mardi 7 février 2017

Du Sud, nous passâmes au Nord... Les raisons de l'acquisition des Pays-Bas Espagnols à la France



Flandres, Artois, Hainaut, trois noms qui se partagent entre les départements du Nord et du Pas-de-Calais et dont la simple évocation rappelle l’existence d’une frontière. Dans l'esprit des Français, nous marquons vraiment la fin du territoire, le "bout du monde" plus d'ailleurs qu'une étape décisive dans la constitution de l'espace national... Le Nord, presque une destination mythique... Pour les habitants de nos contrées, nous qui étions des méridionaux, beaucoup de choses, assez rapidement, changèrent...

            Provinces méridionales des Etats Bourguignons, Flandres, Artois et Hainaut deviennent par la force des armes et la négociation des traités le nord du royaume de France. Leur possession est de la plus haute importance. Les Français n’ont de cesse d’en disputer la souveraineté aux Bourguignons puis aux Espagnols, plus de deux siècles durant. Les motivations sont assez simples à comprendre. Ces terres sont riches, fertiles, peuplées. Les artisans jouissent d’une grande renommée. Dans les campagnes aux terres lourdes, les paysans innovent et leur savoir-faire transforme les champs en jardin. L'on dit d'ailleurs que les paysans de ces contrées sont riches : ils peuvent mettre du beurre sur leur pain! C'est dire si la productivité est élevée! Quant aux seigneurs, leurs libéralités ont permis l’essor du commerce, les drapiers de Flandre vendent leurs produits à travers l’Europe. Les villes se muent déjà en ateliers, et ce bien avant la "Révolution Industrielle". Certaines villes sont connues dans le monde entier comme Hondschoote, capitale mondiale de la Sayetterie. Les familles de négociants ont tissé des liens à l'échelle de l'Europe et les relations avec les banquiers, la place sur les réseaux des foires européennes ont favorisé le commerce... A tout cela s'ajoutent des routes nombreuses, des voies navigables pratiques et entretenues, tout concourt à la richesse. Ce sont autant de raisons expliquant leur attrait. 
Puis il faut bien ajouter que l'esprit "protestant" n'est pas étranger à cette fortune. Non, l'argent n'est pas tabou, les affaires ne sont pas honteuses et ceux qui détiennent les leviers de la fortune ne les font pas reposer sur les seuls revenus de la terre et des fermages. Dans ces régions, les gens sont pragmatiques, tout simplement ! La noblesse ne vit pas retirée dans ses châteaux en campagne, au contraire, ils les délaissent la plupart du temps car ils ne résistent pas aux charmes de la ville.

le leitmotiv français : briser le «chemin de ronde des Habsbourg»!
            La politique d’acquisition mise en œuvre par la France a pour objectif immédiat de briser le «chemin de ronde des Habsbourg», cet ensemble de principautés et de royaumes qui cerne la France. Passés entre les mains des Rois d’Espagne, les vastes et riches Etats Bourguignons augmentent considérablement la menace qui pèse sur le royaume des Bourbon. En effet, l’Artois, entré dans les biens de la Bourgogne en 1369, passe à la France en 1477 sous le règne de Louis XI mais est abandonné aux Habsbourg en 1493. La Paix conclue en 1529 soustrait la Flandre et l’Artois à la suzeraineté du roi de France. Un «empire» continental se forme au grand dam de la France. Elle n'a pas d'échappatoire car bien que dotée de deux façades maritimes, elle n'est pas tentée par la mer. Sa puissance, elle ne la conçoit que terrestre, aussi il est impérieux de desserrer l'étau. On ne peut ou ne veut aller voir plus loin, outre-mer et donc on ne conçoit la défense (et l'économie) qu'en repoussant sans cesse les frontières terrestres.
 
            Prise en tenaille avec deux fronts possibles, la France est perpétuellement soumise au péril d’une invasion. Dans son duel avec Charles Quint, François Ier s’appuie au nord-ouest sur Montreuil et Thérouanne, au nord-est, dans la région entre Sambre et Escaut, sur Landrecies, Bouchain et Valenciennes. Sa ligne essentielle de places fortifiées, compte tenu de la possession de l’Artois et du Hainaut par les Habsbourg, prend appui sur Thérouanne puis sur l’Authie avec Doullens, qu’il relie à l’Oise à Guise, au Catelet à la source de l’Escaut et à celle de la Sambre à La Capelle. Lors du conflit de 1543, sa première ligne repose sur Le Cateau, Bois-l’Evêque, Landrecies, perpétuel objet de combats et de modernisations, Avesnes et la forêt de Trélon, en deuxième sur l’Oise par Guise, La Capelle et la forêt de Saint-Michel. Ce fut Charles Quint qui prit et renforça Landrecies, fit raser Le Cateau et construisit une citadelle à Cambrai sur l’Escaut. En 1557, la défaite de Saint-Quentin qui livrait le seuil du Vermandois et ouvrait la route de Paris, complétée par le traité du Cateau en 1559, ramène la France à organiser son repli sur l’Oise à La Fère et sur la ligne de la Somme. Profondément marqué par les invasions de 1594, 1595 et 1597 entre La Capelle, Doullens et Amiens, le roi Henri IV fit œuvrer l’ingénieur Errard, lequel construisit la citadelle d’Amiens et aménagea Abbeville, Le Catelet, La Fère et Laon.
 
