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vendredi 28 septembre 2012

autour du trésor de Childéric : Coco Lacour contre Bonnet Rouge


In P. Perin & L.-C. Feffer – Les Francs ; tome 1 : à la conquête de la Gaule – coll. Civilisations, Armand Perrin, Paris, 1987, 229 p. p 122
  
Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, le « trésor » de Childéric, après 1665, ne souleva pas le même intérêt à la cour de France qu’à Tournai et à Vienne. Les reliques de Childéric prirent d’abord place dans les collections royales conservées au Palais du Louvre, avant d’être transférées à la Bibliothèque royale de la rue de Richelieu, où elles semblent avoir été peu accessibles. En effet, tous les chercheurs qui s’intéressèrent à cette découverte se bornèrent à reproduire les planches de Chiflet. Un inventaire daté de 1864, conservé à la Bibliothèque nationale, permet néanmoins de connaître la composition exacte du célèbre trésor.

Ayant traversé sans encombre la période révolutionnaire, le trésor de Childéric fit les frais du vol rocambolesque qui fut perpétré à la Bibliothèque royale dans la nuit du 5 au 6 novembre 1831, sans que la presse judiciaire de l’époque (les archives de la police ayant disparu lors de la Commune de Paris) n’en fit une seule fois mention, à la différence d’autres pièces d’orfèvrerie tenues pour plus prestigieuses, tel la « Patère de Rennes », le « Plat de César » ou le « sceau d’or de Louis XII » ! 

Le vol fut commis par un forçat évadé, Fossard, dit « Bonnet rouge » et par son complice Drouillet, dit « le voyageur ». Tous deux furent rapidement arrêtés par le policier Coco Lacour, adjoint du célèbre Vidocq. Après une enquête pleine de rebondissements, les suspects avouèrent et il fut enfin possible de savoir ce qu’étaient devenus les objets volés en novembre 1831. Les objets en or massif avaient été fondus à la hâte aussitôt après le vol et on retrouva au domicile du dénommé Drouhin, complice de Bonnet Rouge, dix-sept lingots d’or. Les objets les plus difficiles à transformer en lingots, comme les pièces cloisonnées du trésor de Childéric, furent immergées dans la Seine près du Pont-Marie, et à l’aide d’une cloche à plongeur, on pût repêcher le nombre exact de sacs de cuirs indiqués par les accusés, à la fin de juillet et au début d’août 1832. Au total, 77 des 80 kg de pièces d’orfèvrerie et de médailles furent récupérées mais la perte était immense pour l’art et la science. C’est pourquoi, en ce qui concerne le trésor de Childéric, le livre de Chiflet est un document irremplaçable.

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