Follow by Email

mercredi 27 avril 2016

une oubliée de l'occupation de Dunkerque : la batterie E 696 de saint-Pol-sur-mer



Dunkerque a été jusqu’à la fin de la dernière guerre une ville fortifiée et un port autant militaire que civil. Il est évident que toutes les époques ont laissé des fortifications. Les Allemands lors de la dernière occupation ne furent pas en reste et tout le monde connait les blockhaus qu’ils ont laissé à la batterie côtière de Leffrinckoucke, qui complétait le fort des Dunes depuis la fin du XIXe siècle, ou encore les positions bétonnées gravelinoises. Certains Dunkerquois ont d’ailleurs gardé le souvenir de bien de bunkers aujourd’hui détruits (comme ceux du Parc de la marine), ensevelis (comme dans le jardin des sculptures du LAAC) ou « réappropriés » pour servir de fondations à de nouvelles constructions à l’instar de plusieurs villas sur la digue de Malo. Ce sont là des traces tangibles. Il est néanmoins une position passée dans l’oubli qui se trouvait à Saint-Pol-sur-Mer : la batterie E 696.


Installée près du bassin des raffineries de saint-Pol, la batterie E 696 est mise en place au début de l’année 1941. Son Kommandeur, l’Hauptmann Hermann Nietzer dispose de 4 officiers, 42 sous-officiers et 180 artilleurs. La batterie est de taille considérable : deux canons de 28 cm et un armement secondaire de quatre pièces de 2 cm Flak 30, trois pièces de 5 cm KwK L/39, auxquelles ont été ajoutées en 1944 trois obusiers légers de 10 cm et deux projecteurs de 40 cm.
Les pièces de 28 cm étant des pièces d’artillerie lourde sur voie ferrée, leur orientation est possible par leur installation sur deux larges tables tournantes (comme celles que l’on trouve dans les dépôts de chemins de fer), assurant leur rotation.
 

Les deux pièces numérotées 919 068 et 919 067 sont alimentées en munitions par une desserte en voie ferrée depuis des soutes en tôles-métro dont la protection contre les impacts est assurée par une couche de terre. Obus et gargousses étaient disposées sur des wagonnets dans les soutes, puis poussés vers les plateformes tournantes puis levées par des grues disposées à l’arrière des pièces. Les munitions sont alors treuillées jusqu’au niveau du chariot d’alimentation qui coulisse vers la culasse. Ces pièces de 283 mm ont une cadence de tir d’un coup toutes les cinq minutes et une portée maximale de 29,5 km pour des obus de 240 kg. Autant dire que leur puissance est redoutable.

 
La batterie dispose d’un poste d’observation principal situé au sommet du silo à grains de la Chambre de commerce mais les artilleurs triangulaient les tirs grâce aux postes de conduite de tirs des positions MKB St-Pol (positions de mitrailleuses), HKB (position de Flak) de Fort-Mardyck et es observatoires situés à Malo-les-Bains.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire