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lundi 25 novembre 2013

FRAC ? hors du concert de louanges


Passé l'empressement médiatique, la foule de l'inauguration (de toute façon, votre humble serviteur n'avait point reçu de carton...) se pressant autour du maire, des députés de la ministre de la culture et de Jack Lang dans les nouveaux locaux du FRAC à Dunkerque, voilà que l'on me traîne un samedi après-midi sur le site des anciens Ateliers et Chantiers de France (ACF), Normed pour les plus jeunes quoique s'ils aient moins de quarante ans, ce ne doit plus leur dire grand chose... De toute façon, le quartier en pleine restructuration, il ne reste plus grand chose des chantiers navals, m'intéresse, je l'ai connu en activité, j'ai vécu de loin sa fermeture, la braderie de ses matériels, la décrépitude de la friche industrielle et aujourd'hui sa reconquête dans le cadre du quartier du Grand large...


 Pour les Dunkerquois, la "cathédrale" c'est l'AP2, l'atelier Préfabriqué 2, dans lequel on construisait les éléments des bateaux en blocs que l'on montait ensuite sur les navires dans les cales de lancement qui le jouxtaient. Le haut bâtiment de béton est toujours debout, on a évacué la dernière entreprise qui y travaillait et en quelques années, l'on a édifié contre lui un bâtiment jumeau de poutrelles d'acier et de plaques de plastique translucides. La cathédrale "bis", translucide, semble presque identique... Pour la bâtiment donc, moins pour les collections, je consens donc à y aller...
  
  

Effectivement, on a le choix de grimper au "belvédère" tant vanté par la promotion qui se trouve au cinquième étage et dont, parait il, la vue est exceptionnelle... et puis, pour l'heure, l'accès est gratuit, il faut être pragmatique, la culture n'est pas donnée.... L'on entre donc et des portes vitrées laissent voir l'intérieur de l'AP2... bon, qu'en dire, le pont roulant est comme neuf, une Jaguar des années 80 et une montgolfière dégonflée trône dans le vase espace vide avec des photos géantes d'acteurs. Au fur et à mesure de l'ascension de petites salles s'ouvrent au public dont notamment au premier niveau, un petit espace consacré à la vocation maritime des lieux : quelques boulets de canon, des bottes de marin, une figure de proue, des statuettes évoquant marins et sauveteurs, des téléphones du chantier et quelques fanions d'armateur. Notable toutefois, la projection de lancement de quelques plus beaux fleurons des ACF... L'on va cependant de surprise en surprise (nous reviendrons cependant sur quelques oeuvres et l'étonnant concept d'art contemporain)... Murs impeccablement blancs et escaliers de béton brut, toles de plastique translucides ondulées laissant deviner le paysage au pied desquelles se trouvent les radiateurs... Quel paysage nous manquons là, coté plage comme coté port, le visiteur aurait mérité de le contempler autrement qu'au travers d'un matériau déformant et qui ira en s'opacifiant...
  
  
  
   
  

Arrivé au cinquième étage, la vue sur le port (d'abord les anneaux de plaisance puis plus loin le phare du Risban, les ARNO et Arcelor) se fait au travers d'un double vitrage elliptique en plastique épais, profilé comme une aile d'avion... et évidemment la vue est et reste trouble. Cela aurait été un si joli point de vue...

  
  

Quant aux "oeuvres" exposées, je ne dois point être dans l'air du temps: citons dans le désordre une pièce entièrement recouverte de papier carbone bleu qui se sont delayés avec des projection d'eau, des chaises de jardin communes portant des inscriptions faites au pinceau, un enchevetrement de rallonges et de blocs multiprises avec des ampoules basse-consommation posées au sol, un miroir maculé de sperme et qui, soyons honnête porte le titre évocateur de "miroir-sperme"... Des chaises cassées, des miroirs sales, un cube de verre securit félé... vraiment, très profond...
  
   
Et surtout la déconvenue de gens venus de Bruxelles et de Beauvais monté sur la côte voir "çà"! Au final il semble que la salle qui ait reçu le plus d'interet des visiteurs reste encore le réduit consacré à la construction navale... Alors non, je ne dois pas être dans l'air du temps, j'ai mis deux jours au moins pour me remettre de cette visite, je ne dois pas être assez "ouvert" ni "intellectuel" mais franchement, fallait il engager de tels sommes pour un tel résultat... Avouons, le choc culturel fut pour votre humble serviteur terrible, non décidement je ne comprends pas l'art contemporain et après avoir vu cela, je ne risque pas de chercher à comprendre...

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