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vendredi 17 août 2018

tradition mariale à Dunkerque


15 août 2018… jour férié dans une France laïque qui reste attachée à ses traditions. Comme partout en France, le jour de l’Assomption de la Vierge est célébré dans toutes les paroisses de France et de Navarre. Cette fête religieuse est reconnue comme telle au XVIIe siècle par le roi Louis XIII. Sans héritier après vingt ans de mariage, il demande à ses sujets de faire, dans chaque paroisse, le 15 août, une procession afin d’avoir un fils. Le miracle a lieu. Louis XIV naîtra l'année suivante (ce n’est pas pour rien que l’héritier au trône de France reçoit Dieudonné en second prénom). En guise de reconnaissance, en 1638, le roi publie l’Edit officiel qui déclare prendre la Vierge comme protectrice et patronne du Royaume. Le 15 août devient alors fête nationale... et jour férié.
 
 la niche où la Vierge se trouve toute l'année restera vide pour la journée
Une vierge "miraculeuse" pour Dunkerque

Passons sur les vicissitudes de la date, elle reste marquée par la fête religieuse. Si à Lourdes ou à Pontmain (dans la Mayenne), elle est synonyme de reconnaissance pour les apparitions mariales, Dunkerque la relie à la découverte d’une statue de la Vierge lors des travaux sur les remparts bourguignons. En 1403, des ouvriers qui y œuvrent sont surpris par le jaillissement d'une source d'eau pure dans le sable (là aussi, cela tient quasiment du miracle car l’on se trouve au bord du rivage marin). Ils découvrent à côté de cette source, une petite statue en bois (32 cm) de la Vierge Marie portant l'enfant Jésus dans ses bras, qui pourrait être l'œuvre d'un pêcheur qui l'aurait taillé au couteau pour orner la proue de sa barque et qui aurait été perdue lors d'une tempête. On l'appela Notre Dame de la Fontaine, puis Notre Dame des Dunes.
 
La légende veut que la statue, emportée en divers lieux dignes de l'abriter, disparaissait toujours pour réapparaître sur les lieux de la découverte, comme si la Vierge souhaitait y être vénérée là tout particulièrement. Une Chapelle fut construite, longtemps isolée dans les remparts de Vauban, transformée en atelier de munitions à la Révolution, la Chapelle explosa en 1793 et restera en ruine jusqu'à ce qu'une souscription publique en permette la reconstruction en 1815.Lieu de vénération des dunkerquois, elle renferme de nombreux exvotos, témoignages de reconnaissance de marins. Les vitraux, qui racontent son histoire ont été réalisés à partir de 1953 d'après les dessins de l'abbé Pruvost, prêtre et artiste.





 
Une fois l’an, elle est descendue de sa niche pour être portée par des bazennes, épouses des patrons-pécheurs en procession (autrefois au travers de la ville, le parcours est nettement raccourci aujourd’hui). En avant de la procession, derrière la croix, elle est précédée du filet-saint, puis viennent les bannières de procession et la maquette votive d’une goélette de pêche à Islande, le Notre-Dame de Grâce, histoire de rappeler ce que ville et port doivent à la pêche à la morue (non, le carnaval n’est pas la seule référence à ce passé souvent douloureux).
 




La Vierge quitte donc la Petite chapelle, emplie d’exvotos, pour se rendre sur le quai de la cale des pêcheurs où prêtres et quelques fidèles embarquent pour sortir en mer et y donner une bénédiction à l’adresse des travailleurs de la mer et des disparus. 











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