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mardi 14 février 2017

Le géant du Cap Gris-Nez : la Batterie Todt

La batterie Todt est une batterie d'artillerie côtière allemande de la Seconde Guerre mondiale située au cap Gris-Nez, dans sa partie sud. Elle était l'une des plus importantes batteries côtières du mur de l'Atlantique, équipée notamment de quatre canons de marine de 380 mm d'une portée maximale de 55,7 kilomètres, pouvant donc atteindre la côte anglaise, ces quatre canons étant installés dans quatre importantes casemates de béton armé.


Officiellement inaugurée le en présence de hauts dignitaires de la Kriegsmarine, la batterie tire son premier obus en situation de combat deux jours plus tard, au cours de l'opération Cerberus. Elle est servie par une garnison de la Kriegsmarine.


Initialement nommée « batterie Siegfried », elle est rebaptisée « batterie Todt » en l'honneur de l'ingénieur nazi Fritz Todt, créateur de l'Organisation Todt mort deux jours avant l'inauguration dans un accident d'avion.


Le , elle est prise par les troupes anglo-canadiennes après un intense bombardement aérien trois jours plus tôt et un pilonnage d’artillerie la matin-même.


La Batterie Todt avant son démantèlement

Une des casemates, la plus en retrait de la côte, abrite aujourd'hui un musée sur la Seconde Guerre mondiale. À l'extérieur est exposé un canon d'artillerie de marine « K5 » de calibre 283 mm monté sur rail, dont la portée dépassait 80 km, présentant du matériel des différents belligérants et plusieurs véhicules, de même que la reconstitution de plusieurs quartiers d'habitation des équipages.






L'une des casemates (Bunker no 4, libre d'accès pour le moment) abrite des caricatures de Winston Churchill, des symboles du Troisième Reich, citations et dictons allemands dessinés par les soldats lors de son occupation pendant la guerre. Des graffitis plus récents recouvrent en partie ces inscriptions d'époque qui restent encore relativement visibles.

horaires du Musée de la batterie Todt (Audinghen)

Le canon sur rail K5 "Léopold" de calibre 283 mm d'Audinghen (Pas-de-Calais)

Hitler, impressionné par le canon M42 employé en 1915 et appelé «Grosse Bertha», décida de l'utiliser dans sa version moderne qui fut mise au point dès 1934. Le résultat fut le canon sur rail K5 "Léopold" de calibre 283 mm. 


Un K5 "Léopold", prise de guerre de l'armée  française, est exposé au Musée du Mur de l’Atlantique  (batterie  TODT 39/45 à  Audinghen au Cap-Gris-Nez).

Pour déplacer ce canon, il fallut répartir son poids sur deux plates-formes à six essieux, un essieu pouvant porter 18 tonnes. Il fallut aussi créer une locomotive de 40 tonnes pour déplacer le tout. Héritier de l'Artillerie Lourde sur Voie Ferrée, les canons de 280 mm sur rails de type K5 sont mis au point en 1934 par la firme Krupp. Chaque convoi pouvait transporter environ une centaine d'obus en plus du personnel pour le mettre en action.
 

En 1940, huit de ces canons seront disponibles pour tirer sur Douvres à partir du Pas-de-Calais.
Pour protéger certains de ces canons l'organisation  TODT a construit dans le Pas de Calais  trois "bunker Cathédrale ou Dom Bunker", à Hydrequent  - Calais - Wimereux. Le second est actuellement vide, le terrain où il se situe n'ayant plus aucune activité commerciale et est donc visible de loin.
 
Pour éviter d'être repérés par l'aviation et d'être attaqués, d’autres étaient stationnés dans des tunnels.
Ce canon demandait beaucoup de travail pour l'armer, le pointer et faire la mise à feu. Il tirait huit coups à l'heure. Il était mû par des moteurs électriques.



À la fin de la guerre, 25 de ces canons auront été produits. Quoique de fort calibre, cette arme ne se révéla pas un facteur important dans les combats et eut plutôt une valeur psychologique sur l'adversaire. Les Anglais qui eurent à subir les attaques de cette arme se demandaient quand et où le prochain coup frapperait. Néanmoins, l'effet fut moindre que celui qui produira quelques années plus tard les V1 et V2 tirés de la même région.
 

