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jeudi 18 décembre 2014

petite pépite à l'usage des nostalgique de leur temps de conscription, que de beaux souvenirs du 43e d'Infanterie...

ETUDE DE LA SYNTAXE MILITAIRE
Une autre étude éthnologique pour les Anciens qui comme moi furent des conscrits et fiers de l'avoir été... Remarque pernicieuse, je n'ai jamais perdu ce jargon totalement, on en a un semblable dans l'Education Nationale : référentiel bondissant pour ballon, référentiel bondissant aléatoire pour ballon de rugby, surface scripturale à usage multiple pour le tableau noir, espace d'acquisition socio-cognitive configurée pour les Apprenants... le piège, c'est la salle de classe avec son matériel pour les élèves... Comme toutes les corporations, les militaires possèdent un jargon qui leur est propre : il peut paraître obscur voire complexe à un novice. Toutefois, ce langage, assez codifié, possède des règles assez simples, ainsi qu'un vocabulaire particulier, dont nous allons essayer d'apprendre les bases. Pour se perfectionner, il faudra se référer au " TTA " qui constitue la bible du militaire. Enfin, il est conseillé de faire un stage linguistique pour s'immerger totalement dans la langue et la culture militaire. En effet, ce langage est uniquement parlé, il n'est que rarement transcrit par écrit.

La syntaxe :La syntaxe du langage militaire est aussi sommaire que rigoureuse : il faut s'exprimer par des phrases les plus courtes possibles, avec le minimum de fioritures : sujet + verbe + COD au maximum ; il est même conseillé d'omettre le verbe.
Exemple : "Schwartz, compte rendu !" signifie "Elève Officier de Réserve Schwartz, suite à la perte de matériel militaire, vous me ferez un compte rendu écrit pour demain sans faute".
Ce souci de concision peut aller jusqu'à l'utilisation d'interjections, voire de sons monosyllabiques, pour remplacer des phrases entières :"Vouuus !" : Garde à vous"Poooo !" : Repos"Aye aye" : Accélerez"Ope" : un ; s'utilise uniquement dans l'expression "ope dé" qui veut dire "un deux"Plutôt que de faire des phrases longues avec des subordonnées, il faut utiliser des appositions successives : on peut par exemple utiliser "à l'issue" pour relier des phrases entre elles. Cela permet de n'utiliser qu'un seul verbe pour plusieurs actions.Exemple : "Vous irez chercher vos Famas, à l'issue exercice de tir, à l'issue réincorporation, à l'issue repas".

Expressions et idiotismes :Les expressions qu'utilise un militaire sont généralement celles que ses supérieurs ont sélectionnées pour lui :
- En dotation : qu'on a
- Perception, réintégration : aller chercher, rendre
- A l'imitation : toujours faire pareil que son chef
- Qui va bien : à rajouter après un nom propre que l'on désire mettre en valeur
- Rapport à : au sujet de

Dans tous les cas, ces expressions se doivent d'être les plus imagées possibles
- "Sortez-vous les doigts du cul" (plus couramment S.V.D.C.) : bougez-vous
- "pêchu" : motivé, ou on risque d'en baver.
- "C'est la fête du slip" : c'est le bordel
- "Museau" : la ferme

Les insultes : le militaire en utilise beaucoup. Il serait impossible de les retranscrire toutes ici. Cependant certaines reviennent assez fréquemment :
- Tarlouse (la 12, c'est des...), blaireau, beat-nik...

Acronymes :Le militaire a l'habitude d'utiliser un grand nombre d'acronymes pour remplacer des expressions compliquées (comprenez plus de 3 mots) qui le plus souvent désignent une réalité simple que l'on désignerait dans le civil en un seul mot. Ce procédé a donc surtout pour utilité de rendre un conversation entre militaires impossible à comprendre pour un civil non entraîné.
En voici quelques exemples :
- P.M.F. : Personnel Militaire Féminin = une femme
- V.L. : Véhicule Léger = une voiture
- V.T.L.R. : Véhicule de Transport Léger Rural = une brouette
- A.N.P.V.P. : Appareil Normal de Protection à Visière Panoramique : un masque à gaz
- I.A.L. : Interface d'Alimentation Liquide = une paille
- B.A.B. : Bouchon Anti Bruit = des boules Quiès
- T.I.G. : Travaux d'intérêt Généraux : le ménage et les corvées
- E.V.A.T. : Engagé Volontaire de l'Armée de Terre = un engagé (existe-t-il des engagés involontaires ??! )
- R.C.I.R. : Ration de Combat Individuelle Réchauffable = une ration

Sans oublier les nombreux acronymes désignant des organismes de l'armée:
- D.F.G. : Direction de la Formation Générale
- D.G.F. : Direction Générale à la Formation etc...

