lundi 12 janvier 2015

en visite chez les Capucines de Bourbourg

A noter dans vos tablettes, la chapelle des Capucines s'ouvre au public... Il suffit de sonner à la porte et attendre quelques instants pour pénétrer dans les lieux. Si le maître-autel et la clôture restent interdits au public, l'espace profane présente, outre un film sur la fondation du monastère et de ses filles (les autres monastères créés depuis Bourbourg et qui sont placées sous son autorité, de nombreux documents ont notamment les portraits des premières abbesses et nombre d'objets anciens liés à l'histoire des lieux... Un moment à passer agréable, donc,  dans une des institutions les plus vénérable de cette ville fameuse dans l'histoire des Flandres... Rendez-vous donc chez les Franciscaines de la ville...







vendredi 9 janvier 2015

#jesuischarlie : la plume plus forte que l'épée ?




La plume plus forte que l’épée ?

Ce vieil adage rappelle que si l’on assassine penseurs, artistes et autres intellectuels, leurs idées demeurent et se perpétuent. Il est bien difficile de tuer une idée… Elle germe, prend racines, se développe et grandit, parfois devient envahissante.



La France ces derniers jours semble redécouvrir les attentats et le terrorisme pourtant la vigilance ne semblait pas avoir tant baissé, il suffisait de se promener dans les gares des grandes villes ou dans leurs métros pour croiser des patrouilles mixtes policiers-soldats auxquels l’on s’était habitué mais qui, parfois, choquaient les visiteurs étrangers car depuis l’affaire Khaled Kelkal en 1995 et plus proche de nous, la cavalcade funèbre de Mohammed Merah, nous n’entendions plus parler que de menaces et d’attentats déjoués.
La presse semblait nous dire même que le danger s’était estompé, elle relatait les équipées de jeunes français convertis à un Islam radical et littéral partant s’engager dans les rangs des milices et autres « armées » djihadistes au Moyen-Orient… et de s’étonner, chose nouvelle, que de jeunes filles prenaient et prennent encore les mêmes routes…



Pourtant le terrorisme n’est pas un phénomène ancien, avant que d’être religieux, il était politique… Le mot d’ « assassin » ne vient-il pas du mot ḥašišiywn, de la secte musulmane des Nizarites, sous la direction du Vieux de la Montagne, où les « héros » étaient bourrés de haschich pour mener des assassinats ciblés en y laissant au besoin la vie, et cela, déjà actifs durant les croisades…
C’est oublier, pour ne pas alourdir le propos, le terrorisme anarchiste qui prônait « l’action par l’exemple » quand le tueur mourrait avec sa victime. La France connut au XIXe siècle et au début du XXe siècle nombre d’attentats, jusqu’à la Chambre des députés, lorsqu’Auguste Vaillant y jeta une bombe, ou même la mort du Président de la République Sadi Carnot, tombé sous les balles de Caserio… Et pour ceux qui ont plus de quarante ans, le traumatisme profond d’Action Directe qui assassina Georges Besse, l’attentat d’Orly et, entre autres ceux du Drugstore, du RER saint-Michel ou de la rue Copernic à Paris.


Mais là, les actions étaient le plus souvent aveugles : des bombes posées qui fauchaient des civils, des passants lambda… ou abattaient des responsables politiques ou économiques… Non le terrorisme n’est pas né dans les locaux de Charlie Hebdo ! Il est juste passé en arrière-plan des préoccupations quotidiennes, une fois l’émotion tombée… et cela est humain, dans la vie comme dans la presse, « un clou chasse l’autre » et il serait invivable de vivre dans une psychose perpétuelle.
Enfin, notre vision du terrorisme a aussi été faussée par le gigantisme de l’attaque du 11 septembre 2001, par l’ampleur de l’attaque comme des répercussions internationales… Evidemment, le foisonnement des médias et des réseaux sociaux a joué un rôle amplificateur. Nulle journée sans que l’on sache qu’une bombe a explosé ou qu’un massacre a été perpétré à l’autre bout du monde… Et l’autre bout du monde, c’est loin.
Quand lorsque durant la Guerre Froide nous attendions les colonnes de blindés russes aux portes de Paris, nous étions loin de penser aux guerres asymétriques avec des assaillants issus de notre propre communauté nationale…



#Je suis Charlie
Le choc des derniers jours tient aussi et surtout à la cible : un journal satirique que tout le monde ne lisait pas, loin de là, en difficulté financière (60.000 exemplaires tirés une fois par semaine) mais qui rassemblaient des plumes connues, familières qui avaient accompagné moult Français depuis leur enfance et parfois depuis longtemps : dignes successeurs du défunt Hara-Kiri, le « journal bête et méchant » qui avait osé titré à la mort du Général de Gaulle « bal tragique à Colombey : 1 mort » faisant se télescoper la mort de l’homme du 18 juin et fondateur de la Ve République et un incendie tragique dans une discothèque. Le germe de la subversion et de l’esprit potache étaient là.
  