            La situation s’aggrave lors de la Guerre de Trente ans. La France n'intervient que très tardivement dans ce conflit de dimension européenne. Elle n'est pas concernée au premier chef, puis, de toute façon elle n'est pas prête mais son entrée en lice est marquée par des débuts difficiles, catastrophiques même! Louis XIII doit faire face simultanément à la défaite de ses troupes, aux invasions espagnoles de Saint-Jean-de-Luz et des Iles de Lérins mais surtout à la menace des Tercios de Flandre sur la Picardie. Les régiments de piquiers espagnols sont redoutables et efficaces. 
La ligne de la Somme demeurant faible à Saint-Quentin, le cardinal Richelieu fait renforcer Abbeville, Corbie, Péronne, Saint-Quentin et Guise sur l’Oise mais Corbie est prise le 7 août 1636... Les Espagnols, forts de ce succès, pillent la Picardie jusqu’aux rives de l’Oise. Une prise qui met les portes de Paris à portée de main.
            Les affaires évoluent cependant favorablement pour les Français, dont les troupes pénètrent en Artois. Sur le front des Pays-Bas, la guerre est une guerre de siège. Il  faut ravir les places une à une. Hesdin est conquise en 1639. Arras est prise le 9 août 1640. L’année suivante, Bapaume est enlevée. Les Français, lentement, prennent pied au nord. Les défaites espagnoles sur mer comme dans le reste de l’Europe ne peuvent que préparer la voie à des conquêtes plus importantes encore.

Mettre sur pied le boulevard de France
            Pour l’heure, défendre Paris est une impérieuse nécessité : «L’acquisition des Pays-Bas Espagnols formerait à la ville de Paris un boulevard inexpugnable et ce serait alors véritablement que l’on pourrait l’appeler le cœur de la France et qu’il serait placé dans l’endroit le plus sûr du royaume, puisque l’on aurait étendu les frontières jusqu’à la Hollande et du côté de l’Allemagne...» (instructions données aux plénipotentiaires envoyés à Munster). Mazarin, qui a remplacé Richelieu, scelle l’avenir des provinces septentrionales dès 1646. Le souvenir du traumatisme provoqué à Paris par «l’année de Corbie» est alors encore d’actualité. C'est qu'à l'annonce de l'irruption des Espagnols dans cette petite ville de la Somme, Paris panique, tout ce qui peut embarquer dans les charettes et carrosses vers Chartres et Orléans est emmené hors de la capitale. Soudainement l'on prend conscience - autant dans la population que chez les "décideurs" - que le roi est "nu"... Rien ne peut entraver la marche de l'ennemi sur la cpaitale!
C’est cet épisode qui détermine définitivement Richelieu à poursuivre la guerre contre l’Espagne pour s’emparer des Pays-Bas du Sud et faire un boulevard - une ligne fortifiée - contre les Habsbourg. L’ingénieur De Ville modernise Landrecies, recouvrée momentanément de 1637 à 1647 et qui, appuyée sur Le Catelet, Bapaume, Arras, Hesdin, protège le seuil du Vermandois. En 1650, la ligne française s'arc-boutait plus ou moins correctement sur Béthune, Lens, Arras et Bapaume, suivant relativement le seuil du Vermandois et la ligne de la Somme. En face, les Espagnols s'appuient sur la Sambre, l'Escaut, l’Ecaillon, la Scarpe, Maubeuge, Landrecies, Le Quesnoy, Bouchain, Cambrai, et Douai. Les conflits des années suivantes eurent pour objet la prise de ces sites fortifiés. Turenne y affronta bien souvent Condé, passé aux Habsbourg.
 
            Si les Traités de Westphalie de 1648 mettent fin au conflit entamé à Prague en 1618, ils n’en éloignent pas pour autant le danger qui pèse sur les frontières de la France. Le royaume reste assiégé par ses voisins. Les Habsbourg de Madrid sont souverains des Pays-Bas Espagnols et veillent sur deux frontières car la Méditerranée reste leur domaine privilégié puisqu’ils possèdent aussi le Royaume de Naples. La Sardaigne et la Sicile sont, qui plus est, entre leurs mains. Quant aux Habsbourg d’Autriche, leurs positions en Europe centrale ne sont disputées que par l’avancée de l’Empire Ottoman. Cette guerre contre les Turcs ne doit cependant pas masquer l’importance de leurs possessions sur les marges orientales du royaume français: Brisach, le landgraviat de la Haute et Basse Alsace, Haguenau, Colmar, Selestat, Wissembourg, Landau, Obernai, Rosheim, Munster, Turckheim, pour ne citer que les plus significatifs. La menace qui pèse sur nos frontières est omniprésente.

