mardi 15 septembre 2015
Le retour de Jean Bart
Inaugurée le 7 septembre 1845 en présence de l'Amiral prince de Joinville, journée faste où fut chantée pour la première fois la fameuse cantate qui retentit à chaque rigodon marquant la fin de la bande des pêcheurs, la statue de Jean Bart constitue le point de ralliement des Dunkerquois. Elevée sur l'ancienne place royale qui prit le nom du corsaire dunkerquois, la statue de David d'Angers (à qui l'on doit aussi la statue de Gerbert d'Aurillac, le pape de l'an Mil) est passée au travers des guerres. Cernée par les bombes et les pavés projetés en l'air par les bombes de la Grande Guerre, épargnée par les tirs de la Seconde et par les occupants allemands, impossible de trouver un Dunkerquois qui ne sache pas les grandes lignes de ce qui lui valut son anoblissement par Louis XIV. Pour les détails, par contre, c'est un peu plus difficile mais il reste un symbole. Né sous la couronne d'Espagne, devenu Français au rachat de la ville en 1662, fils du peuple devenu chef d'Escadre à une époque où l'on achetait plus facilement son brevet qu'on ne le gagnait, roturier devenu noble, sujet récent de la couronne de France qui sauva le royaume de la famine après la bataille du Texel, tous les symboles sont interprétables dans son histoire et dans le rapport que les Dunkerquois entetiennent avec lui. Néanmoins, au terme de 170 ans soumis aux vicissitudes historiques et météorologiques, l'actuelle municipalité a décidé de lui offrir une cure de rajeunissement. Encagé quelques semaines dans de hauts échafaudages bachés, soustraits à la vue du public hormis quelques curieux qui n'ont pas hésité à entailler les baches, la rénovation a entretenu l'intérêt du public... qui vit sa curiosité satisfaite samedi 12 septembre 2015... Les commentaires entendus dans la rue comme sur les reseaux sociaux sont tranchés, les uns adorent, les autres detestent et beaucoup en plaisantent... Nous vous laissons seuls juges et pour cela, vous trouverez ci après quelques photos datant d'avant la rénovation et bien entendu, la statue telle que nous pouvons la voir depuis quelques jours...
vendredi 11 septembre 2015
si vous passez par Dunkerque en ce jour
Malgré de nombreuses vicissitudes, la statue de Jean Bart est un point de repère qui a passé haut la main les deux guerres à Dunkerque. Depuis 170 ans, l'oeuvre de David d'Angers se dresse sur l'ancienne place royale de la ville et a reçu cette année sa première cure de jouvence... Elle sera dévoilée ce jour au public, comme une nouvelle inauguration... si d'aventure vous passez par là...
journées du Patrimoine 2015 au fort de Leveau
Les 19 et 20 septembre, le fort ouvrira ses portes comme tous les ans à l'occasion des journées européennes du patrimoine.
Le samedi soir de 20h à minuit, une balade nocturne sera proposée au public . Le dimanche de 9h à 18h, le public pourra découvrir le fort et son musée en visite libre ou guidée.
Le dimanche à 11 heures, aura lieu l'inauguration de la nouvelle exposition temporaire consacrée à l'histoire des Femmes durant la Grande Guerre.
Entrée gratuite !
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samedi 5 septembre 2015
Dans le Nord, les citadelles du XVIIe font peau neuve
Autrefois "cités interdites", occupées par les militaires, les
citadelles du Nord de la France s'offrent une cure de jouvence avec des
programmes ambitieux, devenant des quartiers de ville où l'on pourra
étudier, dormir ou se divertir, à Amiens, Arras et Lille.
"C'est un sacré défi de transformer une cité militaire, conçue pour
être repliée sur elle-même, de l'ouvrir et d'en faire un quartier de
ville !", s'exclame Patrice Joosep, directeur général adjoint de la communauté urbaine d'Arras, qui gère la citadelle.
Maillon du "pré carré" dessiné par Vauban (1633-1707) afin de défendre la frontière nord du royaume de France contre la menace venue des Pays-Bas espagnols, la citadelle (de l'italien cittadella, petite ville) d'Arras était conçue pour abriter une garnison de 1.500 soldats et répondre à leurs besoins : dormir, manger, prier et bien sûr défendre les lieux. Quand, en 2009, les derniers militaires quittent "La Belle inutile", la communauté urbaine hérite d'un cadeau empoisonné. Que faire de ces 47.000 m2 de bâtis sur quinze hectares, un joyau de l'architecture militaire, "où il faut trois formulaires, cinq autorisations et dix courriers pour planter un clou dans une porte", dixit M. Joosep ?
