adam et Eve, cavalier à l'orant...) sont des symboles et des phylactères ou même de simples objets décoratifs.
 
La même question se pose pour les bâtiments reconnus en milieu funéraire et qui n'ont pas survécu jusqu'à nos jours et on s'interroge pour savoir s'il s'agit de chapelles liées à un culte, de chapelles funéraires ou de simples enclos de type familial. Les exemples d'Hordain et de Les rues des Vignes sont particulièrement significatifs. Les traces les plus tangibles sont celles laissées par les églises et les abbayes connues par les textes. Elles sont malheureusement peu nombreuses et les occasions de fouilles exhaustives sont rares. Plusieurs cas méritent d'être mentionnés, Arras, cambrai, Hamage, Rouen, Tournai... Ces fouilles récentes ont permis de cerner, au moins partiellement, les installations religieuses et les habitats palatiaux. Néanmoins, ces exemples, qui s'échelonnent entre le Ve et le Xe siècle, montrent à l'évidence, à la fois la limite des interprétations des fouilles mais aussi leur faiblesse bien qu'ils soient associés à une évangélisation que l'on sait être importante. 
 
Finalement, ce n'est que dans le courant du IXe siècle et plus probablement au Xe siècle que se mettent en place véritablement dans le Nord de la gaule les éléments contenus en germe dans l'avènement de Clovis."

saint-Willibrord, évêque (7 novembre)

in P.F.B. - Vies de saints pour tous les jours de l'année, Tours, 1891
 

" Saint Willibrord naquit vers l'an 658 dans le royaume de Northumberland. Il n'avait pas encore sept ans quand on l'envoya dans le monastère de Rippon, gouverné alors par saint Wilfrid, qui en était le fondateur. Willibrord, en s'accoutumant de bonne heure à porter le joug du Seigneur, le trouva toujours doux et léger. Pour mieux conserver les fruits de l'éducation qu'il avait reçue, il prit l'habit religieux à Rippon, étant encore fort jeune. Les progrès qu'il fit dans la vertu et les sciences furent également rapides. De là, il passa en Irlande, où il fut ordonné prêtre. Revêtu de ce saint caractère, et désirant en remplir les obligations, il se dévoua à la conversion des Frisons, avec quelques compagnons zélés, et se distingua toujours, dans ses travaux apostoliques, par son humilité, sa modestie, son affabilité, sa douceur et l'égalité de son caractère. Ses succès furent tels, que Pépin d'Héristal, à qui le pays appartenait, le fit demander pour le siège d'Utrecht. L'onction épiscopale, qu'il reçut des mains mêmes du souverain pontife, sembla donner encore plus d'activité à son zèle; il poussa ses missions vers le Nord, et détruisit le paganisme dans la plus grande partie de la Zélande et de la Hollande. De saints prêtres et de saints évêques s'associèrent à son œuvre. Pour conserver plus surement les fruits de sa sollicitude pastorale, le saint choisissait avec un soin extrême ceux qu'il destinait à recevoir les ordres sacrés. Enfin, Willibrord, se voyant parvenu à un âge fort avancé, prit un coadjuteur, qu'il sacré évêque, pour le charger du gouvernement de son diocèse, et il se prépara dans la retraite au grand passage de l'éternité. Il mourut, selon l'opinion la plus probable, en 738."