Certains acronymes correspondent à des moyens mnémotechniques mais qui ensuite deviennent des noms à part entière :
- P.I.F. : Point à atteindre - Itinéraire - Formation = "Donnez moi un PIF !"

Figures de style :Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le militaire utilise beaucoup de figures de style.
En voici quelques exemples :
Les métonymies :
- l'ordinaire = la cantine (parce que ce qu'on y mange est vraiment ordinaire)
- T.D.F. : Terre De France (désigne la tenue de cette couleur)
- O.S. : ordre serré (sauf le matin 6H00) .
Tapez le talon gauche.- "Quand les talons claquent, l'esprit s'envole" Général de Gaulle
Les périphrases :
- le territoire national : la France
- Séance d'assouplissement des membres supérieurs : des pompes
Les euphémismes :
- opérationnel : encore en état de combattre pendant quelques heures

Le vocalulaire :
Les verbes :
- Chouffer = surveiller
- Se poster : se planquer dans les bois sous la pluie avec au moins un genou à terre.
- Grailler : au départ approvisionner son chargeur ; par extension, manger
- Psychoter : hésiter, avoir peur
Les noms :
- les bastos : les munitions
- les kékés : les fourrés
- un consultant : un malade
- un exempté : un malade ou un blessé
- une permission : des vacances
- la cohésion : l'esprit de groupe
- la popote : le repas
Les mots à éviter : Ce à quoi le débutant doit faire le plus attention, car il est facile de se tromper.
- "Excusez-moi", "pardon" : on ne s'excuse jamais dans l'armée. Au cas où, utiliser "autant pour moi"
- "Pourquoi" : ce mot n'existe pas, oubliez le
- "Réfléchir" : à utiliser avec modération car "réfléchir, c'est désobéir"
- "Logique" : notion inexistante
- "Informer" : à utiliser vers ses subordonnés, sinon utiliser "rendre compte"
- "OK" : reçu

Exercice de traduction :Pour vous entraîner, voici un petit exercice; essayez de traduire ce texte dans le langage militaire :



Le petit chaperon rouge :
Il était une fois une petite fille de village. Sa mère lui avait fait faire un petit chaperon rouge, qui lui seyait si bien que partout on l'appelait le petit chaperon rouge.Un jour sa mère lui ayant préparé des galettes lui dit :- "Va voir comment se porte ta grand-mère ; porte lui une galette et ce petit pot de beurre".Le petit chaperon rouge partit aussitôt pour aller chez sa grand-mère, qui demeurait dans un bois.Elle rencontra compère le loup, qui eut bien envie de la manger ; mais il n'osa pas, à cause de quelques bûcherons qui étaient dans la forêt. Il lui demanda où elle allait. La pauvre enfant, qui ne savait pas qu'il était dangereux de s'arrêter écouter un loup, lui dit :- Je vais voir ma grand-mère, et lui porter une galette avec un petit pot de beurre que ma mère lui envoie.- Demeure-t-elle loin ? lui demanda le loup- Oh oui, dit le petit chaperon rouge, c'est par-delà le moulin que vous voyez la-bas, à la première maison du village.- Eh bien ,dit le loup, je veux aller voir aussi. Je m'y rends par ce chemin-ci, et toi par ce chemin là, et nous verrons qui le plus tôt y sera.Le loup se mit à courir de toute sa force par le chemin le plus court, et la petite fille s'en alla par le chemin le plus long, s'amusant à cueillir desfleurs et à courir après les papillons. Le loup ne fut pas long à arriver à la maison de la grand-mère ; il frappe :- TOC TOC- Qui va là ?- c'est le petit chaperon rouge, dit le loup en contrefaisant sa voix, qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre.La bonne grand mère, qui était dans son lit parce qu'elle se trouvait un peu mal, lui cria :- "Tire la chevillette, la bobinette cherra"Le loup tira la chevillette, et la porte s'ouvrit. Il se jeta sur la bonne femme et la dévora. Ensuite, il ferma la porte et alla se coucher dans le lit de la mère-grand en attendant le petit chaperon rouge, qui quelques temps après, vint heurter la porte :- TOC TOC- "Qui va-là ? dit le loup en essayant d'adoucir un peu sa voix.- C'est le petit chaperon rouge : je vous apporte une galette et un petit pot de beurre.Le loup lui cria :- Tire la chevillette, la bobinette cherra.Le petit chaperon rouge tira la chevillette et entra. Se penchant sur le lit de sa grand mère pour lui parler, elle lui dit :- Ma mère grand, que vous avez de grand bras !- C'est pour mieux t'embrasser mon enfant.- Ma mère grand, que vous avez de grandes jambes !- C'est pour mieux courir mon enfant- Ma mère grand, que vous avez de Grands yeux !- C'est pour mieux te voir mon enfant- Ma grand mère, que vous avez de grandes dents.- C'est pour mieux te manger mon enfant !En disant ces mots, ce méchant loup se jeta sur le petit chaperon rouge, et la mangea, car il n'avait rien mangé depuis 10 jours.Moralité :Les jeunes enfants font très mal d'écouter toutes sortes de gens, car qui ne sait que ces loups doucereux, de tous les loups sont les plus dangereux.




