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vendredi 29 juin 2018

Jean Bart, chevalier de l’Ordre de Saint-Louis


In H. Malo « Une grande légende de la mer, Jean Bart », La renaissance du Livre, Paris, 1929, 230 pages, pp 89-91

Immédiatement après les combats du Texel (1964)

« Quant à Jean Bart, il prend la poste pour Versailles où le roi l’a appelé. La bonne nouvelle de son retour avec les navires de blé se répand instantanément dans tout le royaume, et son nom vole de bouche en bouche. Le 4 avril, il parait à Versailles.
 
Quinze jours plus tard, le 19, il est introduit dans la chambre à coucher du roi par la porte du salon de l’œil-de-bœuf. A sa gauche, il voir le lit royal, imposant avec ses touffes de plumes blanches sommant le baldaquin, avec ses rideaux qui tombent droit, masquant les colonnes mais permettant de voir le lit séparé du reste de la pièce par une barrière basse faite d’une colonne de bois doré. En face de lui, Louis XIV, portant en sautoir le grand cordon du Saint-Esprit sur son habit couleur tabac d’Espagne, la tête couverte du feutre noir et les mains gantées de gants blancs à crispins, se tient debout. Derrière le monarque, le ministre de la Marine et plusieurs officiers en justaucorps bleu ou rouge pris parmi les plus hauts gradés de l’armée et de la marine, dignitaires de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis fondé l’année précédente, et dont la première distribution de croix eut lieu dans cette même chambre du palais de Versailles. Quelques grands seigneurs, debout également, assistent à la cérémonie : Louis XIV va faire à Jean Bart l’honneur de lui conférer personnellement la croix de chevalier de Saint-Louis, dont il vient de lui signer le diplôme. 
 
Jean Bart s’agenouille à deux genoux sur le parquet devant le monarque. Il prête le serment de vivre et de mourir dans la religion catholique, apostolique et romaine, de demeurer fidèle à son roi, de lui obéir et de défendre son honneur, ses droits et sa couronne envers et contre tous, de ne jamais quitter son service pour entrer à celui d’un prince étranger, de révéler tout ce qu’il pourra connaître de contraire à la personne de Sa Majesté et à l’Etat, enfin d’observer les règlements de l’ordre en bon, sage et loyal chevalier.
 
La formule prononcée et le serment reçu, Louis XIV, avec cette majesté imposante qui, chez lui, semble naturelle, d’un geste noble et fier, tire son épée du fourreau et en touche le récipiendaire sur chaque épaule. Il lui accroche sur la poitrine la croix que lui a tendue le personnage qui se tient à sa droite. Jean Bart se relève. La cérémonie est terminée. Cette fois, les marquis de Molière ne se moquent plus de lui. Il n’est plus question de l’ours mené par M. de Forbin. »

mardi 19 juin 2018

12 octobre 1914, Lille tombe aux mains des Allemands


In Cne CATOIRE – « La défense de Lille en 1914 », 1934, Les Défenseurs de Lille / Les amis de Lille, 168 pages, pp 134-145

L’aube du 12 octobre s’est donc levée sur une ville en flammes que l’ennemi, pressé d’en finir, va s’efforcer d’enlever de vive force.
 

En face des faibles effectifs français, le XIXe Corps s’est déployé sur tout le front Sud et Sud-Est de Lille et s’est approché, à la faveur du brouillard annonciateur d’une belle journée d’arrière-saison de la ligne des fortifications.
 
La Brigade Baerensprung, à deux régiments, a pour objectif la porte de Douai et la gare St-Sauveur ; elle se relie vers la gare centrale au détachement Wanschaffe.
 
La ½ Division Falkenstein (une brigade de cette Division est restée en Champagne), également à deux régiments, doit d’emparer des portes d’Arras et des Postes. Enfin, la Brigade Seydewitz, masquant les sorties Sud-Ouest de Lille, s’efforcera de s’emparer de la Citadelle. Elle a mission, dans tous les cas, d’interdire à la garnison française tout mouvement de retraite vers l’Ouest.
 