Des 25 exemplaires produits, seuls deux ont survécu, un K5(E) est conservé à l'United States Army Ordnance Museum dans l'état américain du Maryland. Il a été reconstitué à partir des pièces de deux canons qui tirèrent sur la tête de pont américaine à Anzio.



Le second exemplaire survivant est visible au musée de la batterie Todt près d'Audinghen dans le Nord de la France et a été restauré récemment par les équipes du Musée, pointant vers L'Angleterre mais en position de transport.



Caractéristiques :
Longueur du canon : 21,539 m     Longueur du train : 31,100 m     Poids : 218 tonnes
Calibre : 283 mm     Portée : 59 à 62 km     Cadence de tir : 8 coups par heure.

pour mémoire : état du K5 Léopold en 2006




dimanche 12 février 2017

59 Fables de l'Histoire de Flandre... bientôt dans vos librairies



Les Editions Yoran  ont le plaisir de vous annoncer la parution du livre

                            
                         59 Fables de l'Histoire de Flandre

                                                         de  Eric Vanneufville


Pour les amoureux de la Flandre, mais aussi pour tous les adeptes de la poésie, Eric Vanneufville nous conte sous forme de fables, des histoires et légendes de ce  plat pays si attachant.

Ces fables narrent des réalités bien ancrées dans la Flandre d'antan. Certaines sont encore évoquées dans le répertoire traditionnel : fiers beffrois, carillons chantants, estaminets où la bière coule à flots, carnavals, houblonnières et moulins frémissant au vent.
C'est la Flandre éternelle, généreuse et joyeuse que nous offre ici Eric Vanneufville

Eric Vanneufville, issu d'une famille ancrée au cœur de la Flandre, est historien reconnu tout autant que conteur.
Cet écrivain est né en 1950, d'une famille traditionnellement implantée entre Flandre Lilloise et Mer du Nord, sur cette terre riche de récits. de coutumes et de langues, dont les savoureux parlers flamands et picards. Passionné par l'Histoire de cette contrée qu'il aborde tant dans ses recherches universitaires que lors de ses randonnées sur le terrain, il narre depuis plus de 30 ans les merveilleuses histoires de son petit pays. dans un discours pittoresque où l'authenticité ne cesse de le disputer à l'affectivité.



En vente en  librairies, maisons de presse, grandes surfaces et sur le site yoran-embanner.com
Contact auteur: ericvanneufville@aol.fr / 06 11 51 57 03




Editions Yoran Embanner
71 hent Mespiolet
29170 FOUESNANT
Tél/Fax: 02 98 56 10 11                                     
yoran.embanner@gmail.com
http://www.yoran-embanner.com

mercredi 8 février 2017

Connaissez-vous vraiment vos voisins ?

Inutile de présenter la collection "pour les nuls", cette francisation de la collection américaine "for dummies" est déjà très large, connait de francs succès éditoriaux et couvre vraiment tous les domaines d'édition (un vrai cas d'école)...  Pour "l'Histoire de la Belgique pour les Nuls", on n'est pas dépaysé. L'ouvrage, assez volumineux, ne se limite pas à l'histoire de la Belgique depuis la création de l'Etat en 1830. On remonte allégrement le temps pour commencer avec l'homme de Néandertal pour arriver à notre époque. Tout y passe, les fouilles archéologiques, les sites, les hommes. Ainsi le territoire et l'histoire de ce qui est devenu l'Etat fédéral belge est minutieusement étudié. Pourquoi cela peut intéresser les habitants des départements du Nord-Pas-de-Calais (et les autres aussi, tant qu'à faire)? Tout simplement parce qu'il n'y a pas si longtemps, nous n'étions pas séparés par une frontière. Une frontière née des guerres et des traités, fixée définitivement par le Traité d'Utrecht et jamais contestée par la suite, mais une frontière difficile à percevoir car après tout, elle n'a rien de naturel...
Comme toujours, nombre d'encarts et de renvois permettent de suivre le livre en le picorant car il est vrai que son épaisseur pourrait rebuter au premier abord. Il est une mine d'information pour qui veut comprendre le "probleme belge", celui qui a tant occupé les journaux il y a quelques années, surtout au sujet de la fameuse querelle entre Flamands et Wallons, une querelle vieille comme la Belgique elle-même et qui, bien qu'elle soit apaisée, n'a pas encore trouvé de solution. 
La Belgique a beaucoup de choses à nous apprendre, après tout, n'a t elle pas survécu à l'absence de gouvernement pendant plus d'un an il y finalement si peu de temps.
Ce pays, petit, devrait faire l'objet de plus de curiosité en France. Il est un assemblage de deux peuples antagonistes auquel on a jouté à l'issue de la Première Guerre une petite communauté germanophone retirée à l'Allemagne, son histoire est intimement liée à celle de la France et cela bien avant la conquête romaine. L'Etat, à l'origine est artificiel: la Belgique devait servir d'état-tampon pour contre-carrer les ambitions françaises, et comme on ne pouvait trouver un roi dans l'une ou l'autre communauté, l'on alla chercher un Saxe-Cobourg... Mais apreès tout, c'est le roi qui fait la Belgique ! Déjà le destin européen, à défaut d'être international, de la Belgique est tracé... Insignifiant ou presque sur l'échiquier européen, ses colonies congolaises en firent un geant, fragile certes mais riche... Placé sur toutes les routes d'invasion (il suffit de voir les offensives de 1914 et de 1940 pour s'en convaincre), il est au coeur de la paix qui règne depuis 1945 et est un élément moteur de la constitution de l'Europe communautaire... C'est donc une Belgique méconnue qui ne demande qu'à être découverte et que l'on peut regarder comme un "miroir" de l'histoire française. Et si finalement, être belge n'etait pas tout simplement un art de vivre?