Après quelques projets farfelus, dont un parc d'attraction consacré à Louis XIV, la communauté urbaine opte pour la "mixité de fonction". Cinq ans après les travaux et 45 millions d'euros investis -aux trois-quarts, des fonds privés-, la citadelle, labellisée patrimoine mondial de l'Unesco, offre un étonnant catalogue d'usages : des logements, une pépinière d'entreprises, une fromagerie dans une ancienne poudrière, un data center au pied d'un bastion, un
parcours d'accrobranches, une miellerie, le festival de musique du Main Square festival ou encore une école formant aux métiers de bouche... La mutation du lieu n'est pas encore achevée, il reste à transformer le beau bâtiment en brique et pierre de l'arsenal et la porte royale. Mais la communauté urbaine laisse planer le mystère sur leur usage...
Maillon du "pré carré" dessiné par Vauban (1633-1707) afin de défendre la frontière nord du royaume de France contre la menace venue des Pays-Bas espagnols, la citadelle (de l'italien cittadella, petite ville) d'Arras était conçue pour abriter une garnison de 1.500 soldats et répondre à leurs besoins : dormir, manger, prier et bien sûr défendre les lieux. Quand, en 2009, les derniers militaires quittent "La Belle inutile", la communauté urbaine hérite d'un cadeau empoisonné. Que faire de ces 47.000 m2 de bâtis sur quinze hectares, un joyau de l'architecture militaire, "où il faut trois formulaires, cinq autorisations et dix courriers pour planter un clou dans une porte", dixit M. Joosep ?
Après quelques projets farfelus, dont un parc d'attraction consacré à Louis XIV, la communauté urbaine opte pour la "mixité de fonction". Cinq ans après les travaux et 45 millions d'euros investis -aux trois-quarts, des fonds privés-, la citadelle, labellisée patrimoine mondial de l'Unesco, offre un étonnant catalogue d'usages : des logements, une pépinière d'entreprises, une fromagerie dans une ancienne poudrière, un data center au pied d'un bastion, un
parcours d'accrobranches, une miellerie, le festival de musique du Main Square festival ou encore une école formant aux métiers de bouche... La mutation du lieu n'est pas encore achevée, il reste à transformer le beau bâtiment en brique et pierre de l'arsenal et la porte royale. Mais la communauté urbaine laisse planer le mystère sur leur usage...
'On ne la voyait plus !'
A une heure plus au sud, ce sont les pelleteuses et les marteaux piqueurs qui eux résonnent au milieu de la citadelle d'Amiens. "Cette
citadelle a été complètement fermée au public depuis sa création en
1622 ! L'occasion est offerte de l'ouvrir à tous en proposant une
nouvelle vocation et une mixité d'usages", expose Jean-Maurice Moulenne,
directeur du projet, où travaillent plus de 200 ouvriers.
Depuis le toit du grand casernement, on distingue la cathédrale gothique et la tour Perret. Ce programme ambitieux (111 millions d'euros de fonds publics) doit permettre d'implanter au milieu de la citadelle construite par le père spirituel de Vauban, Jean Errard (1554-1610), les départements de langue, histoire et philosophie de l'université de cette ville comptant 26.000 étudiants.
Après un concours d'architecture international (avec Tadao Ando, Richard Rogers ou encore Jean Nouvel), c'est Renzo Piano, concepteur du centre Pompidou à Paris, qui tente "de mettre une université dans un fort", en faisant attention "à ce que dans la journée, enseignement et vie quotidienne se mélangent", selon les termes du Génois.
Autour d'une large place d'armes, les 4.000 étudiants auront à disposition en septembre 2016 cinq amphithéâtres, une bibliothèque, mais aussi une cafeteria et des commerces, dans un mélange prometteur d'architecture militaire et contemporaine. "C'est un chantier fondamental pour le positionnement universitaire d'Amiens mais aussi pour la liaison entre le nord et le centre ville", explique Jean-Yves Bourgois, élu et Président d'Amiens Aménagement, en référence aux quartiers sensibles situés au nord de la capitale picarde, théâtre d'émeutes urbaines en 2012.