Sceller une frontière perméable
            Pour la frontière septentrionale, la pression est d’autant plus forte que les Français ne sont jamais assurés de la stabilité des alliances qu’ils concluent. Versatiles, les alliés d’un jour sont souvent les ennemis de demain. Le mariage n’est même pas une garantie, la solution pour sécuriser la frontière du nord vient encore des armes. La Fronde contre le jeune Louis XIV sonne le tocsin. Ces troubles traumatisent le jeune Louis à plus d’un titre. Si ce n’est d’avoir été contraint à coucher sur la paille à Saint-Germain, c’est surtout la trahison de quelques nobles de haute-naissance qui le blesse profondément. L’occasion donnée aux Espagnols est ici trop belle. Ceux-ci, isolés et affaiblis par les efforts consentis lors de la Guerre de Trente Ans fournissent aide et soutien à nombre de Princes révoltés. Turenne et Condé trouvent quelque avantage à traiter avec Madrid. Cependant, il faut que le jeune Louis attende que les conditions lui soient favorables. L’Angleterre, retrouvant sa place dans le concert des nations, cherche à consolider sa nouvelle position en s'alliant au plus offrant. Ainsi, en dépit des promesses de Philippe IV d’Espagne, Cromwell conclut avec la France un traité d’amitié en échange de la cession de Dunkerque puis rompt ses relations avec Madrid. En 1657, Turenne porte enfin la guerre en Flandre, y entre à la tête de ses armées et met le siège devant Dunkerque. Finalement, Turenne bat l’armée espagnole, conduite par Condé et Don Juan d’Autriche, fils naturel de Philippe IV, à la bataille des Dunes le 14 juin 1658. Dunkerque capitule. Conformément aux accords initiaux, la ville est donnée aux Anglais après une entrée triomphale de Louis XIV le 25 juin. Les villes voisines tombent une à une: Bergues se rend le premier juillet, Gravelines le 27 août... L’Espagne capitule.
 
            A la suite de ces victoires, deux décisions importantes sont prises: le Traité des Pyrénées est négocié et finalement paraphé le 7 novembre 1659 et l’on conclut le mariage du jeune Louis avec l’Infante d’Espagne.
            En ce qui concerne les terres septentrionales, la négociation est simple. L’Artois revient en grande partie à la France, certes amputé des villes de Saint-Omer et d’Aire-sur-la Lys mais accru des flamandes Bourbourg, Gravelines et Saint-Venant. A celles-ci s’ajoutent les terres comprises entre le Quesnoy et Avesnes-sur-Helpe. Le traité porte les germes des prétentions françaises sur les terres au voisinage de l’Artois. Les deux comtés de Flandre et de Hainaut sont lentement grignotés par Louis XIV. Les clauses du Traité des Pyrénées lui en ayant ouvert les portes, sa  conquête ne peut que se poursuivre. 
 
            La mort de Mazarin laisse au jeune Louis XIV les mains totalement libres pour mener à terme sa politique d’acquisition. Il rachète aux Anglais pour 5 millions de livres la ville de Dunkerque afin de garantir un port supplémentaire face aux Anglais et aux Hollandais qui prétendent tenir les mers,

La guerre de dévolution ou l'habile pretexte des affaires maritales
            Le 17 septembre 1665, Philippe IV d’Espagne décède. Un enfant chétif et malingre de quatre ans, Charles II, lui succède. C’est au nom des intérêts et des droits de son épouse l’infante Marie-Thérèse, qu’il entre en Flandre à la tête de ses troupes, alléguant le droit de dévolution, coutume du Brabant qui permet d’attribuer tous les biens d’un défunt aux enfants d’un premier lit. La Guerre de Dévolution est une campagne fulgurante. Retardée par seconde guerre anglo-hollandaise, l’attaque française est mise en œuvre en quelques mois. La prise de Lille en septembre 1667 est le point d’orgue d’une campagne exemplaire. Les châtellenies de Lille, de Douai et d’Orchies passent définitivement à la France. La Flandre Gallicane, francophone, n’est plus sous souveraineté espagnole. Dunkerque a été rachetée cinq ans auparavant, achever la conquête n’est plus qu’une question de temps. Avec 50.000 hommes contre 20.000 Espagnols, la lutte est brève. Trois mois suffisent à enlever les places fortes qui souvent ouvrent leurs portes comme à Bergues. 
 