Ces éléments, renforcés de compagnies du Génie, sont soutenues par toute l’artillerie du Corps d’Armée, dont le commandant, le Général von Laffert, a installé son PC à la sortie Nord de Wattignies.
 
De bonne heure, devant les trois portes de Douai, d’Arras et des Postes, l’ennemi s’est efforcé de venir border le glacis. Contenu à distance devant les portes d’Arras et des Postes, il est parvenu, dès 10 heures, à occuper la demi-lune et la contre-escarpe en avant de la porte de Douai, mais ses efforts pour forcer la porte sont restés vains.
 

Vers 9h, le commandement allemand a encore fait une nouvelle tentative pour obtenir la reddition de la ville : deux parlementaires ! Le Capitaine Fiedler et le Lieutenant Goeppert, accompagnés d’un trompette et d’un gradé, se sont présentés sous le couvert du drapeau blanc à la porte de Douai et ont annoncé qu’ils étaient porteurs d’une sommation de reddition à l’adresse du Gouverneur de Lille. Le poste de garde les a aidés à passer la barricade élevée sous la porte, dont ils ont pu constater la faible résistance, et les quatre Allemands se sont bientôt trouvés sur la place Fernig où on leur a bandé les yeux – trop tard malheureusement pour qu’ils n’aient pu constater l’effectif dérisoire des défenseurs.
Puis les parlementaires ont été amenés, sous escorte, rue des Stations, où le commandant de Pardieu a refusé purement et simplement de les recevoir. On les a ensuite reconduits à la porte de Douai d’où ils ont rejoint les lignes allemandes vers 10h30. Leur promenade en ville a eu au moins le résultat de faire cesser le bombardement pendant près d’une heure et demie.
 
Pendant ce temps, le combat n’en pas moins continué à faire rage devant les portes d’Arras et des Postes.
 
La porte d’Arras a subi, à partir de 10 h une violente attaque du 139e Régiment d’Infanterie allemande. Renforcée par trois sections de la compagnie Clerc (7e compagnie du régiment Caron) et de plusieurs caisses de cartouches que lui a fait envoyer le Commandant de Pardieu, la compagnie Degrelle n’a pas pu empêcher l’ennemi de s’emparer de la porte extérieure, mais elle l’a arrêtée au débouché du glacis. D’ailleurs, expose la relation allemande « le large et profond retranchement rendait impossible tout assaut… et toutes les tentatives faites par l’artillerie de campagne pour le rendre franchissable demeurèrent sans succès ».
Le régiment allemand perdit, en cet endroit, 20 morts et 68 blessés.
 

A la porte des Postes, un assaut des plus violents a été livré dès 9h40, par le 179e Régiment d’infanterie, fortement appuyé par les sections d’accompagnement immédiat d’artillerie. Mais le Lieutenant Hautefeuille, qui commande cette porte, vient d’être, sur sa demande, renforcé de la section de Wambrechies (3e compagnie du Bataillon Caron) ainsi que des pelotons Vallette (du 2e Chasseurs) et Coppin (du 46e Chasseurs). Obligé d’abandonner la contre-escarpe, le Lieutenant Hautefeuille a disposé ses hommes derrière la crête du rempart, mais cette crête rectiligne est balayée par les balles et les pertes sont sévères. 
 
Le Lieutenant Vallette, à peine arrivé, et à qui le Lieutenant Hautefeuille a confié le commandement de l’aile gauche de son détachement, est grièvement blessé et emporté. Il est aussitôt remplacé par le sergent Wuilmart (qui se tirera avec honneur de son commandement). Le Lieutenant de Wambrechies est tué.
 

Beaucoup d’autres braves tombent, mais l’attaque allemande est enrayée, une tentative pour faire sauter la porte a échoué. Là non plus, les unités d’active bien entrainées du corps saxon n’ont pas pu avoir raison de nos territoriaux et d’une poignée de cavaliers retranchés derrière les vieux remparts de Vauban.
 