Pourtant, il ne faut pas verser dans l’angélisme, les journalistes de Charlie Hebdo n’étaient que des hommes comme les autres, avec une vie et des soucis du quotidien, des bons vivants, des potaches, des étudiants attardés et pour beaucoup, des « amis lointains » avec qui on aurait sans problème aucun vidé des chopes… Leur tort : oser rire de tout et dénoncer les extrémismes, les travers de la société, les coups politiques mais en voulant en rire de peu d’en pleurer… Certes pas toujours des plus finement mais de façon parfois presque naïve, désarmante. Des coups médiatiques, ils en ont eu à leur actif au point d’enchaîner procès et lettres de menaces car si l’on peut rire de tout, tout le monde n’a pas nécessairement le sens de l’humour… Mais ils étaient souvent fins dans leurs analyses, satiriques et caricaturaux car parfois pour faire passer une idée, il faut grossir le trait, et que l’on peut dire – il est vrai – les choses les plus ardues, les plus sérieuses au travers d’une blague, au moyen d’un sourire, ou d’une vacherie…


Ils ne faisaient pas dans la dentelle les potaches, mais ils avaient le mérite de s’attaquer à tout le monde, aucun homme politique, aucune idée, aucune religion n’était épargnée, tous en prenaient largement pour leur grade… mais attention, ils n’étaient pas non plus des saints laïques… Ils avaient leurs idées et les proclamaient haut et fort, quitte à déranger le train-train quotidien dans une sorte d’irrespect fondateur mais qui visaient ils en fait, les humbles et les petits qui vivaient leur foi ou leur engagement politique dans la sérénité sans chercher à l’imposer ou les politiciens professionnels qui assenaient leur vérité comme Evangile et les prosélytes extrémistes de tout bord (ou de tout poil) qui ne cherchent qu’à imposer LEUR point de vue comme seul et unique à suivre pour saper notre façon de vivre-ensemble, même si notre monde est tout sauf parfait ! L’ennui majeur, c’est que l’attentat chez Charlie Hebdo tombe on ne peut plus mal au moment où les polémiques sur l’islamophobie d’un Houellebecq ou la thèse du grand remplacement de Soral, Zemmour et les quenelles de Dieudonné sont largement répercutées dans la presse au point de créer l’amalgame entre des musulmans souvent pacifistes qui cherchent à s’intégrer tout en gardant des coutumes apportées dans leurs valises et des Islamistes qui veulent imposer leur vision sociétale dans un pays qui a décidé en 1905 la séparation des Eglises et de l’Etat (et ce bien que le statut concordataire existe encore en Alsace-Moselle, territoire allemand encore à l’époque des faits)…
  

Certes, parfois leurs dessins étaient capables de me choquer ou de me gêner mais après tout, pas plus que les rodomontades de certains intellectuels qui ont accès aux plateaux de télé qui voudraient que nous soyons tous en danger, qu’il y a un complot mondial et que notre identité est menacée… en oubliant que l’Islam radical c’est un peu comme la Corse du FLNC : une minorité remuante et agissante face à une immense majorité anonyme qui souvent condamne.



Et la liberté de la presse comme de conscience ?

Ces principes sont inscrits dans nos textes législatifs fondateurs, la liberté existe mais elle est bornée par les lois. Se pose alors la question s’il ne faut pas temporairement des lois d’exception pour ces terroristes ? car ils vont à l’encontre de notre idée de Nation si bien définie par Fustel de Coulanges et Ernest Renan, que tente de mettre à bas l’idée nationale de la droite extrême. En France, la Nation résulte d’une volonté de vivre ensemble avec des valeurs et des règles communes, un savoir vivre, une tolérance et non pas, à l’instar des penseurs germaniques, fondé sur le droit su sang. Mais encore faut-il voir ici quelques faillites du système qui pousse des jeunes désœuvrés, endoctrinés car désespérés (et cela, on peut le retrouver quand d’autres se réfugient dans les produits stupéfiants ou les actes délictueux mineurs), des jeunes qui ne voient pas nécessairement quel avenir leur est réservé mais où la différence d’appréciation de leur situation est exacerbée par les tensions sociales et ethniques… ainsi que par les obédiences religieuses souvent rendues plus dangereuses quand elles sont entre les mains de prédicateurs fanatisés… Et les Flamands en savent bien la portée qu’ont ces derniers, notre terre a été des décennies abreuvées du sang des guerres de religion…



« Sans liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur »

Cette citation de Beaumarchais servit longtemps de frontispice au fameux et fabuleux Canard Enchaîné… Si pour l’heure, Anastasie, la censure ne frappe plus vraiment, la tentation de l’autocensure est maîtresse en les têtes, toutes les têtes, avec sa fidèle compagne qu’est le « politiquement correct »… Bientôt l’on n’ose plus blaguer sur les vieux, les malades, les femmes, les enfants, les religions… le champ d’action de la liberté se réduit de lui-même comme si tout autant de balles virtuelles avaient fusées depuis des années dans le champ de bataille des idées.
  