            Des hommes de valeur sont alors au service du jeune monarque, certains même sont remarqués. Vauban, à peine âgé de 35 ans prend Tournai en un jour. Cet ancien officier du rebelle Condé dirige le siège d’Ath malgré les blessures que le feu ennemi lui inflige. Il n’a guère de mal à s’imposer dans l’entourage du roi pour mettre en avant ses idées sur la manière de rendre imprenable cette région nouvellement acquise et dont le traité d’Aix-la-Chapelle, l’année suivante, confirme la possession. Ce n’est pas un territoire en tant que tel qui est cédé au vainqueur mais une suite de douze places fortes avec leurs dépendances: Furnes, Bergues, Armentières, Menin, Lille, Douai, Courtrai, Audenarde, Tournai, Ath, Binche et Charleroi passent sous l’autorité des Bourbon. Ce n’est pourtant là qu’une étape dans l’annexion des Pays-Bas du Sud.
 
            Une décennie plus tard, alors que la guerre bat son plein sur le Rhin, les combats se portent encore au nord du royaume, vers les Pays-Bas Espagnols. L’une après l’autre, les places fortes tombent dans l’escarcelle française: Liège en 1675, Condé et Bouchain en 1676, Valenciennes, Saint-Omer et Cambrai en 1677. L’occupation du terrain est systématique. Ces victoires précipitent les pourparlers de Nimègue où les négociations traînent depuis 1675. Des trois traités signés avec les puissances belligérantes, c’est encore l’Espagne qui paie le plus fort tribut. Pour prix de la concorde rétablie, Madrid doit consentir à abandonner aux Français la Franche-Comté sauvée à Aix-la-Chapelle, ses dernières villes d’Artois, le Cambraisis, les bailliages d’Ypres et de Cassel et le Hainaut avec les villes de Bouchain, Valenciennes, Condé et Maubeuge. En échange, elle reçoit des places de second rang devenues inutiles. 
 
            A ces gains français, il faut encore ajouter Gand et Ypres en 1678. Par ces traités, la France établit surtout une frontière linéaire, homogène, dont les saillants espagnols ont disparu. Ces nouvelles données permettent à Vauban de proposer la mise en œuvre du «pré carré», c’est-à-dire une double ligne de places fortes chacune courant de la mer du Nord à la Meuse pour fermer un territoire où les obstacles naturels manquent cruellement. La défense du royaume, pour le mettre enfin en sûreté, doit être confiée à une «ceinture de fer».
            C’est bien une nouvelle carte de France qui se dessine devant les yeux du dynaste.
 
Une conquête à confirmer dans les cœurs
Si la conquête militaire est fulgurante, se faire accepter des nouveaux sujets est moins facile. En Flandre notamment, les négociants et autres bourgeois craignent légitimement que le changement de souveraineté ne les coupe des débouchés aux Provinces-Unies.  De plus, l’arrivée des troupes ravive le souvenir des guerres précédentes, des pillages et des villes incendiées.
 
            Surtout, grâce aux efforts des Habsbourg pour contrer la Réforme et les idées luthériennes dont les tenants furent très actifs dans la région, la religion catholique a été restaurée dans les Pays-Bas du Sud. Elle y est profondément ancrée... Pour nombre de Flamands, Louis XIV est un roi très chrétien pas très catholique car, dans les limites de son royaume, il protège les Protestants, du moins jusqu’à l’édit de Fontainebleau en 1685, mais tout en attaquant les possessions des Habsbourg d’Espagne au moment même où les Habsbourg d’Autriche, représentant le ferme rempart de la Chrétienté, se heurtent aux Turcs. 
 
            Autre motif de suspicion, l’administration française qui accumule maladresses et autoritarisme au moment où la crise économique connaît un regain, en portant atteinte aux privilèges locaux, aux libertés et à nombre de libéralités fiscales. Les Intendants, dans les généralités nouvellement créées entravent la liberté d’enseigner, gênent le commerce par l’installation de bureaux de douanes. Enfin dans les villes, la présence de la troupe est perçue comme un danger. L’habitude de les loger chez l’habitant n’amène que promiscuité et gêne. La troupe n’est pas réellement bienvenue et l’on discute de l’opportunité du regroupement des troupes dans des casernes... permettant de les réunir en cas d’attaque comme pour les protéger des émotions populaires.
 
            En 1699, Vauban incite à la prudence. Dans son mémoire sur l’Etat des villes de la châtellenie de Lille par rapport à l’attaque et la défense, il remarque avec une certaine lucidité «Quand on ne donnera pas atteinte à leurs privilèges, qu’on ne les exposera point à la discrétion des fermiers et des traitants, pires que des loups à leur égard; qu’on ne les surchargera point; qu’on leur donnera part aux emplois de police et de finances; que les bénéfices de ce même pays, qui sont presque tous bons, ne seront pas toujours donnés à des Français, comme ils le sont aujourd’hui... En un mot quand on les traitera en bons sujets, comme les Espagnols les ont traités, il ne faut pas douter qu’ils oublient  leur ancien maître et qu’ils ne deviennent de très bons Français, leurs mœurs et leur naturel convenant beaucoup mieux avec les nôtres qu’avec ceux des Espagnols.»
            Petit à petit, institutions flamandes et espagnoles sont francisées, remplacées, adaptées à la mode française avec Parlement, Intendants, etc.... L’intégration au royaume achève de s'accomplir avec la fin du règne de Louis XIV, lors de la guerre de Succession d’Espagne.