Sur les fronts Sud-Ouest et Sud-Est de Lille, devant les portes de Béthune et de Canteleu, comme celles de Valenciennes, de Louis XIV et de Tournai, l’ennemi a seulement durant cette matinée du 12, pris le contact de notre ligne de défense.
 
C’est à la porte de Douai que va se jouer la partie décisive mais auparavant, les défenseurs de Lille ont reçu, par la voie des airs, un léger réconfort, et le Commandant de Pardieu a pu croire un instant que sa résistance ne serait pas désespérée.
 
Vers midi, un avion français a atterri sur le Champ de Mars. Le Lieutenant Ménard, qui en est descendu, a demandé à être conduit auprès du Commandant de Pardieu et il lui a remis un message ainsi conçu, du Commandant de la Xe Armée :
« Au Commandant de Pardieu, commandant le détachement mixte de Lille
« Vous adresse mes félicitations pour l’énergie avec laquelle vous avez ramené votre détachement à Lille. Tenez dans Lille jusqu’au bout. Une attaque allemande sur la ville doit se produire aujourd’hui, vraisemblablement par le Sud. Toute l’armée se porte à votre secours. La cavalerie peut être à Lille dès ce soir. Je vous nomme Lieutenant-colonel et vous accorde une Croix de la Légion d’Honneur et trois Médailles Militaires à décerner à votre choix. Le 20e Chasseurs est-il avec vous ? Envoyez nouvelles par pigeons voyageurs.
Signé : Général de Maud’huy
PCC Le Chef d’EM
Colonel de Vallières »
 
Nous verrons plus loin à quoi correspondait la promesse contenue dans ce message.
 
Le nouveau Lt-Colonel, dans sa réponse, a promis de tenir jusqu’au soir coûte que coûte, mais ne peut rien garantir au-delà, en raison de l’incendie de la ville, de l’épuisement des munitions et de l’exorbitante inégalité de la lutte.
 

Cette réponse, le Lieutenant Ménard ne pourra pas la rapporter au Général de Maud’huy. Terrassé par une crise d’appendicite aigüe, au moment de reprendre son vol, il sera transporté d’urgence à l’hôpital qu’il ne quittera que quelques semaines plus tard pour le camp des prisonniers.
Cependant, la nouvelle du secours prochain, portée à la connaissance des défenseurs de Lille, a redoublé leur ardeur.
 
Mais l’ennemi veut en finir : un radio du Kaiser, dont la teneur vient d’être communiqué au Commandant de Pardieu : « je donne l’ordre de prendre Lille à tout prix » ne peut lui laisser aucun doute à cet égard, et c’est maintenant contre la porte de Douai qu’il va concentrer ses efforts.
 
A 3 heures, après une préparation d’une demi-heure par l’artillerie lourde du Corps d’Armée, sur la porte et ses alentours immédiats ; 2 bataillons du 181e Régiment d’infanterie se sont lancés à l’assaut. Un moment, leur progression est ralentie par le feu nourri qui les accueille. Mais les mitrailleuses allemandes balayent la crête du rempart forçant les défenseurs à se terrer. Une équipe de sapeurs peut alors se glisser jusqu’au pont-levis et faire sauter la légère barricade que l’on a entassée sous les voûtes. Bientôt la porte elle-même est forcée.
 
Nos territoriaux se sont alors retranchés dans les maisons de la place Fernig et interdisent aux Allemands de déboucher sur la place. Ceux-ci sont d’ailleurs pris de flanc par les Chasseurs de l’escadron de Galbert qui les fusillent de l’entrée du boulevard de Belfort. Bientôt deux pièces d’artillerie sont amenées sous la porte et canonnent à bout portant les maisons de la place Fernig. Le Lieutenant Elssner, qui les commande, est tué, mais, de notre côté, les munitions se sont épuisées et la retraite commence vers le centre de la ville et le boulevard des écoles (ndlr : aujourd’hui boulevard JB Lebas) pour les territoriaux, par le boulevard de Belfort vers la porte de Valenciennes pour les Chasseurs.
 
