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vendredi 31 mai 2019

quand un pilote du 609e squadron de la RAF évoque les combats de Dunkerque


In D.M. CROOK « Pilote de Spitfire », charlot éditions, Paris 1947

« Tandis que j’avais une vie aussi facile et aussi plaisante, le 609 était entré en action pour la première fois à Dunkerque, et y avait subi ses premières pertes. Les 30 et31 mai, ainsi que le 1er juin, le squadron effectua des patrouilles de couverture de l’évacuation des troupes qui se trouvaient sur les plages.
 
Les pilotes abattirent un certain nombre de Boches au prix de la vie de quatre d’entre eux. Desmond fut également tué près de Frinton-on-Sea : il se perdit dans le mauvais temps, tomba en panne d’essence et trouva la mort en essayant d’atterrir en campagne. Je pense que, sans aucun doute, quelques-unes de ces pertes étaient dues  à l’inexpérience et au manque de précautions. Aucun de nous n’avait été engagé auparavant et chacun ne pensait qu’à foncer sur le premier Boche qui apparaissait.
 
Cette politique ne paie pas quand in combat un ennemi astucieux et rusé, et les Allemands avaient l’habitude d’utiliser un avion appeau au-dessus duquel un grand nombre de chasseurs évoluait avec une supériorité d’altitude de quelques milliers de pieds qui leur permettait de tomber comme des pierres en venant du soleil. Cette ruse nous valut presque certainement la perte d’un pilote, Presser, et peut-être d’un ou deux autres : il piquait pour attaquer un Junker 88, mais plusieurs Messerschmitt se trouvaient au-dessus de lui.
 
Mon genou guérissait rapidement et le 16 juin, je quittais Peebles avec Dorothy. Nous passâmes quelques jours à la maison et le 29 repartîmes pour Londres. A Marylebone je fis mes adieux à Dorothy et continuai vers Northolt où allait commencer l’époque la plus passionnante de mon existence.
 
De grands changements s’étaient produits dans le squadron depuis que je l’avais quitté sept semaines plus tôt. Nous avions un nouveau commandant et plusieurs pilotes étaient venus combler les pertes de Dunkerque. »

la difficile place de trésorier-payeur général des guerres à Dunkerque en 1791


A MESSIEURS
MESSIEURS LES COMMISSAIRES DE LA TRESORERIE-NATIONALE

MESSIEURS,
Le sieur Martin, trésorier-payeur des guerres, au département de DUNKERQUE, à l’honneur de vous adresser une réclamation, dont les motifs sont puisés, dans l’équité, et que, par conséquent, votre justice ne peut qu’accueillir.
 
L’Assemblée nationale constituante a porté ses vues d’économie sur la partie des trésoreries. Les réformes qu’elle a ordonné étoient nécessaires, sans doute, puisqu’un meilleur ordre de choses les exigeoît. Mais l’équité du corps législatif ne lui a pas permis de perdre de vue les adoucissements qu’elle pouvoit réserver à ceux sur qui  alloient tomber les rigueurs de circonstances.
 
Cependant, si l’on peut dire qu’en général ces sortes d’adoucissement sont, en quelque sorte, un devoir de la législation, n’est-il aucuns caas où ce devoir ne satisferoit pas à l’exacte justice ? Le Sieur MARTIN ose le penser. Il fait plus, il ose croire qu’il est personnellement dans la position d’obtenir davantage : son remplacement. Quels sont ses titres pour le demander ?
  
Près d’un siècle de services rendus, soit par ses ancêtres, soit par lui, sans interruption, dans la même partie et dans les mêmes lieux, forme ce titre et fait l’apologie des principes d’honneur, de probité et d’exactitude qui leur ont mérité une confiance aussi longue. Les principes constitutionnels font des vertus et des talens des citoyens un devoir sacré aux bienfaits et aux récompenses du gouvernement ; celui qui les a reçus, comme un héritage de ses Pères, qui les a pratiqué, comme eux, ne pourroit-il pas s’en enorgueillir et les invoquer ?
 
Une longue possession, qu’on ne rappelleroit que pour favoriser un abus, ne seroit pas un considération à faire valoir, mais lorsque cette possession est glorieuse, à ceux qui en ont joui, elle devient sans doute, d’une considération, même très puissante. Telle est la position du sieur MARTIN.
Son ayeul paternel a rempli la place de trésorier-payeur des guerres, au département de DUNKERQUE pendant cinquante-trois ans ; son père l’a exercée pendant trente-deux ans ; et lui-même, après avoir travaillé pendant vingt années dans les bureaux de son père, en est chargé depuis 1782.
 
Personne n’ignore que les departemens de la ci-devant Flandre maritime étoient  très conséquens, soit par les fortes garnisons qui y étoient entretenues, soit en raison des travaux considérables qui s’y faisoient.
 
Au service de DUNKERQUE étoient, et sont encore réunies ceux de BERGUES et GRAVELINES, ce qui nécessite des déplacemens frayeux et multipliés
 
Pendant la guerre de 1757 et 1758, le trésorier-payeur de DUNKERQUE a été chargé du service d’OSTENDE et de NIEUPORT, et jamais il ne lui a été accordé, ni indemnité, ni gratification.
 