Depuis le toit du grand casernement, on distingue la cathédrale gothique et la tour Perret. Ce programme ambitieux (111 millions d'euros de fonds publics) doit permettre d'implanter au milieu de la citadelle construite par le père spirituel de Vauban, Jean Errard (1554-1610), les départements de langue, histoire et philosophie de l'université de cette ville comptant 26.000 étudiants.
Après un concours d'architecture international (avec Tadao Ando, Richard Rogers ou encore Jean Nouvel), c'est Renzo Piano, concepteur du centre Pompidou à Paris, qui tente "de mettre une université dans un fort", en faisant attention "à ce que dans la journée, enseignement et vie quotidienne se mélangent", selon les termes du Génois.
Autour d'une large place d'armes, les 4.000 étudiants auront à disposition en septembre 2016 cinq amphithéâtres, une bibliothèque, mais aussi une cafeteria et des commerces, dans un mélange prometteur d'architecture militaire et contemporaine. "C'est un chantier fondamental pour le positionnement universitaire d'Amiens mais aussi pour la liaison entre le nord et le centre ville", explique Jean-Yves Bourgois, élu et Président d'Amiens Aménagement, en référence aux quartiers sensibles situés au nord de la capitale picarde, théâtre d'émeutes urbaines en 2012.
"Un Central Park à Lille"
A Lille, la "Reine des
citadelles", qui lança la carrière auprès de Louis XIV du jeune Vauban,
est l'une des rares à avoir conservé sa vocation militaire avec la
présence à l'intérieur des vieux murs du quartier général du corps de
réaction rapide de l'armée. Mais tout autour de ses bastions, la
citadelle, surnommée "le Central Park lillois" (90
hectares), est devenue au fil du temps un lieu de villégiature prisé
(zoo gratuit, parcours de footing, jeux pour enfants). Mais "on ne la
voyait plus", observe Jacques Richir, adjoint au maire chargé du cadre
de vie, notamment en raison d'un parking géant et d'arbres mal placés.
"On remet la citadelle en scène dans la ville, elle va redevenir visible", se félicite-t-il, avec la reconstitution des ouvrages militaires disparus, le glacis et le chemin couvert et une promenade d'un kilomètre le long de la Deûle, d'après un projet du paysagiste Michel Corajoud (1937-2014), auteur des quais de Bordeaux.
Le chantier doit s'achever au printemps 2017 pour un coût de 23 millions d'euros.
"On remet la citadelle en scène dans la ville, elle va redevenir visible", se félicite-t-il, avec la reconstitution des ouvrages militaires disparus, le glacis et le chemin couvert et une promenade d'un kilomètre le long de la Deûle, d'après un projet du paysagiste Michel Corajoud (1937-2014), auteur des quais de Bordeaux.
Le chantier doit s'achever au printemps 2017 pour un coût de 23 millions d'euros.
source : France 3 Nord-Pas-de-Calais
mercredi 2 septembre 2015
le Jean Bart, dreadnought de la Grande Guerre
Le cuirassé déployé durant la première guerre mondiale est long de 165 mètres et large de 27, le "Jean Bart" a 9,02 mètres de tirant d'eau et déplace 23.467 tonnes. Ses turbines, d'une force de 29.000 chevaux, donnent une vitesse moyenne de 20 noeuds. Armé de 12 canons de 305 répartis en six tourelles, elles sont placées par quatre en quadrilatère et deux superposées dans l'axe. Ces tourelles sont à trois niveaux différents au-dessus de la flottaison : 11,5 m, 9 m et 6,5 m... Le "Jean Bart" peut tirer en seule bordée dix de ses pièces de 305 ce qui permet de concentrer sur l'adversaire une masse de 4.100 kg de projectiles. Quant à l'armement secondaire, il est constitué par 22 pièces 138 et quatre tubes lance-torpilles sous-marins...
La vie du croiseur ne se résume pas au combat. Ici c'est jour de blanchissage sur le "Jean Bart", les matelots ont suspendu leur linge sur le pont du cuirassé. Au début de la guerre, le "Jean Bart" battait pavillon de l'amiral Boué de Lapeyrère mais le 21 décembre 1914, il est attaqué dans le canal d'Otrante par un sous-marin autrichien et atteint à l'avant par une torpille. Ses cloisons étanches le préservent d'une avarie essentielle lui permettant de se rendre à Malte pour réparation. Mis en chantier en 1910, il a été achevé en 1913 alors que les cuirassés du programme de 1906 avaient demandé e cinq à six ans pour leur construction...
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