F. Stevens & A. Tixhon "L'histoire de la Belgique pour les Nuls", First éditions, Paris, 2010, 445 pages
ISBN 978-2-7540-1482-3
 
Eric Vanneufville, que les amateurs d'histoire flamande connaissent bien pour sa longue biographie, avait quant à lui édité "Le coq et le lion". Le coq des Wallons contre le lion des Flandres. On peut difficilement le taxer des partisans, il est Flamand de France, nourri à la mamelle des écoles de la République française mais parfaitement néerlandophone. Dans l'ouvrage édité chez France-Empire, il pose le debat en le dépassionnant de l'existence d'une Belgique aux frontières diverses, géographiques, territoriales, économiques et linguistiques. Là aussi, pour comprendre le présent, il remonte aux sources les plus anciennes, en reprenant l'histoire de ce territoire qui fit longtemps nôtre depuis l'antiquité. Lui non plus n'occulte aucun problème en mettant l'accent sur ce qui sépare les Belges, notamment les conditions économiques et la fameuse querelle linguistique, et sur les devenirs de la Belgique, petit état certes mais au coeur de la construction et des institutions européennes. Etre Belge n'est pas chose toujours facile...
 
Eric Vanneufville "Le Coq et le Lion, la Belgique à la croisée des chemins", éditions France-Empire, Paris, 1998, 185 pages
ISBN 2-7048-0843-0
  
Els Witte et Jan Crayebeckx se sont attachés à l'étude de l'histoire politique de la Belgique depuis 1830. Autant le dire, cet ouvrage s'adresse à un lectorat averti, qui connait dejà un peu l'histoire de ce pays particulier. Là, on n'est effectivement dans un ouvrage universitaire. S'y plonger nécessite d'avoir au moins lu "Le coq et le lion". En effet, entre les courants politiques (qui ne sont jamais éloignés de ceux que l'on trouve en France), les différentes oppositions sociales, les changements de fortune (l'extravagante richesse de la Wallonie industrielle puis sa ruine après le choc pétrolier face à la pauvreté de la Flandre devenue depuis 1974 la mère nourricière du pays), tout concourt à de profondes fractures. Ainsi, la politique intérieure et ses acteurs (Eglise, mouvements politiques, syndicats, etc), les courants de pensée typiquement d'outre-Quiévrain, font l'objet d'une étude approfondie. Il faut donc déjà connaitre autant le pays que les moeurs politiques pour appréhender l'ouvrage... d'autant plus que ce type d'étude est difficile à trouver en France... Un indispensable donc, mais pour un public averti !
 
E. Witte & J. Crayebeckx "La Belgique politique de 1830 à nos jours", éditions Labor, Anvers-Bruxelles, 1985 (1987 pour l'édition française), 639 pages
ISBN 2-840-0269-1