Un fin de règne douloureuse
            L’astre pourtant décline. La fin du règne du roi de France et de Navarre est bien moins brillante que les victoires de sa jeunesse. La Ligue d’Augsbourg qui se constitue rassemble bientôt l’ensemble des cours européennes contre lui et la supériorité de ses armées est discutée. Il n’est que la ceinture de fer de Vauban qui préserve encore le royaume de ses ennemis. La guerre de la Ligue d’Augsbourg qui se résoud par la paix de Ryswick en 1697 l’oblige à rendre une partie de ses dernières conquêtes. Au nord, il faut se séparer des villes de Courtrai, de Mons, d’Ath, de Charleroi pour les rétrocéder aux Espagnols. En scellant cette paix, le royaume retrouve les frontières de la paix de Nimègue.

            La guerre de Succession d’Espagne corrige encore la frontière. L’Europe attendait la mort de Charles II depuis 1665. Le problème devait enfin se régler à partir de 1701. Bien qu’au nord, les troupes françaises résistent en s’appuyant sur les places fortes de Vauban, le Prince Eugène de Savoie bouleverse la stratégie française. Prenant la ville fortifiée du Quesnoy, il assiège Landrecies et menace la vallée de l’Oise. La situation est cependant rétablie par Villars qui coupe le Prince Eugène de ses arrières à Denain le 24 juillet 1712, offrant aux Français l’opportunité de négocier des conditions honorables.
 
            La paix d’Utrecht, signée en 1713, consacre l’existence d’une nouvelle géopolitique européenne, dans laquelle la puissance espagnole est enfin démembrée. Les gains territoriaux les plus récents de Louis XIV sont perdus mais les places fortes gagnées à Aix-la-Chapelle servent à tracer une nouvelle frontière qui ne change d’ailleurs plus par la suite.

mardi 31 janvier 2017

ces petits clins d'oeil interdits aux néophytes

Digue de Malo, sur la plage de Dunkerque, où on survécut aux deux guerres les fameuses villas, toutes dans des styles différents, trahissant les modes et l'éclectisme de la bourgeoisie des XIXe et début du XXe siècle, côtoyées par les immeubles nés de la reconstruction et de l'avènement du tourisme de masse, avrec plus ou moins de bon goût, se dresse une maison, jouxtant une villa de style muaresque, surmontée d'un dôme répondant à celui des Bains Dunkerquois... De fait, elle éclipse celle qui nous intéresse ce jour... Elle n'est pas "grandiose", ni exubérante... Elle porte seulement sur le bow-windows un simple nom..."Lakmé"..


Un nom pour le moins exotique et fort peu usité en nos contrées... Pourtant, le badaud que je suis ne peux jamais s'empecher d'avoir une petite musique en tête en passant devant elle, le "duo des fleurs" de Leo Delibes... que beaucoup connaissent à cause d'une publicité pour un parfum il y a quelques années mais sans jamais savoir nommer le compositeur.

Un air d'opéra qui, côté vocalise, est un morceau de bravoure... Malheureusement rien ne nous dit que la villa fut une villégiature de Delibes, mais certainement sa notoriété à l'époque, valait bien un nom à la batisse qui se dresse face à la l'estran...

 Clément Philibert Léo Delibes, connu comme Léo Delibes, est un compositeur français né à Saint-Germain-du-Val (aujourd’hui agglomération de La Flèche / Sarthe)en et mort à Paris en.

Léo Delibes est le fils d'un père postier — mort prématurément — et d'une mère musicienne amateur talentueuse. Il réside chez sa belle-mère Mademoiselle Denain à Clichy dans les Hauts-de-Seine. Il étudia au Conservatoire de Paris avec Adolphe Adam et obtint un premier prix de solfège en 1850. En 1866, lors de la création du ballet La Source, composé en collaboration avec un spécialiste du genre, Léon Minkus, les pages écrites par Delibes attirèrent l'attention des musiciens et des ballettomanes. Plus tard, on confia à Léo Delibes seul, la composition d'un nouveau ballet, Coppélia, ou la fille aux yeux d'émail. Créé à l’Opéra de Paris en 1870, ce fut un triomphe. Basé sur une histoire de l’écrivain allemand Ernst Theodor Amadeus Hoffmann, il conte la destinée du vieux Dr Coppelius et de sa poupée Coppélia. En 1874, il mit en musique un texte posthume d'Alfred de Musset intitulé Nous venions de voir le taureau, sous le nom Les Filles de Cadix. En 1876, il publia Sylvia ou la Nymphe de Diane, ballet dont l’action se déroule en Grèce. Grand amateur de danse, Tchaïkovski admirait ces deux ballets. En 1882, Delibes écrivit un pastiche d’airs et de danses anciens pour Le Roi s’amuse de Victor Hugo, qui avait fourni plus tôt le sujet du Rigoletto de Verdi.
 