S’attaquer à un organe de presse pour tenter de le faire taire, voilà une drôle d’idée, on se souvient tous de la fatwa lancée sur Salma Rushdie à la parution des « versets sataniques » ou, de l’autre côté, de la bombe posée par des catholiques ultras dans un cinéma lors de la projection de « la dernière tentation du Christ » de Scorsese.  Plus insidieux encore, les interdictions de parution de livres ou d’œuvres d’art « susceptibles de choquer » les âmes pieuses.


Non, comme l’a dit un tweet à juste titre : « ils ont voulu tuer Charlie, ils l’ont rendu immortel » et le soutien international le démontre, ce journal franco-français est désormais connu dans le monde entier mais surtout, au travers de ce carnage, c’est notre liberté à tous de pouvoir exprimer nos idées qu’ils ont tenté de réduire à néant en voulant nous rendre peureux et craintifs, obligeant à peser chaque mot, chaque virgule, faisant oublier notre esprit voltairien, quand le vieux philosophe qui cultivait ses roses osait écrire : "Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu'à la mort pour que vous ayez le droit de le dire." Et pourtant, sa bête noire était bien l’Eglise omniprésente en son temps, puissance temporelle et spirituelle qui régissait tous les actes de la vie et où les déviationnistes protestants n’avaient que pour choix de mourir, se convertir ou partir après le désastreux édit de Fontainebleau en 1685…


« Mourir pour des idées, mais de mort lente » chantait Brassens, l’équipe de Charlie-Hebdo, pas plus que les policiers laissés sur le carreau dans l’exercice de leur fonctions, l’un deux même abattu à terre alors qu’il se rendait… Des idées et des idéaux, nous en avons tous, ils sont de frêles flammes qui ces dernières jours ont vacillé dans le vent et que des foules d’inconnus ont protégé de leur mieux. Avec parfois des petites péripéties : la foule entonnant à Paris la Marseillaise pour des libertaires comme ceux de Charlie mais dont le chœur spontané cherchait – à mon humble avis – montrer la cohésion nationale et l’union sacrée en dépit des âges, des situations, des religions, plus qu’une communauté, une cohésion et surtout le glas de Notre-Dame pour ceux qui avait tant « bouffé de la calotte ». Nul doute que cela leur aurait faire rire…
  

Et demain ?

Demain, il faudra penser les plaies et faire en sorte que l’esprit français du brocardage ne s’évanouisse pas comme rosée au soleil car, comme je l’ai dit plus haut, un clou chasse l’autre. Cet esprit gaulois, vachard, contestataire, paillard ne peut ni ne doit disparaitre…


Autre question qui se pose, comment empêcher l’amalgame entre les musulmans qui refusent cette violence et les exaltés ? Comment empêcher les « pogroms » et les « ratonnades » à la moindre barbe suspecte, à la moindre mosquée ayant pignon sur rue et surtout faire pour agir et parler d’une même voix contre tous les extrémistes qui veulent nous entraver et nous bâillonner au nom de leur foi… Les islamistes sont dangereux mais la radicalisation des uns ne peut-elle entrainer le durcissement des autres intégristes qu’ils soient juifs ou chrétiens, si audibles lors des « manifestations pour tous » voulant imposer à l’ensemble de la communauté leur vision sociétale.


Nous sommes dans un des rares pays laïques or après tout, la laïcité, c’est le droit de croire… ou de ne pas croire, ainsi que je le définissais à un ami belge qui  me posait la question…  On peut parler, mais on ne peut tuer… D’ailleurs, les trois religions du Livres, toutes issues d’Abraham ne sont-elles pas sensées suivre un des commandements : « tu ne tueras point » ?


Espérer que l’Islam radical finisse par s’affaiblir de lui-même comme le prosélytisme armé par une conversion des âmes et des cœurs, engagés qu’il est dans une guerre sainte, comme les chrétiens le furent au Moyen Âge avec les croisades il y a 900-700 ans… mais l’Islam n’a-t-il pas, sur notre calendrier plus de 600 ans de retard puisque commençant son comput à l’Hégire en 622 ? L’islam serait alors confronté aux maladies de jeunesse des religions et finira bien un jour par s’assagir comme le christianisme le fit… cela forcément demandera de la patience, aux « mécréants » comme ils disent comme pour les fidèles non endoctrinés… Et nous ne le verrons pas de notre vivant !
Enfin, et sur un plan immédiat, comment réagir sans tomber dans la psychose collective : faut-il promulguer des lois d’exception pour des crimes d’exception ou garder notre actuel arsenal juridique garant de notre démocratie, appliquer le traité de Genève pour ceux qui seront pris en se proclamant guerriers (fut-ce de Dieu) alors qu’ils n’appartiennent à aucune armée régulière constituée selon le droit international et les coutumes de la guerre ? Bref, faut-il se mettre à leur niveau de sauvagerie voire de barbarie pour qu’ils comprennent notre réaction ? Que faire enfin des jeunes Français partis faire le Jihad en Syrie ou au Yémen et qui reviennent sur le territoire national ? Voilà bien des questions graves qui se posent.
  