De ce côté aussi, les défenseurs de la porte de Valenciennes, de la gare St-Sauveur, de la porte Louis XIV et de la porte de Tournai, ont repoussé toutes les tentatives faites par le 2e Régiment de la Brigade Baerensprung (le 104e I.R.).
 
Bien qu’à bout de munitions territoriaux, douaniers, spahis et chasseurs ont pu maintenir partout leurs positions.
Aux portes d’Arras et des Postes, les éléments confiés au Capitaine Degrelle et au Lieutenant Hautefeuille ont encore eu à faire face, dans l’après-midi, à de nouvelles attaques de l’ennemi. A la porte d’Arras, le Capitaine Degrelle a même dû, après la chute de la porte de Douai, contre-attaquer des éléments ennemis débouchant du boulevard d’Alsace.
 
Quant au Lieutenant Hautefeuille, il a réussi à clouer au sol un dernier assaut allemand, en tirant ses dernières cartouches provenant de caisses retirées de la Deûle.
Mais la lutte a été chaude et, au total, la garnison de la porte des Postes a perdu 28 tués dont un officier.
 

Contre le secteur Sud-Ouest de Lille, la 89e Brigade allemande n’a fait que des démonstrations. Dans l’après-midi, le 13e Bataillon de Chasseurs Saxons est venu border l’avenue de l’Hippodrome, face au champ de courses, où les hommes ont même commencé à creuser quelques éléments de tranchées, mais il n’a pas osé se lancer à l’attaque de la Citadelle, qui n’est pourtant occupée que par quelques Chasseurs, ultimes réserves du Lt-Colonel de Pardieu.
 
Les fantassins allemands ont donc pris pied dans la ville par la porte de Douai et progressent lentement par les rues adjacentes. Pour assouvir la rage que leur a causée la résistance de nos troupes, ils ont mis le feu aux maisons qui avoisinent la place Fernig.
 
A ce moment, la ville n’est plus qu’un vaste brasier où une quarantaine d’incendies cherchent à se rejoindre. Le canon qui qui s’est fait entendre dans l’après-midi à l’Ouest de Lille s’est éloigné et, avec lui, tout espoir de secours avant la nuit s’est évanoui.
 
La Citadelle pourrait encore offrir aux défenseurs de Lille un dernier refuge, pour prolonger la résistance, mais pour cela, il faudrait des cartouches.
 
Or, de toutes les portes, parviennent au Commandant d’Armes des demandes de munitions. Les premières ont pu être satisfaites, au moyen de caisses trouvées à la Citadelle, à la Gendarmerie ou même retirées de la Deûle. Mais toutes les réserves sont épuisées et les hommes ne vont bientôt plus avoir entre les mains que d’inutiles fusils.
 
Dans ces conditions, après avoir examiné la triste situation, le Lt-Colonel de Pardieu, convaincu d’avoir accompli tout son devoir, s’est cru obligé, en conscience, d’éviter la destruction d’une des plus belles et des plus riches cités françaises et l’anéantissement dans résultat des troupes qui lui avaient été confiées.
 
Il capitula.
 
Le drapeau blanc fut hissé sur l’église du Sacré-Cœur, et le Commandant Delorme, du 20e Chasseurs, fit envoyer en parlementaire, pour prévenir l’ennemi que la place mettait fin à la résistance.
La réponse fut apportée par le Général Baerensprung en personne, et bientôt confirmée par le Général Goetz von Olenhusen, fut la capitulation sans conditions.
 
Les troupes de la défense devaient se rendre à la Citadelle pour être désarmées.
 
(depart de la Citadelle pour les premiers prisonniers de guerre français)
 
Il n’y avait plus qu’à s’incliner.
 