Son célèbre opéra Lakmé, qui narre l’amour impossible d’un officier britannique et de la fille d’un prêtre de Brahma dans l’Inde du XIXe siècle, confirma sa gloire. La Scène et légende de la fille du paria, dit Air des clochettes est un morceau de bravoure pour les sopranos coloratures. Son duo Lakmé/Gérald D’où viens-tu ? Que veux-tu ? est également fameux, ainsi que le Duo des fleurs de l'acte I entre Lakmé et sa servante Mallika. En 1884, Delibes est élu membre de l’Académie des beaux-arts.
 
Delibes reste dans les mémoires comme un maître de la tradition musicale française, légère et mélodieuse, comme il le proclamait lui-même : « Pour ma part, je suis reconnaissant à Wagner des émotions très vives qu’il m’a fait ressentir, des enthousiasmes qu’il a soulevés en moi. Mais si, comme auditeur, j’ai voué au maître allemand une profonde admiration, je me refuse, comme producteur, à l’imiter. »
Delibes mourut en laissant un opéra inachevé, Kassya, qui sera orchestré par Jules Massenet.
En 1957, l'une de ses mélodies, Les Filles de Cadix, sous le nom The Maids of Cadiz, fut interprétée par Miles Davis et orchestrée par Gil Evans pour l'album Miles Ahead.
 

dimanche 29 janvier 2017

aux premiers temps de la défense des terres du Nord, un passé oublié



            De vastes plaines, des marais et des cours d’eau paresseux, pas de montagnes mais quelques collines et une chaîne de monts de faible altitude avec de larges espaces entre eux, le littoral ouvert à toutes les marées et régulièrement soumis aux transgressions, surtout au nord: voilà le paysage qui s’offre au regard du voyageur qui s’y hasarde. L’absence d’obstacle facilite la circulation et si les marais, les rivières ou les forêts ralentissent l’ennemi, ils ne les arrêtent pas. Il y a déjà des routes, ce qui explique la progression romaine mais le paysage n'est pas réellement ouvert, les marais sont nombreux, les îles ou se réfugier aussi... Non, assurément, les terres septentrionales ne sont pas accueillantes.

            Si César avance que de tous peuples de la Gaule, les Belges sont les plus braves, c’est qu’ils surent mettre à profit les difficultés du terrain contre lui. En s’installant, les romains découvrent deux types d’habitat: des aedificia et des oppida. Les premiers sont de simples fermes, les seconds sont des habitats fortifiés prévus pour une population plus nombreuse, à l'utilisation discontinue. Cependant, l’oppidum est rare. A ce jour, l’on en dénombre que quatre: Avesnelles-Flaumont-Waudrechies (dit «Camp de César») et Etrun-sur-Escaut, situés sur le territoire des Nerviens; et en terre atrébate, Etrun (près d’Arras) et Noyelles-Vion. Sur la côte, le besoin de telles constructions ne se fait pas sentir. En effet, selon le géographe Strabon, les habitants se réfugient l’hiver sur les îles qui se forment dans les marécages. Les oppida ne sont pas occupés en permanence. Seul un péril imminent pousse les populations des alentours à s’y rendre, expliquant l’importance de la superficie: à l’oppidum d’Etrun près d’Arras, l’on mesure 40 hectares clos par un mur de 5 mètres de haut d'une réelle ingéniosité dans son mode de construction. Les celtes ne sont pas les sauvages que l'on se complairait aisément à décrire, d'ailleurs nombre de leurs inventions sont récupérées par l'occupant transalpin.

La paix romaine
            Malgré la Pax Romana, instaurée par Rome, permettant de reporter l'effort sur la conqup^^ete de nouvelles terres puis la défense des frontières, le destin militaire de certaines villes s’ébauche déjà.  Boulogne, partagée entre la ville basse Gesoriacum, et Bononia la ville haute, est lieu stratégique car le port accueille la Classis britannica, la flotte que Caligula établit en vue d’une invasion de la Bretagne, réalisée finalement par Claude en 43. Elle devient le point de départ de nombreuses liaisons outre-Manche. Pour en assurer la protection, la ville haute accueille un camp militaire. Le mur d’enceinte mesure 400 mètres sur 300 et délimite l’espace de casernement. D’autres camps sont édifiés comme à Cassel, sur un site exceptionnel: une butte de 176 mètres d’altitude face à la mer, à l'emplacement même de l'oppidum ménapien.

