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vendredi 13 mars 2015

la lente renaissance de la chapelle des Jésuites Wallons de Saint-Omer

Le 16e siècle est celui des troubles religieux. En Flandre, le mouvement des iconoclastes , les briseurs d’images pieuses, s’arrête devant Saint-Omer. Pour survivre à la création des cultes protestants, l’Eglise catholique doit elle aussi se réformer. La Compagnie de Jésus (appelés Jésuites), fondée par Ignace de Loyola, y joue un rôle important. Ainsi, Gérard d’Haméricourt, évêque de Saint-Omer, fait appel à des Jésuites de Wallonie pour fonder un collège dès 1566, car  former la jeunesse est un enjeu important.
Pour accueillir toutes ces activités, la première église devient trop petite. Un nouvel édifice est mis en chantier de 1615 à 1640 sur les plans de Jean Du Blocq (1583-1656). L’architecte de la Compagnie réalise une synthèse d’architecture. D’une part, il s’inspire de l’architecture locale, de tradition gothique. Ainsi la nef de l’église comporte trois niveaux. Elle est bordée par des contreforts entre lesquels se logent des chapelles latérales . L’ensemble est couvert de voûtes à croisée d’ogives . Le  chœur se compose de cinq pans. Il est encadré par deux tours. D’autre part, il introduit des nouveautés. L’absence de transept favorise la diffusion de la parole. L’usage de la pierre et de la brique dessinent un élégant quadrillage. Sa façade monumentale superpose les quatre ordres de l’architecture .

Retour vers l'Antiquité

Ce retour à l’Antiquité s’exprime aussi dans le décor en pierre de l’édifice. De grandes volutes ornent les contreforts et les extrémités de la façade. A chaque niveau les pilastres portent des chapiteaux de style différent. Le portail en pierre bleue de Namur arbore des colonnes cannelées et des frontons enroulés. Sur la base des colonnes encadrant la porte sont sculptées des têtes de lion. Au-dessus, la frise se compose de trois traits verticaux (triglyphes) et de bucranes (cranes de bœuf), motif très en vogue dans l’Antiquité ! Dans le grand volume intérieur, un décor sculpté orne les murs de la nef. On remarque surtout la frise en latin illustrée d’images. Elle servait de guide de morale chrétienne.
 


















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