Les éléments de la Brigade Saxonne, qui avait pénétré ans Lille, n’osèrent pas s’aventurer trop avant dans l’obscurité et se cantonnèrent dans le voisinage de la Place de la République et des Halles. L’artillerie n’en continua pas moins, en dépit de la capitulation, à bombarder, jusqu’à deux heures du matin les quartiers excentriques. Il faut jouer d’ailleurs que toutes les liaisons téléphoniques ayant été interrompues par le bombardement, nombreuses furent les unités, tant françaises qu’allemandes, demeurées au contact à la périphérie des remparts, qui ignorèrent tout de la situation, jusqu’aux premières heures de la matinée.
 
A la porte Louis XIV et devant la gare St-Sauveur, la fusillade continuera même toute la nuit.
Et vers 6 heures du matin, le Lieutenant Hautefeuille sera encore blessé par un éclat d’obus, en allant prendre la liaison avec la garnison de la porte de Béthune. »

 
(tombes des assaillants allemands tombés le 12 octobre 1914, carré allemand, cimetière de Lille - Sud)
 

lundi 4 juin 2018

11 janvier 1915: Poincaré remet le drapeau à la Brigade des Fusiliers-marins


LE DRAPEAU DES FUSILIERS-MARINS

In Charles Le Goffic « Dixmude, un chapitre de l’histoire des Fusiliers-marins (7 octobre – 10 novembre 1914) », Librairie Plon, Paris, 1916, 271 pages, pp 250-251
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Note : Le 11 janvier 1915, le Président de la République se rendit au terrain d’aviation de Saint-Pol-sur-Mer (et non à Dunkerque), où cantonnaient les Fusiliers-Marins de l’amiral Ronarc’h afin de remettre à la demi-brigade son drapeau.


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Le Président de la République, accompagné de M. Victor Augagneur, ministre de la Marine, est allé le 11 janvier, à Dunkerque, remettre à la brigade de fusiliers-marins le drapeau conféré aux formations de marins à terre et qui porte l’inscription « Régiments de marins ».
En présentant ce drapeau à la brigade, M. Poincaré s’est exprimé en ces termes :

FUSILIERS-MARINS, MES AMIS,

Le drapeau que le gouvernement de la République vous remet aujourd’hui, c’est vous-même qui l’avez gagné sur les champs de bataille. Vous vous êtes montrés dignes de le recevoir et capables de le défendre. Voilà de longues semaines qu’étroitement unis à vos camarades de l’armée de terre, vous soutenez victorieusement, comme eux, la lutte la plus âpre et la plus sanglante. Rien n’a refroidi votre ardeur, ni les difficultés du terrain, ni les ravages qu’a, d’abord, faits parmi vous le feu de l’ennemi ; rien n’a ralenti votre élan, ni les gelées, ni les pluies, ni les inondations. Vos officiers vous ont donné partout l’exemple du courage et du sacrifice, et partout vous avez accompli, sous leurs ordres, des prodiges d’héroïsme et d’abnégation.

Le drapeau que je vous confie représentera désormais à vos yeux, la France immortelle : la France, c’est-à-dire vos foyers, le lieu où vous êtes nés, les parents qui vous ont élevés, vos femmes, vos enfants, vos familles et vos amis, tous vos souvenirs, tous vos intérêts, toutes vos affections ; - La France ; c’est-à-dire tout un passé d’efforts communs et de gloire collective ; tout un avenir d’union nationale, de grandeur et de liberté.

Mes amis, ce sont les plus lointaines destinées de la patrie et de l’humanité qui s’inscrivent, en ce moment, sur le livre d’or de l’armée française. Notre race, notre civilisation, notre idéal, sont l’enjeu sacré des batailles qui vous livrez. Quelques mois de patience, de résistance morale et d’énergie vont décider des siècles futurs. En conduisant ce drapeau à la victoire, vous ne vengerez pas seulement nos morts, vous mériterez l’admiration du monde et la reconnaissance de la postérité.

Vive la République ! Vive la France !