            Les crises intenses du Bas-Empire contraignent les habitants des villes à élever des enceintes. Elles en sont pas des élèments de décor concédés comme un honneur comme on le vit à Nîmes dans le Gard... Ici, le péril est réel et avéré. Dans la région, les premiers coups contre l’Empire sont portés par les Chauques, des Germains venus de la région comprise entre l’Ems et l’Elbe vers 160. Rome n’est plus crainte et sa richesse attire. Dans la seconde moitié du IIIe siècle, les Francs franchissent la frontière rhénane sur laquelle il faut désormais concentrer tous les efforts. Pirates Chauques, guerriers Francs et Saxons se risquent à de fréquentes et profondes incursions, des raids avant de penser à s'installer définitivement, poussés qu'ils sont par d'autres peuples venus de l'Est. A ces peuplades s’ajoutent les catastrophes naturelles. La côte flamande est à nouveau recouverte par les eaux lors d’une dernière transgression dunkerquienne. L’estuaire de l’Aa se transforme en golfe. Sithiu, la future saint-Omer devient un port de mer, le littoral s'égrène en îles soumises aux caprices de la marée.

            A leur reconstruction, les villes se replient sur elle-mêmes, le danger persistant. Pour clore efficacement le périmètre à défendre, la superficie urbaine se réduit sensiblement. A Arras, le castrum se resserre autour de la place de la préfecture. A Bavay, le forum est transformé en camp retranché de quatre hectares avec muraille et fossé de huit mètres de large et trois de profondeur.  A Arras, la ville ne s’étend plus que sur 9 hectares. Toute ville un tant soit peu importante reçoit sa muraille à laquelle s’adossent des tours semi-circulaires: aux villes déjà citées s’ajoutent Cassel, Thérouanne, Cambrai, etc. Les campagnes voient apparaître, çà et là, quelques tours de guet et quelques camps de petite taille, des castella. La fortification n’est pas ici entreprise systématiquement, elle ne fait que répondre aux dangers les plus immédiats comme à Famars (Fanum Martis, le Fanum de Mars) où le castellum enserre les thermes et le sanctuaire.

            Au cours du IVe siècle, une réorganisation des provinces romaines est rendue nécessaire par la force des invasions. Le rivage de la Province de Belgique Seconde redevient un enjeu stratégique. Sur les deux rives de la Manche, l’on édifie le litus saxonicum, un mur qui suit le nouveau tracé de la côte et sur lesquels s'égrènent une série de forts. La menace vient de la mer, le littoral permet tous les atterrages possibles... A l’intérieur, les routes sont protégées par des burgi, dont on détecte encore la trace au centre de Bergues, par exemple, avec cette rue circulaire qui part et aboutit au pied de l'actuel beffroi... Ces petites villes se dotent d'un rempart le plus souvent circulaire. Le reste de la défense est confiée à des castella où l'on installe des troupes de barbares fédérés. Désormais, la ville se définit comme un clos de mur à défaut de muraille. Lentement, la physionomie des villes et des campagnes change. L’Empire est dépecé par les chefs de guerre devenus des roitelets, régentant de petits territoires. Les traces des édifices qu’ils érigent sont insignifiantes car leurs habitations sont bâties en bois avec poteaux et sablières basses. Il serait cependant hasardeux de conclure pour autant à l’absence de fortifications car le bois, les claies et les ronces fournissent peu de reliques.

Renaissance carolingienne et Hommes du Nord...
            Finalement, le salut vient de la Renaissance carolingienne. Les murailles réapparaissent dans les provinces septentrionales. A nouveau, le pouvoir est fort, n’est pas débordé par ses serviteurs qui désormais sont contrôlés. Il incite à la reconstruction de fortifications, qu’il contrôle encore. Il faut donc attendre la déliquescence du pouvoir royal pour que le phénomène castral explose.

            L’histoire carolingienne est marquée par l’arrivée d’un nouvel ennemi. A partir de 793, Danois, Norvégiens, Suédois déferlent sur les côtes de Baltique et de Mer du Nord. De la même façon que quatre cents ans auparavant, le littoral est en première ligne. Pour les combattre, Charlemagne arme une flotte en Mer du Nord et en profite pour reconstruire la Tour d’Odre, le phare que les Romains avaient édifié à Boulogne. Ses successeurs ne peuvent que renforcer le rôle militaire de la région. Barrer la route aux Normands est une tâche quasiment impossible mais vitale. En remontant les rivières, les envahisseurs atteignent des terres plus riches, délaissant le pauvre littoral. L’Escaut leur ouvre une route vers les abbayes de Gand, vers Tournai et Cambrai. Par la Scarpe, ils accèdent aux abbayes de Saint-Amand et de Saint-Vaast puis à Arras, qu’ils pillent en 880 et 881. L’Aa leur permet de prendre l’abbaye de Saint-Bertin puis la proche ville de saint-Omer... Quant à Thérouanne, qui aurait été pillée successivement - selon les chroniqueurs - en 850, 861 et 881, ils y parviennent par la Lys. Après avoir dévasté Boulogne et Quentovic, suivre la Somme ouvrait la route d’Amiens pour, depuis cette ville, dévaster ensuite les abbayes de Saint-Riquier et de Corbie, cibles de choix. Finalement, la défense à l’intérieur des terres s’organise avec la construction de castra dans lesquels les Francs se réfugient. La fortification seigneuriale privée s’impose.
 