Je suis d’un pays où les guerres de religion ont laissé des milliers de gens gisants sur les champs de bataille, pendus à des gibets ou ligotés à des buchers… Nous savons ici le prix d’une guerre religieuse comme tout l’ensemble des Pays-Bas d’ailleurs. Il faudra du temps pour que soient jetées des passerelles comme le Jansénisme qui apaisèrent bien des choses…



En attendant, si Tyl Ulyenspiegel disait que « les cendres de Claes battent sur [son] cœur », pour nous, et quel que soit notre avis sur ce journal, c’est sur leurs cendres que battent les nôtres. Quand on commence à abattre les artistes, les amuseurs et les comiques, la dictature n’est pas loin. A nous de réagir, mais intelligemment, sans haine inutile qui pourrait faire tomber des innocents, car « seuls ceux qui ne bougent pas ne sentent pas les chaines » qu’on leur met…

mardi 6 janvier 2015

Au calme de la Noble Cour de Cassel

 Avouons-le, la visite du musée départemental de Cassel, dans l'Hôtel de la Noble Cour fut sans conteste intéressante... Des aménagements de belle facture, des oeuvres incontournables, une muséographie moderne mais quelques petites choses laissent sur sa faim.. D'abord l'interdiction de prendre des clichés même sans flash alors que tant de musées l'autorisent depuis longtemps frustre quelque peu le visiteur qui cherche plus qu'une déambulation puis surtout la disparition de ce qui fit longtemps le but de la visite dans le musée ancienne version : le bureau de Foch a été remplacé par des vitrines et par la maquette de la statue équestre qui se dresse près du moulin, la table de marbre du tribunal et le matériel militaire qui se trouvait auparavant dans l'actuelle entrée... Un peu dommage dans une ville qui fut le centre névralgique de la dernière mêlée des Flandres... Reste tout de même une rénovation de premier ordre du batiment, surtout de la cour qui n'a jamais été aussi belle - mais souvent méconnue - depuis de longues années





quelques pas autour de la Collégiale Notre-Dame de Cassel









reliques guerrières à Arneke

A un jet de pierre de l'église d'Arnèke, regardant vers le Mont Cassel, un des derniers ouvrages construits par les Français en prolongement (tardif) de la Ligne Maginot se dresse encore et se laisse petit à petit envahir par la nature... Difficile d'imaginer les conditions de vie des soldats qui l'occupèrent...









A l'intérieur, l'emplacement d'une mitrailleuse lourde ne laisse plus que le soin d'imaginer le dispositif


 Ouvert vers le ciel, l'ouverture béante de l'ancienne tourelle ou coupole d'observation ne laisse plus la vue que sur les arbres qui cernent le bloc.

vendredi 2 janvier 2015

mardi c'est déjà l'épiphanie...

Traditionnellement on tire les rois pour fêter l'épiphanie le 6 février... L'ancien maire de Dunkerque qui repose au cimetière de la commune ne devait pas échapper à cette tradition chrétienne mais il fait tout de même reconnaître que ses parents ne manquaient pas d'humour, comme ceux, plus proches de nous, de la famille de brasseurs coudekerquois, la famille Seize, dont l'un des fils ne put échapper au prénom Louis... Parfois l'on se demande si les parents n'en veulent pas un peu, quelque part, à leur progéniture...

jeudi 1 janvier 2015

juste une histoire de calendrier pour entamer l'année : l'importance de janvier


Aussi loin que l’on remonte dans l’histoire des peuples, on retrouve les savants calculs pour établir un système de référence qui permette de mesurer avec le plus de précisions possibles, la durée du jour solaire, celle de la lunaison, la durée de l’année tropique. Ce système c’est ce qu’on appelle un « calendrier ».

Ce n’est pas la même chose qu’un « agenda », qui lui, est de création plus récente. Son étymologie est dans le verbe « agir ». C’est, nous dit Littré, « le petit livret destiné à noter les choses que l’on doit faire.. »

Ce n’est pas un « almanach », mot plus ancien. L’almanach est un développement du calendrier. Il contient plus d’informations sur l’année, les fêtes, les traditions, mais il peut être aussi une sorte d’annuaire, comme l’était par exemple « l’almanach royal » publié chaque année sous l’Ancien Régime. C’est un recueil où l’on consigne des quantités d’éléments, qui peuvent aller des recettes de cuisine aux conseils pour jardiner, selon la lune ça va de soi ! et bien d’autres choses encore, comme le très célèbre almanach Vermot, toujours en vente. Le célèbre calendrier des PTT que les collectionneurs et les plus anciens connaissent bien, ce carton imprimé recto verso avec une photo et les douze mois a pris, avec les années, la configuration d’un vrai almanach, vu tout ce qu’il contient. Il s’appelle d’ailleurs désormais « l’almanach du facteur ».
Eusèbe de Césarée (IVe siècle ap JC) nous dit que l’étymologie d’almanach viendrait de l’Égypte, du copte, « al » « calcul » et « men » « mémoire ». D’autres écoles voudraient que l’origine du mot soit dans l’article « al » et le mot hébreu « manah » « compter ». Je n’irai pas plus loin dans l’explication pour ne pas allonger ce texte, d’autant que cette étymologie est plaisante.

Pourquoi pas « chronique » ? C’est encore autre chose… ! Littré, lui encore, nous dit que la chronique c’est ce qui se débite par de petites nouvelles courantes, qui peuvent avoir plusieurs sujets : chronique de l’histoire, chronique d’un lieu, ou du temps… L’étymologie de chronique étant dans le latin « chronica » ou du grec « chronos » : « qui appartient au temps ».

Le mot calendrier vient du latin, "calendae", premier jour du mois chez les Romains. Quant au système, il est articulé autour de trois phénomènes astronomiques : le jour solaire moyen, la lunaison et l’année tropique (Intervalle de temps séparant deux passages à l´équinoxe moyen ; l´année tropique vaut, actuellement, environ 365.2422 jours). Les principales difficultés sont liées au fait que la révolution de la terre autour du soleil a une forme elliptique et que la terre est ronde, tournant sur elle-même, sur un axe incliné. On a donc de la difficulté à prendre un seul et unique point de référence. De plus, on s’est aperçu bien vite que le cycle de la lune et du soleil n’avaient pas la même durée et c’est Méton, qui au siècle de Périclès, découvrit ( ou emprunta aux Babyloniens ?) le fait que 19 années solaires contiennent 235 lunaisons, et donc qu’à l’issue de ce cycle, les phases de la lune reviennent pratiquement aux même dates. C’est ce qu’on appelle « le cycle de Méton ». Cette découverte est d'une une importance capitale pour la compréhension des dictons et proverbes du temps. On sait l’influence de la lune, mais cette influence sera « tempérée » selon sa position dans le ciel.. D’où l’importance, comme le faisait Monsieur Jourdain de savoir le calendrier et de connaître quand il y a de la lune ou quand il n’y en a point !

Quand on regarde les différents calculs au cours des siècles on ne peut rester qu’en admiration face leurs précisions. Chez les Égyptiens, le calendrier établi au 5éme millénaire avant JC comprend 12 mois de 30 jours auxquels on ajoute 5 jours dits épagomènes pour arriver à un compte presque juste de 365 jours un quart, avec trois saisons, basées sur la crue du Nil, qui conditionne toute la vie du pays : « l’inondation », qui apporte le limon, la terre et l’engrais nécessaire aux plantations, « la végétation », et « la récolte ». Mais cette année était trop courte de un quart de jour, et entraînait une dérive par rapport au cycle du soleil ce qui avait pour effet le rendre l’année égyptienne « vague ». Le début de l’année se déplaçait de 15 jours en 60 ans environ. Les Égyptiens s’aperçurent du décalage de la crue du Nil, et relevèrent que cette crue coïncidait avec le lever héliaque de Sirius, (Lever héliaque = première apparition d’une étoile dans un ciel déjà clair, juste avant le lever du soleil) la si brillante étoile de la constellation du chien qui nous vaut l’origine du mot canicule, ce dont je vous ai parlé en juillet. Les astronomes proposèrent un aménagement lié à l’observation de cette étoile. Hélas le lever de Sirius retardait de 1 jour tous les 4 ans, de sorte que le calcul restait encore « vague », l’accord ne se trouvant rétabli qu’au bout de 1461 années « vagues » ! Tardivement, Ptolémée III tenta d’introduire un 6 ème jour « épagomène »… Mais on était déjà sous les conquêtes romaines et c’est leur loi qui allait bientôt s’imposer..

De leur côté les Grecs avaient plusieurs types de calendrier selon les grandes cités et leurs influences, calendrier athénien, dephique, thébain, corinthien. Le plus connu est le calendrier luni-solaire des Athéniens qui faisait alterner des mois pleins de 30 jours et des mois « caves » de 29 jours, soit un total de 354 jours auxquels on ajoutait un treizième mois … (mais pas pour des raisons de rémunération !)

Les premiers habitants de Rome, après la fondation de la ville par Romulus prirent comme référence le calendrier des gens du coin, c'est-à-dire ceux du pays d’Albe, qui ne comptait que 304 jours, répartis sur dix mois, désignés par leur numéro d’ordre, d’où l’origine du nom de nos mois de septembre, octobre, novembre et décembre (7ème, 8ème,9ème et 10ème mois). C’est le « calendrier albain »
A cette époque là, ni janvier ni février n’existaient et l’année commençait en mars, mois consacré à ce Dieu, père de Romulus et de Remus. Pour peupler Rome, Romulus organisa le rapt des Sabines. Après une réconciliation, il fut entendu que les rois seraient en alternance, romains ou sabins. C’est sous le règne du roi sabin, Numa Pompilus (-715 à – 642) que l’on tenta d’établir des règles pour le culte de dieux et qu’on mit en place un nouveau calendrier que l’on appelle souvent « calendrier pré-julien ». De fait il y eut plusieurs calendriers et ajustements mais je ne retiendrais que celui de Numa Pompilus.

Le décalage entre les saisons, c'est-à-dire les périodes d’influence du soleil, était tel qu’on essaya de rétablir une correspondance en ajoutant 50 jours. C’est l’origine de nos mois de janvier et février. On prit le nom du Dieu Janus, le « dieu des portes » ( de « janua », « porte » en latin ) le « dieu aux deux visages », l’un tourné vers le passé et l’autre vers le futur et le premier mois ajouté pour arrive à un compte plus juste fut donc janvier. Février tirerait lui son nom des fièvres et autres maladies engendrées à cette époque de l’année par les pluies et le froid, j’y reviendrait le mois prochain.

Cependant 304+50 cela donnait un chiffre pair et les chiffres pairs étaient considérés comme néfastes. Selon l’historien Macrobe, février se vit attribuer alors 28 jours, puis rapidement 29.

La réforme parut bien vite insuffisante. Il fallut rajouter un mensus intercalaris à la fin de février, pour arriver à un bon compte avant le début de l’année, qui restait toujours fixé au début de mars, en mémoire de Romulus et Remus.

Avec plus ou moins de bonheur on arrivait alors à une année moyenne de 365,25. Ce chiffre est à rapprocher par exemple de la durée de l’année sidérale, c'est-à-dire du temps que met le soleil pour revenir en face de la même étoile, qui est de 365 jours, 6 heures, 9 minutes et 9,5 secondes, ou encore de l’année tropique, c'est-à-dire de l’intervalle entre deux passages du soleil au point vernal qui est de 365 jours, 5 heures, 48 minutes et 45 secondes. Il est remarquable de voir que l’écart des calculs est faible alors qu’on ne disposait pas d’instrument de mesure du temps.

Cependant ce « mensis intercalaris » était décrété de façon très désordonnée. Il fallut attendre l’arrivée de Jules César et sa désignation comme « Grand Pontife », avant qu’il soit nommé « Imperator », pour que soit entreprise une nouvelle réforme. Jules César avait sans doute eu connaissance du calendrier égyptien bien plus précis, au cours de ses aventures en Égypte. Souvenez-nous de Cléopâtre. L’Égypte c’est Alexandrie où le Grand Conquérant Alexandre, fondateur légendaire de la cité, avait fait venir quantité de savants, dont Aristarque qui avait conçu une horloge solaire et avait osé avancer que la terre se déplaçait par rapport au soleil, Ératosthène qui mesura l’inclinaison de la terre, Hipparque qui découvrit la précision des équinoxes et calcula l’année solaire à 6 minutes près… ! et bien sûr Ptolémée.

Avec un peu d’imagination, on peut penser que lors d’une fête organisée par Cléopâtre, César rencontra un de ces savants qui avait pour nom Sosigène. C’est lui qu’il chargea, en 46 avant JC, d’établir un nouveau calendrier c’est celui dit : « Julien », encore en usage chez les orthodoxes, avec un décalage actuel de 13 jours. Légende pour légende, voilà une façon amusante de dire que vraiment, si le nez de Cléopâtre avait été plus long… notre calendrier ne serait pas ce qu’il est, ni même notre mois de février.

Il faut savoir que pour rétablir les concordances, l’année 46 avant JC eut une durée exceptionnelle de 445 jours. Elle fut appelée « Ultimus annus confusionis » la dernière année de la confusion.

Le calendrier julien supprimait les mensis intercalaris, décrétait un mois de février de 29 jours et une alternance de 30 et 31 jours pour les autres mois, un doublement du 24 février tous les quatre ans ( le bissextile), fixait les dates des saisons et faisait l’année au premier janvier. Mais les pontifes romains chargés de l’application du calendrier le firent avec une preuve de mauvaise volonté évidente, face au totalitarisme de César ou aussi, disent les mauvaises langues, pour préserver leurs intérêts, parce que l’échéance du mois déterminait les contrats et les créances dont ils tiraient au passage un bon bénéfice. De plus les romains ne connaissaient pas le zéro. Pendant 36 ans, on fit une erreur en appliquant le jour bissextile tous les trois ans. Il fallut attendre l’avènement du neveu de Jules César, Auguste, pour remettre un peu d’ordre. On supprima alors le jour bissextile pendant douze ans. Au passage ont pris un jour à février pour que le mois d’août, consacré à Auguste soit en durée, égal à juillet, consacré à l’oncle Jules. Voilà pourquoi février n’a que 28 jours… ! et 29 les années bissextiles. C’est aussi cela un vestige des différentes péripéties des calendriers. Ce n’est pas parce qu’on compte les mois sur les creux et les bosses formées pas le poing fermé à la naissance des doigts !

Mais voilà ! ce n’était pas fini…l Le calendrier julien présentait en effet un décalage de 11 minutes et 12 secondes de trop. Avec les années, ce décalage cumulé fit, qu’en 1582, il fallut à nouveau remettre de l’ordre, notamment parce que cela entraînait un trop grand décalage avec l’équinoxe de printemps qui détermine lui la date toujours fluctuante de Pâques. C’est le Concile de Trente qui chargea le pape Grégoire XIII de faire établir un nouveau calendrier. Ce furent les savants Clavius et Lilio qui firent le travail de mise à jour. La bulle papale « inter gravissimas » instituant le nouveau calendrier, notre actuel calendrier grégorien universellement reconnu, fut signée le 24 février 1582 pour être appliquée au mois d’octobre de la même année. On supprima alors dix jours, ce qui explique que certains dictons, comme ceux de la sainte Luce le 13 décembre, n’ont plus de vraie justification calendaire. Ce calendrier fixait les règles de détermination de l’équinoxe et celles de l’application du jour bissextile, règles qui ne sont pas aussi simples qu’on le dit souvent. Si les années bissextiles sont tous bien tous les quatre ans, il y a eu et il y aura des exceptions : (1700, 1800, 1900 n’ont pas été bissextiles et 2100, 2200, 2300 ne le seront pas !) La réforme « grégorienne » les a déjà déterminées. Le seul fait que soient prévues des exceptions démontre bien que les calculs sont encore à ajuster ! De 365,25 jours de l’année julienne on est à 365, 2425 jours dans l’année grégorienne, mais l’année tropique reste à 365,2422 jours. Il faudra prévoir encore des réajustements et des réformes. Il y a quelques années on a ainsi ajusté l’heure officielle dans la nuit du premier janvier. Comme la question de la fixation de la date de Pâques continue de se poser et que maintenant c’est en plus la question des jours fériés qui vient à la une de l’actualité, la question de la fixation du calendrier reste posée. Aucun calendrier, même le calendrier chinois, pourtant si précis, qui fixe le premier Jour de l’An au premier jour de la 2ème nouvelle lune après le solstice d’hiver, (entre le 21 janvier et le 20 février ), et qui comporte lui aussi des jours complémentaires de façon à ce que l’équinoxe de printemps tombe toujours dans le second mois de l’année, ne donne pas totale satisfaction.


Parmi les héritages de ces réformes et de ces différents calendriers il faut encore parler du nom des jours de la semaine. Les calendes, nones et ides furent remplacés par une institution hébraïque consistant en une série répétitive de 7 jours. Leur dénomination est liée à celle des cinq planètes alors connues et aux deux luminaires, le soleil et la lune. C’est l’origine du nom de nos jours de la semaine que je ne vous ferai pas l’affront de reprendre ici. Mis en application de façon assez tardive par les chrétiens, ce n’est qu’au Moyen Age que la semaine entra véritablement dans l’usage civil.

Quant au début de l’année fixé au 1er Janvier, nous avons vu que cela avait été décidé dès le II siècle. Mais la mauvaise application des dispositions dériva longtemps, au point que, constatant de telles disparités selon les provinces qu’il traversait au cours d’un grand voyage à travers le pays, Charles IX , par l’édit de Roussillon, en 1564, fixa le début de l’année au 1er Janvier. J’ai déjà parlé de cela à l’occasion du mois d’avril et rappelé que cette décision nous a laissé le « poisson d’avril ».

C’est dans ces occasions que l’on s’offrait des « étrennes » ou « cadeaux ». Le terme «étrenne» a une origine ancienne ; il vient du latin « strena » qui désigne un cadeau d’heureux présage. C’est un présent que l’on fait plutôt à l’occasion du premier Jour de l’An. C’est aussi la gratification que l’on donne en fin d’année aux domestiques et à certains employés. C’est pour cette raison que le mois de janvier est baptisé : « le mois des concierges ». Étrennes est surtout utilisé au pluriel. L’origine des étrennes remonterait à l’époque des Sabins. Encore un héritage de leur part ! Ils avaient coutume au seuil de la nouvelle année de couper des branches de verveine dans les bois de la déesse Strenia ; les pauvres en faisaient cadeau aux riches, les serviteurs et maîtres. Après le rapt des Sabines par les Romains, ceux-ci auraient adopté cet usage en le développant ; c’est ainsi qu’on aurait ajouté aux branches quelques produits peu coûteux tels que du miel, du gui, du laurier, des branches d’olivier. Alors les riches et les nantis romains, soucieux d’éblouir leur entourage, auraient somptueusement rendu ces cadeaux. Puis on offrit des amphores de vin, des paniers de dattes, de figues ou de légumes, des gâteaux et des fleurs. Pour « faire mieux et plus joli» on commença à envelopper les fruits d’une feuille d’or ou bien on échangea des médaillons sur lesquels était inscrit le traditionnel souhait : « Que l’année nouvelle soit heureuse pour toi ! » Ensuite vinrent les lampes symboliques en argile décorée. Un grand nombre de celles-ci ont été retrouvées dans des tombeaux.

Au cours des siècles ces cadeaux, échangés au moment des Saturnales et des Calendes de janvier, sont devenus de plus en plus importants ; c’est pourquoi l’Eglise avait menacé d’excommunication ceux qui offriraient des objets trop luxueux et trop chers pour leurs ressources personnelles. Pour éviter l’application de ces ordonnances rigoureuses, les Romains se seraient mis à offrir également des présents aux prélats, aux magistrats et même à l’empereur. Ainsi ceux qui entendaient abolir la pratique des étrennes en devenaient les premiers bénéficiaires. Institutionnalisées, les étrennes devinrent donc une taxe directe dont l’empereur et son administration retirèrent de gros bénéfices.
Le mot « cadeau » vient lui du latin populaire « capitellus » dérivé de « caput », « tête » ; il a désigné la lettre capitale jusqu’au XVIème siècle, puis des paroles superflues enjolivant un discours, puis un divertissement offert à une dame et enfin le présent. C’est à la fin du XVIIIème siècle que ce terme a pris le sens qu’il a aujourd’hui. Le mot « présent » correspond à celui de « cadeau » mais il ne s’emploie plus aujourd’hui que dans la langue littéraire ou poétique.

Au cœur de l’hiver et de l’obscurité, Noël, la fête la plus joyeuse et la plus brillante de l’année est célébrée avec faste et ferveur. Si chaque région possède ses rituels et ses décorations, on oublie souvent que Noël est un curieux mélange de traditions religieuses et païennes. La célébration de la naissance de Jésus est apparue en Occident au cours du IVème siècle et a été fixée le 25 décembre, jour du solstice du calendrier julien et elle est restée à cette date quand on a ajusté les calculs et fixé le solstice au 21 ou au 22 décembre. Cette fête s’est substituée aux fêtes romaines, celtes et nordiques célébrant, depuis la nuit des temps, le solstice d’hiver et le retour du Soleil. Afin d’imposer le cycle de leurs fêtes, les pères de l’Eglise ont ainsi christianisé les rites païens les plus populaires sous l’Antiquité et, en particulier, le culte voisin et rival de Mithra – dieu protecteur envoyé sur terre un 25 décembre pour annoncer la renaissance du Soleil – qui était alors implanté à Rome et en Gaule.

C’est encore dans les mêmes coutumes ou habitudes ancestrales qu’il faut trouver l’origine de la galette des Rois.
En tirant les Rois en cette fête de l’Epiphanie nous pensons aux Rois Mages, à la crèche et encore aux cadeaux… En Espagne c’est encore ce jour-là que l’on fait les cadeaux aux enfants. Mais la tradition de la galette des Rois est une coutume bien plus ancienne qui n’a dans ses origines rien à voir avec eux. C’est une tradition, elle aussi, qui se réfère à l’évolution du temps, à la longueur des jours, et au soleil qui brille chaque jour un peu plus et qui s’inscrit dans toutes les fêtes qui jalonnent ces jours autour du solstice d’hiver, où il n’est question que de fêter le triomphe de la lumière sur la nuit et les ténèbres.
Les Romains organisaient à cette période des saturnales. On y partageait déjà la fève et on désignait ainsi le roi de la fête. Au Moyen Age ce fut la fête des Fous, devenus la fête des Innocents, sujette à toute sorte de débordements. Très tôt les chrétiens ont fait de ce jour la fête chrétienne de l’Epiphanie ! La manifestation de la Lumière du Monde aux Nations, symbolisée par les Rois Mages. C’est une des interprétations.

Le gâteau partagé à cette occasion, appelé galette, était bien comme aujourd’hui dans les pays du Nord de la France, un gâteau plat et rond, symbolisant le soleil qui renaît, (on retrouvera ainsi le même symbolisme avec les crêpes de la Chandeleur) alors que le gâteau des Rois dans le midi est plutôt une couronne qui a plus l’aspect, avec un peu d’imagination, du turban dont sont quelquefois affublés nos Rois Mages venus d’Orient

Sous la Révolution, la fête des Rois, jugée « anticivique », fut rebaptisée « fête du bon voisinage » - lointaine ancêtre de nos fêtes de quartiers ou de villages, fêtes qui se développent de plus en plus et c’est une très bonne chose ! - ; on y dégustait non plus la fameuse « galette royale » mais la « galette des Sans-Culotte ».

Sous François 1er une amusante anecdote fut à l’origine,- dit-on ! - à cette occasion, de la belle barbe de ce Roi. Le souverain se trouvait à Romorantin pour y fêter les Rois. On lui signala qu’un autre roi venait d’être élu dans un hôtel voisin. « Même un jour d’Epiphanie, dit en riant François 1er, il ne peut y avoir qu’un seul roi à Romorantin ! ». Suivi de ses amis, il alla demander raison au roi de la fève. Comme il neigeait, on se battit à coup de boules de neige. Soudain, pour faire reculer les attaquants, un mauvais plaisant lança un tison enflammé qui atteignit le roi au menton et le blessa. Une autre version dit qu’il y avait une pierre dans la boule de neige ! Pour cacher sa cicatrice, François 1er laissa pousser sa barbe et toute la Cour devint barbue !
Que ce rappel d’origines et de coutumes fort anciennes ne gâche pas notre plaisir, et fêtons les Rois sans scrupules. Cela n’a plus rien de païen dans nos festivités et l’hommage au jour qui triomphe sur la nuit n’est-il pas aussi un hommage à la création et au Créateur!

Ce jour de l’Epiphanie marque souvent le début de l’hiver, ou au moins une forte reprise du temps froid. Pourtant il fait encore très doux cette année !
« Les hivers les plus froids, sont ceux qui prennent vers les Rois »
Une journée des Rois bien ensoleillée est peut-être un bon présage :
« Beaux jours aux Rois, blé jusqu’au toit. » ou encore : « Belle journée aux Rois, l’orge croît sur les toits. »