La traduction :

COMPTE RENDU DE PERTE P.C.R
.J'ai l'honneur de vous rendre compte de l'existence d'une jeune P.M.F. rurale.Elle avait reçu en dotation une parka rouge, celle qui va bien. A l'issue, on l'appelait P.C.R. (Petit Chaperon Rouge). Le jour J, son supérieur parental lui fit percevoir une RCIR, avec le pain de combat qui va bien, à l'issue elle lui donna un MOICP :- Dans la direction de mon bras, ta grand mère; Vu ?- Vu- Porte lui cette RCIR- Reçu.A l'issue, le P.C.R. partit dans la direction de sa grand-mère, itinéraire le bois, en lisière militaire. Elle rencontra un loup qui voulait grailler, mais il psychota, à cause de PLO composées de bûcherons qui étaient sur zone. Il lui demanda un PIFLE P.C.R. ignorant les consignes de sécurité et de protection du secret militaire (TTA 130), lui rendît compte :- Je vais voir ma grand-mère et lui porter cette RCIR, ordre de ma mère.- Quelles sont ses coordonnées XY ?- Dans la direction de mon bras, 500 M, un moulin. Vu ?- Vu.- Deux doigts à droite du moulin, une maison. Vu ?- Vu- J'y vais aussi. Séparons nous. Equipe un : ce chemin-ci. Equipe deux : ce chemin là. Rendez-vous à H+3. Aye aye !Le loup progressa par bonds et en courant. La PCR se postait sans arrêt et progressait lentement dans les kékés. Le loup arriva à l'objectif à H-1. Il frappe :- BOUM BOUM- Halte là, qui va là ?- c'est le PCR, dit le loup en camouflant sa voix. Je vous apporte une RCIR, avec le pain de combat qui va bien.La grand-mère, qui était consigné en chambre parce que consultante, hurla :- Utilise le percuteur et l'extracteur cherraLe loup obéit. La porte s'ouvre. A l'issue, le loup se jette sur la PMF et la dévore. A l'issue, il referme la porte et va se poster dans le lit, non sans avoir vérifié qu'il était FOMECBLOT. Le PCR arriva et frappa à la porte :- BOUM BOUM- Halte là, qui va là ? dit le loup en camouflant sa voix- C'est le PCR. Je vous apporte une RCIR, avec le pain de combat qui va bien.Le loup lui ordonna :- Utilise le percuteur, et l'extracteur cherra.Le PCR obéit aux ordres car réfléchir c'est désobéir et entra. Elle se pencha sur le lit de sa grand mère pour lui parler. Elle lui dit :- Ma mère grand, que vous avez de grand bras !- C'est pour mieux faire des séances d'assouplissement des membres inférieurs mon enfant.- Ma mère grand, que vous avez de grandes jambes !- C'est pour être pêchu au Cooper mon enfant.- Ma mère grand, que vous avez de Grands yeux !- C'est pour mieux chouffer mon enfant- Ma grand mère, que vous avez de grandes dents- C'est pour mieux grailler mon enfant !Et disant ces mots, cette tarlouse de loup fit un bond sur le PCR, l'acheva à la pelle US et grailla car il n'avait eu que des RCIR depuis 10 jours !
Moralité : jamais le percuteur !


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