            Face à cette menace récurrente, les villes se dotent d’enceintes, souvent modestes. Arras est fortifiée après 882 et peut alors résister. Les habitants de Saint-Omer repoussent les Normands en 891 en se retranchant derrière une enceinte sommaire. Entre 888 et 901, Cambrai relève ses murailles. Les chroniqueurs de Saint-Bertin rapportent même que des fortifications sont érigées sur la côte, rappelant la ligne du litus saxonicum. De Burg-op-Schouwen à Bourbourg, les Bourgs («burgi») sont établis. Ce sont de véritables villages fortifiés, reconnaissables à leur enceinte circulaire comme à Bergues. A côté des villes, cependant, un nouveau modèle de fortification se répand peu à peu.

Le temps des Seigneurs
            L’Empire Carolingien, divisé en trois en trois royaumes au partage de Verdun en 843, voit se multiplier les grandes principautés. C’est le temps des Seigneurs. L’Europe ne se couvre pas seulement d’un «blanc manteau d’églises», elle voit aussi se dresser des châteaux de plus en plus nombreux tant dans les villes que dans les campagnes en adoptant un nouveau modèle: le château à motte. Ces habitations sont à la fois maison seigneuriale et réduit fortifié. Leur place a une utilité précise: au centre des terres, sur un lieu de passage à protéger ou à taxer. De façon générale, le château primitif se présente comme un tertre, le plus souvent artificiel, sur lequel se dresse une tour de bois. La terre provenant du creusement du fossé qui l’entoure est amassée à la base du donjon. La plupart du temps, le bord de la plate-forme sommitale est défendu par une palissade. Le bois est un élément essentiel car abondant dans nos régions, il peut être travaillé par n’importe quel paysan. Moins cher que la pierre et la brique, il souffre néanmoins d’un défaut rédhibitoire: il est très sensible au feu, trop même. Il sera remplacé seulement sur les seules mottes devenues séculaires. L’ensemble se double fréquemment d’une basse-cour, souvent séparée de la motte par un fossé.

            Avec l’évolution des techniques, de meilleures finances et surtout une importance grandissante de certaines familles, ces fortifications évoluent sensiblement et les donjons sont agrandis. A Douai, la résidence comtale érigée vers 946 par Arnoul Ier est renforcée par le roi Lothaire et perfectionnée durant le dernier quart du X° siècle par le Comte Arnoul II de Flandre. Le donjon en bois mesure alors 4,5 mètres de côté, la plate-forme est protégée par une palissade de bois, de même que le pont qui en permet l’accès l’est par une petite tour. Idem à Valenciennes, où le donjon primitif a été remplacé dès 1226 par l’Eglise des Frères Mineurs. A Tourcoing, aux XI° et XII° siècles, un château à plusieurs basses-cours est édifié, né d’une motte construite vers l’an Mil. A Lille, une motte de grande taille est dressée entre les cours des haute et basse Deûle, dans les entrelacs de la rivière, entre le castrum constitué autour de la collégiale Saint-Pierre et le forum. Placée au point le plus faible de la fortification, cette butte était impressionnante: une base de 150 mètres sur 90, une plate-forme sommitale de 42 mètres de diamètre et une hauteur de 12 mètres. Perdant toute utilité avec l’élargissement des remparts, au sein desquels elle est rapidement englobée, sa fonction change régulièrement. Arasée par les Ateliers nationaux en 1848, son importance peut encore se constater sur les cadastres et le plan-relief.

            Petit à petit, l’ostentation et les considérations stratégiques se rejoignent. Les rivalités seigneuriales se gravent dans la pierre tandis que les comtes eux-mêmes doivent se maintenir face à leurs vassaux. Si les seigneurs édifient des châteaux, les communes ne sont pas en reste. Avant 1100, quelques villes sont entourées d’une levée de terre complétée par une douve et un vallum en bois ou en haie vive que l’on finit par remplacer par des murs maçonnés.
            La brique triomphe du bois car l’argile et le sable foisonnent. Certaines villes acquièrent renommée par la production de leurs briqueteries. Les tours s’élèvent, massives, et les murs se percent de bouches à feu et de meurtrières. Les douves s’élargissent et s’approfondissent. La défense des murs est encore assez sommaire: en haut, l’on dispose de créneaux et de mâchicoulis et l’on coiffe l’ensemble de hourdages le temps du conflit. Il manque néanmoins des modèles à suivre.Ils ne tarderont pas cependant à s'imposer...