Et cependant les appointemens de ce trésorier ont toujours été très faibles, quoiqu’il fut fixé dans une place maritime, où les vivres sont très chers, où les dépenses de toute espèce sont exorbitants, les commis très coûteux, et les les loyers à un taux au-dessus des plus grandes villes du royaume.
 
Celui qui a tant de motifs à faire valoir pour obtenir son remplacement dans le nouvel ordre des choses qui va s’établir, celui qui a supporté pendant un siècle tous les inconvéniens attachés  à un tel état, ne peut-il espérer de l’obtenir ? et ne doit-il pas l’emporter, à titre de justice, sur ceux qui, placés de puis un petit nombre d’années, ou qui, chargés de recettes partielles, et même passagères, viendront, sans doute le rivaliser, mais n’auront pas à faire valoir, ni des services aussi longs que ceux du sieur MARTIN, ni des travaux aussi conséquens, sur seux qu’un siècle de zèle, d’activité, de probité et de confiance méritée ne rendront pas aussi recommandables.
 
D’un autre côté, si le sieur MARTIN pouvoit se faire un mérite, de ce qui n’est qu’un devoir, il vous observeroit, MESSIEURS, que son amour pour la constitution et ses services sous ses étendards, devroient solliciter en sa faveur. Depuis le moment que l’ASSEMBLEE NATIONALE a mis dans la main des citoyens les armes destinées au maintien des loix et de la liberté publiques, le sieur MARTIN a servi avec ardeur, avec distinction même dans la garde nationale. M. EMMERY, actuellement membre du corps législatif, qui a commandé cette garde, depuis sont institution, M. EMMERY aux soins et au zèle infatigable de qui la ville de DUNKERQUE doit la parfaite sécurité qui y a régnée, qui avoit mérité la confiance du peuple, dont il surveilloit la tranquillité, en meme-temps qu’il le dirigeoit par ses conseils dans les moyens de la perpétuer, M. EMMERY rendroit sans doute au sieur MARTIN la justice de certifier qu’il a coopéré à ses travaux sous ses ordres.
 
M. COPPENS, aussi membre actuel du corps législatif, qui le premier a été promu à la présidence du département du Nord, qui, dans cette administration a déployé le zèle et les talens d’un véritable homme d’état, M. COPPENS, que la confiance bien justifiée d’une partie importante de l’empire français a appellé à ces importantes fonctions, ne refusera certainement pas au sieur MARTIN de rendre un témoignage honorable à sa probité.
 
Le sieur MARTIN, a donc une infinité de moyens à présenter pour appuyer son vœu d’être remplacé. Père d’une nombreuse famille, il est parvenu à l’âge de quarante-huit ans, et a employé ses plus belles années à acquérir les connoissances que demandoit l’état qu’il remplissoit, s’il en étoit dépouillé, n’est-il pas plus évident que ces connoissances, acquises par une longue et laborieuse application, seroient perdues pour lui pour l’avenir, et que l’on pourroit dire alors que la constitution elle-même feroit de lui un citoyen inutile à la patrie ; des motifs de tous les genres l’autorisent donc à penser que sa réclamation ne sera pas vaine : et, dans la persuasion où il est que votre justice, MESSIEURS, vous le fera penser, qu’il lui soit permis de vous observer qu’elle sollicite également de vous que ce remplacement se fasse de manière à ce qu’un éloignement trop marqué ne le rendit pas étranger, en quelque sorte, à ses propriétés et à ses alliances, dont les unes ont été acquises, et les autres contractées, sous la foi de ce même état que les circonstances lui enlèvent ?
 
Le sieur MARTIN a osé épancher son ame avec cette franchise qui caractérise l’homme honnête et vrai ; il a parlé avantageusement de ses ancêtres ; c’est un juste hommage qu’il a rendu à leur mémoire, il a parlé favorablement de lui-même, il le devoit à la compagne de sont sort, à ses enfans et à vous-mêmes, MESSIEURS, c’est en faveur des premiers qu’il réclame un état qui assure leur bien-être et leur éducation, et il falloit que vous fussiez à porter de connoitre les motifs qui doivent vous déterminer, puissiez vous, MESSIEURS, les accueillir ! ses vœux serioent remplis, et sa trop juste reconnoissance pour vous égaleroit son profond respect.
 
[Signature et date manuscrite] 
 
MARTIN
Dunkerque, le 27 9bre 1797
 
A DUNKERQUE, DE L’IMPRIMERIE DE DROUILLARD, RUE DE BAR, E. N° 184

ADRESSE A MM. LES COLONEL & CAPITAINES DE LA GARDE-BOURGEOISE


NOTA : à peine formée par voie d'élection, comme il est logique durant la Révolution Française, la Garde Bourgeoise de Dunkerque, établie le 18 septembre 1789, connait quelques difficultés qui sont ici évoquées dans l'adresse de Coppens, qui dirige la Commune et qui montrent les limites de cette organisation naissante

MESSIEURS
Il paroit d’après votre arrêté que c’est à tort que j’ai annoncé, que le plus petit nombre de vous faisoit la loi dans votre Corps, & que le parti le plus considérable murmuroit tout bas ; mais n’osoit se plaindre. Ce n’est pas sans raison, Messieurs, que j’ai avancé cette assertion ; les 54 Signatures au bas de votre arrêté, ne font que me fortifier dans cette opinion, & me persuadent d’autant plus, que ce n’est que par complaisance ou faîbless que plusieurs de vous ont signé, ce qu’ils ne pensent pas.
 
Oui, Messieurs, je répéte que plusieurs d’entre vous, m’ont assuré ce que j’ai dit dans mon Mémoire, si dans un moment, où vous étiez réunis pour un festin, ils n’ont pas osé se montrer contraire à une opinion qui n’étoit pas la leur, ils ont sans doute été retenus par quelques considérations particulières ; il est tout naturel quand on sert dans un Corps, de paroître penser comme les autres, & sur tout comme ceux que l’on craint de contredire, ou que l’on a intérêt de ménager.
 
Je ne les nommerai pas, Messieurs, ceux qui m’ont donné pareille assurance : s’ils ont pu signer le contraire de ce qu’ils manqueroient pas de le demantir ; mais si ma prudence exige que je ne les décèle pas, je n’hésite pas à vous dire, que trois de vous, qui sont membres cu Comité, ont déclaré qu’ils désaprouvoient votre conduite : un d’eux surtout en a tellement été indigné, que le 26 septembre, jour de l’adresse du Comité aux Députés des corporations, il a dit, qu’il ne serviroit plus avec vous, à cause de votre inconséquence & de vos procédés indécens & déplacés, & sur les représentations et exhortations de quelques-uns de nous pour l’engager à exécuter vos foiblesses, & à ne pas se porter à ce parti violent, qui vous eut fait tort dans l’esprit du public, il a non seulement dit, que sa résolution etoit invariable, mais il y a persisté dans des termes beaucoup plus fort que je crois superflu de répéter. Quoique ce particulier, l’un des chefs de votre Corps, ait changé depuis de sentiment, & cédé à vos sollicitations REITEREES, ce qui prouve la bonté de son cœur, il n’est pas moins vrai, Messieurs, qu’il vous a blamés en présence des personnes qui ne pourront me démentir.
Quant au jugement que vous portez sur mon mémoire en le déclarant injurieux, indécent, insidieux, une foule de conséquences qui résultent de vos arrêtés & discours, prouvent ce que j’ai avancé ; je crois inutile de m’étendre davantage sur le même objet, ne doutant pas que mon mémoire aura suffi pour désabuser le public, que vos vains efforts ont tenté de prévenir contre moi.
 
Au surplus, Messieurs, qui vous a donné le droit de me juger ? Vous êtes illégalement constitués, vous vous êtes arrogés des pouvoirs qui sont une usurpation, vous vous êtes créés de vous-mêmes sans l’avoeu & l’approbation de la Commune, que vous avez eu le front de braver & d’insulter, en refusant de vous soumettre à la délibération du 18 de septembre dernier, en méprisant le Comité qu’elle avoit choisi pour exécuter ses volontés, & ne dites pas, Messieurs, que j’en impose ! Votre arrêté du 23 octobre, & celui imprimé du trois de ce mois, que vous venez de m’adresser, font la preuve de ce que j’ai avancé, quel est donc mon tort envers vous ? Celui d’avoir été assez courageux pour me défendre, afin de prévenir l’effet des insinuations dangereuses que quelques uns de vous ont répandues sur mon compte pour m’aliéner l’esprit du peuple, & de ceux qui ne doivent trouver dans ma conduite que la fermeté d’un citoyen zélé pour le maintien des droits des ses commettans.
 
Ce n’est pas moi MM. qui me suis donné le droit de désaprouver votre conduite, c’est vous-même, c’est la Commune assemblée qui m’a choisi membre du Comité, ce sont les membres de ce Comité qui m’ont honoré de la première Présidence : ma qualité subsiste toujours, & aussi longtems que la Commune ne s’assemblera pas pour recevoir ma démission, je conserverai le droit de m’opposer aux efforts que vous faites inutilement pour vous maintenir dans un despotisme qui doit être reprimé ?
Ce n’est pas mon mémoire qui est indécent, c’est votre conduite à mon égard qui mérite cette qualification. Vous aviez le droit de vous plaindre & de demander justice si vous vous trouviez insultés& vous n’aviez pas le droit de me juger ; ce droit appartient seul à la Commune que je respecte & que vous bravez, je ne puis mieux lui prouver tout mon dévouement qu’en l’assurant qu’aussi longtemps qu’elle laissera subsister les pouvoir qu’elle m’a donné, je lui serai fidel ; & que rien au monde ne pourra m’intimider quand il faudra embrasser sa défense.
 
J’ai l’honneur d’être,
MESSIEURS,
Votre très-humble & très-obéissant Serviteur,
Signé, COPPENS,
Président du Comité de la Commune

Dunkerque le 5 Novembre 1789


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A Dunkerque, de l’imprimerie de E. LAURENZ, Place-Royale.