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lundi 25 février 2013

Les démêlés des évêques de Cambrai avec leurs avoués…


In Gesta episcoporum Cameracensium, III, 40-12 ; édition MGH, SS, t. VII, pp 481-481, tradition de M. Faverot sous le titre erroné Chronique d’Arras et de Cambrai par Balderic, Valenciennes, 1836, pp. 343-346

Note : Les démêlés des évêques de Cambrai avec leurs avoués remplissent tout le XIe siècle. Ils ne diffèrent d’ailleurs que par leur intensité des conflits du même genre à propos des grandes abbayes. Les liens vassaliques étaient bien incapables d’harmoniser ces intérêts contraires.
Les Gestes des évêques de Cambrai, source historique de premier ordre fournissent le texte des serments prêtés par le châtelain Gautier et ses cautions à l’évêque Gérard Ier (1012-1051). On remarquera dans le premier pacte l’allusion aux Karlenses (terme que nous traduisons aujourd’hui – faute de mieux – par Carolingiens) : ce sont les habitants du royaume de France, un pays où la décomposition du pouvoir est la plus avancée et qui apparaît pour un observateur étranger comme la terre du désordre et du  péché.

«  Comme Gautier, parjure à ses promesses, retombait sans cesse dans ses fautes accoutumées, nous avons cru devoir rapporter ici la formule des conventions qu’il promettait toujours au seigneur évêque d’observer, au moment de la réconciliation, afin que le lecteur pieux puisse admirer la patience du prélat et déplorer non sans étonnement l’excessive cruauté du tyran. Voici la teneur de ces conventions :

« Je vous garderai la fidélité promise tant que je serai vôtre et que je tiendrai de vous des biens, sans tenir compte des usages et coutumes des Carolingiens, je vous témoignerai l’honneur que les chevaliers lotharingiens rendent à leurs seigneurs et évêques. Si je pèche contre vous et que je sois sommé de vous faire satisfaction, je vous ferai, à moins que vous me pardonniez, telle justice que les susdits chevaliers lotharingiens font à leurs seigneurs et évêques. »

Convention qu’Odon, Robert, Anselme et Lambert jurèrent à la requête de Gautier :

« Dorénavant, nous ne porterons atteinte ni à votre vie, ni à vos membres, ni à l’évêché de Cambrai, ni aux terres, châteaux et autres biens que vous possédez aujourd’hui et que vous pourrez acquérir dans la suite par notre conseil, sans préjudice aucun pour les droits que nous avons aujourd’hui ; nous ne nous donnerons aucun nouveau seigneur et nous ne nous procurerons aucun nouveau chevalier dans l’intention de détruire ce pacte. Si Gautier pèche contre vous et qu’il ne s’amende pas dans l’espace de deux fois quarante jours, nous ne lui prêterons aucun secours contre vous et sur votre réquisition nous vous aiderons fidèlement et loyalement. »

Tout le monde connait les nouvelles conventions que nous avons faîtes avec Gautier, notre vassal. Nous lui avons pardonné, pour l’amour de Dieu et par égard pour ses amis, les offenses inouïes dont il s’est depuis longtemps rendu coupable à notre égard, à la condition qu’il nous garderait dans la suite la fidélité que lui et ses amis nous ont alors jurée. Quoiqu’il ait enfreint cette promesse d’une manière horrible et inouïe, nous lui pardonnons derechef par cet acte, en considération de l’amour de Dieu et de l’intercession du roi Robert, de l’évêque Harduin, du comte Baudoin, du comte Odon,, et en outre d’Otton, de Robert et d’autres de ses amis qui ont fait cette convention afin qu’il remplisse mieux ses promesses que les fois précédentes. »

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